Les symptômes et le diagnostic de la carie dentaire

02 juin 2017
La carie dentaire commence par une atteinte superficielle non douloureuse de l'émail. Si elle n'est pas soignée, la carie évolue en profondeur et la dent devient sensible. Cependant, à chaque stade d'évolution, un traitement est possible.

Les symptômes selon les 4 stades d’évolution d’une carie

La prolifération bactérienne à la surface des dents peut entraîner le développement de caries. D'une simple atteinte de l'émail au début, la carie peut évoluer et atteindre toutes les structures de la dent. En l'absence de traitement, la carie progresse par phases, de manière irréversible, pouvant aller jusqu'à la perte de la dent.

La douleur causée par une carie peut être violente et difficile à localiser pour un enfant, une personne handicapée ou un sujet âgé. Les soins dentaires sont cependant urgents afin d’éviter les complications

Une carie évolue en 4 stades.

La carie se développe au contact de la plaque dentaire dans les sillons dentaires ou les zones les plus anfractueuses comme les espaces inter dentaires.

La carie débute à la surface de la dent au niveau de l'émail formant un tache crayeuse ou brune, selon la rapidité d'évolution, due à un phénomène de déminéralisation. La carie de l'émail passe généralement inaperçue car elle n'entraîne aucun symptôme.

À ce stade, elle peut être détectée par le chirurgien-dentiste, qui peut pratiquer des tests thermiques révélant une sensibilité anormale de la dent. D'où la nécessité de consulter régulièrement.

Carie débutante

Schéma : évolution de la carie, stade 1, carie débutante

Une fois la barrière de l'émail franchie, la est atteinte et se déminéralise.

La contenant des fibres nerveuses, la dent devient sensible au froid, au chaud ainsi qu'aux aliments sucrés et acides. Les douleurs sont inconstantes, d'intensité variable et localisées à la dent concernée. Une cavité, visible à l'œil nu se forme à l'intérieur de la couronne (partie visible de la dent). À ce stade, la vitalité de la pulpe est conservée. La dent met en place un processus réparateur de production de pour protéger la pulpe de l'agression.

Une consultation chez un chirurgien-dentiste est nécessaire ; ce dernier peut réaliser, avant d'entreprendre les soins, une radiographie de la dent pour évaluer l'étendue de la carie.

Carie de la

Schéma : évolution de la carie, stade 2, carie profonde

En l'absence de traitement d'une carie de la , le processus carieux progresse, plus ou moins rapidement selon l'âge, vers l'inflammation de la pulpe ou pulpite. La pulpe dentaire est un tissu très vascularisé et riche en nerfs enfermé dans un espace inextensible constitué de la cavité pulpaire (au centre de la couronne) et des canaux dentaires (situés dans les racines dentaires).

Son inflammation provoque une douleur forte, continue, subite et se propageant à la zone du visage correspondant à la dent.

À ce stade, la ne peut pas se régénérer et le tissu pulpaire évolue vers sa destruction.

Une consultation en urgence auprès d'un chirurgien-dentiste est nécessaire.

La rage de dent

Schéma : évolution de la carie, stade 3, rage de dent

L’infection progresse. Le tissu pulpaire se nécrose et l'infection peut aboutir à la formation d'un abcès dit périapical. Cet abcès se développe dans un espace fermé et ne peut donc pas s'évacuer naturellement.

Non traitée l'infection s'étend, provoque une inflammation des tissus du visage qui enfle (cellulite) ou diffuse à travers les tissus osseux provoquant par exemple une sinusite. Parfois, l’abcès évolue plus ou moins vite vers une fistulisation (formation d’un canal reliant l’abcès à la ou à la peau, avec écoulement de pus). Les bactéries peuvent également disséminer à distance par voie sanguine et lymphatique.

Dans certains cas, l'inflammation évolue à bas bruit vers la chronicité et engendre la formation d'une petite tumeur bénigne, le granulome apical, situé à la pointe de la racine de la dent. La dent est sensible à la percussion et seul une radiographie permet de mettre en évidence ce granulome.

Sans traitement, le granulome apical évolue vers la formation d'un kyste apical qui peut se développer au niveau des racines de plusieurs dents et entraîner des pertes osseuses importantes.

Granulomes et kystes sont des foyers infectieux latents et doivent être traités.

Formation d’un abcès

Schéma : évolution de la carie, stade 4, abcès

Les complications de la carie dentaire

Les caries sont responsables de douleurs retentissant sur la qualité de vie : troubles du sommeil, fatigue...

Des complications infectieuses locales (cellulite, fistulisation à la peau, sinusite...) peuvent survenir au stade d'abcès.

Chez les patients immunodéprimés ou atteints de pathologies chroniques (maladies cardiovasculaires, diabète, cancer, bronchopneumopathie obstructive ...) une dissémination des germes dans le sang à partir d'un abcès dentaire peut être responsable de complications infectieuses à distance (articulaire, cardiaque, pulmonaire...)

Une dent cariée non soignée se délabre totalement et son extraction devient alors nécessaire. La perte de dents est handicapante pour se nourrir, mais aussi sur le plan esthétique. Son remplacement nécessite alors la pose de prothèse dentaire ou d'implant.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Recommandation en santé publique - Stratégies de prévention de la carie dentaire. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 6 décembre 2016]
  • Collège hospitalo-universitaire français de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie. Lésions dentaires et gingivales. Site internet : Université virtuelle médicale francophone. Nantes (France) ; 2010-2011 [consulté le 6 décembre 2016]
  • Centre Hospitalier Régional Universitaire de Tours. Service de chirurgie du visage. Dents et urgences dentaires. Site internet : CHU de Tours. Tours (France) [consulté le 6 décembre 2016]
  • National Health Service. Dental Abscess. Site internet : NHS Choices. Londres ; 2016 [consulté le 6 décembre 2016]
  • De La Dure-Molla M, Naulin-Ifi C, Eid-Blanchot. Carie et ses complications chez l'enfant. EMC - Odontologie 2013;8(2):1-11 [Article 23-410-C-10]