Canicule : définition, effets sur l’organisme et personnes à risque

26 juillet 2018
Lorsqu'il fait très chaud pendant plusieurs jours, on parle de canicule. Dans ces circonstances, le corps déclenche des mécanismes d’adaptation comme la transpiration. Toutefois, certains individus demeurent plus fragiles face à ces épisodes de forte chaleur (personnes âgées et/ou dépendantes, nourrissons, etc.)

Qu’est-ce que la canicule ?

Une canicule est une période caractérisée par une très forte chaleur qui :

  • dure trois jours consécutifs au moins ;
  • reste constante jour et nuit (la température nocturne est identique à celle relevée pendant la journée, ou baisse très peu).

Ces conditions météorologiques peuvent être difficiles à supporter, en particulier :

  • au début de la période, car le corps n’est pas encore habitué aux températures élevées ;
  • quand la canicule s’accompagne d’humidité, d’une absence de vent et/ou d’une pollution atmosphérique.

Comment le corps réagit-il en cas de fortes chaleurs ?

L’organisme cherche à s’adapter à la canicule. Ainsi, dès que la température corporelle dépasse 37 °C, le corps met en action des mécanismes de régulation thermique :

  • le corps se met à transpirer et la respiration s’accélère (la chaleur est alors éliminée via l’eau et la vapeur d’eau rejetées) ;
  • les vaisseaux sanguins situés à la surface de la peau augmentent de diamètre (vasodilatation) pour refroidir le sang.

Ce processus vise à éviter l’apparition de problèmes de santé liés aux températures élevées. Afin qu’il puisse jouer pleinement son rôle :

  • l’organisme doit être régulièrement hydraté, pour permettre la production de sueur ;
  • l’air ambiant doit de préférence être brassé (par un ventilateur, par exemple), pour favoriser l’évaporation de la sueur présente sur la peau.
Fortes chaleurs en 2017

La France a connu 6 épisodes de chaleur au cours de l’année 2017 dont deux vagues de chaleur notables, du 17 au 24 juin et du 31 juillet au 7 août.

474 décès en excès ont été enregistrés sur l’ensemble des périodes de dépassement des seuils d’alerte, soit une augmentation de 5% de la mortalité par rapport à celle observée sur les mêmes périodes les années précédentes.

Quelles sont les personnes les plus fragiles face à la canicule ?

Certaines personnes supportent moins bien les fortes chaleurs.

Les femmes enceintes et les petits enfants

En cas de forte chaleur, une bonne hydratation est indispensable lors de la grossesse.

Jusqu’à l’âge de 4 ans, le corps des enfants contient proportionnellement plus d’eau que celui d’un adulte, et en perd davantage via la peau et l’air expiré.

En outre, chez les bébés, 25 % de l’eau de l’organisme est évacuée chaque jour, pour être renouvelée (contre 6 % chez l’adulte). Ces différents facteurs accentuent le risque de déshydratation.

Les personnes âgées de plus de 65 ans

Elles perçoivent moins bien la chaleur et leur sensation de soif est atténuée, même lorsqu’elles ont besoin de boire. Leur capacité à transpirer diminue également.

Les personnes ayant perdu leur autonomie

Elles doivent souvent rester dans leur lit ou leur fauteuil, et peuvent dépendre d’autrui pour les actes du quotidien. Aussi, elles adaptent plus difficilement leur comportement à la chaleur.

Les personnes présentant certaines maladies ou prenant certains médicaments

La chaleur peut être plus pénible à supporter ou accentuer certains symptômes en cas de :

  • pathologie chronique (ex. : maladie de Parkinson, maladie cardiovasculaire, suites d’un AVC, asthme;
  • obésité de l’adulte;
  • dénutrition (apports alimentaires insuffisants pour couvrir les besoins de l’organisme) ;
  • affection aiguë au moment de la vague de chaleur ;
  • troubles mentaux (démence, maladie d'Alzheimer) ou du comportement ;
  • difficultés d’orientation et/ou de compréhension, pouvant entraîner une méconnaissance des risques engendrés par la canicule.

Il existe également des traitements médicamenteux qui peuvent majorer les effets de la canicule, ou gêner l’adaptation du corps à la chaleur, par exemple :

  • l’aspirine (à partir de 500 mg par jour), qui perturbe parfois le fonctionnement des reins (organes assurant l’équilibre hydrique du corps, c’est-à-dire la régulation des entrées et sorties d’eau) ;
  • les , qui risquent d’accentuer une éventuelle déshydratation ;
  • les neuroleptiques (traitant certains troubles mentaux), qui modifient la régulation thermique de l’organisme dans certains cas ;
  • les antimigraineux (quelquefois, ils empêchent la vasodilatation ou réduisent la transpiration).

Les professionnels travaillant à l’extérieur (ex. : maçons, couvreurs)

Ces travailleurs peuvent être plus vulnérables aux fortes chaleurs. Ce risque touche aussi ceux qui exercent leur métier dans des espaces fermés où la température reste élevée.

Les personnes en situation de précarité

La canicule peut affecter davantage ceux qui vivent dans un logement mal adapté à la chaleur (ex. : appartement vétuste, sous les toits). Les sans-abris sont aussi concernés par ce risque, notamment s’ils ne peuvent accéder à aucun endroit frais ou climatisé.

Vous informer durant un épisode de canicule

Pour rester bien informé durant un épisode de fortes chaleurs, vous pouvez :

  • contacter la plate-forme téléphonique "Canicule info service" au 0 800 06 66 66, du lundi au dimanche de 9 à 19 heures (appel gratuit depuis un poste fixe) ;
  • suivre régulièrement le bulletin météorologique, par exemple par téléphone au 32 50 (2,99 € / appel + prix appel) ;
  • vous adresser à votre mairie, qui vous communiquera notamment les possibilités d’aide aux personnes dépendantes, et la liste des lieux publics climatisés de votre commune.
Sources
  • Ministère des solidarités et de la santé. Canicule et chaleurs extrêmes. Site internet : Ministère des solidarités et de la santé. Paris ; 2017 [consulté le 26 juillet 2018]
  • Santé publique France. Canicule et changement climatique : bilan des fortes chaleurs en 2017 et impacts sanitaires de la chaleur. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2018 [consulté le 26 juillet 2018]