Canicule : définition, effets sur l’organisme et personnes à risque

03 avril 2017
Lorsqu'il fait très chaud pendant plusieurs jours, on parle de canicule. Dans ces circonstances, le corps déclenche des mécanismes d’adaptation comme la transpiration. Toutefois, certains individus demeurent plus fragiles face à ces épisodes (personnes âgées et/ou dépendantes, nourrissons, etc.)

Qu’est-ce que la canicule ?

Une canicule est une période caractérisée par une très forte chaleur qui :

  • dure trois jours consécutifs au moins ;
  • reste constante jour et nuit (la température nocturne est identique à celle relevée pendant la journée, ou baisse très peu).

Ces conditions météorologiques peuvent être difficiles à supporter, en particulier :

  • au début de la période, car le corps n’est pas encore habitué aux températures élevées ;
  • quand la canicule s’accompagne d’humidité, d’une absence de vent et/ou d’une pollution atmosphérique.

Comment le corps réagit-il en cas de fortes chaleurs ?

L’organisme cherche à s’adapter à la canicule. Ainsi, dès que la température corporelle dépasse 37 °C, le corps met en action des mécanismes de régulation thermique :

  • le corps se met à transpirer et la respiration s’accélère (la chaleur est alors éliminée via l’eau et la vapeur d’eau rejetées) ;
  • les vaisseaux sanguins situés à la surface de la peau augmentent de diamètre (vasodilatation) pour refroidir le sang.

Ce processus vise à éviter l’apparition de pathologies liées aux températures élevées. Afin qu’il puisse jouer pleinement son rôle :

  • l’organisme doit être régulièrement hydraté, pour permettre la production de sueur ;
  • l’air ambiant doit de préférence être brassé (par un ventilateur, par exemple), pour favoriser l’évaporation de la sueur présente sur la peau.
Épisodes caniculaires de 2015

En 2015, la France a connu 3 épisodes caniculaires entre le 29 juin et le 9 août. Sur cette période, on a noté un excès de plus de 3 ;300 décès (+6,5 %) touchant majoritairement les personnes de plus de 75 ans. Cependant, cet excès de décès ne peut être imputé entièrement à la chaleur.

Source : InVS-Santé publique France

Quelles sont les personnes les plus fragiles face à la canicule ?

Certaines personnes supportent moins bien les fortes chaleurs.

Jusqu’à l’âge de 4 ans, leur corps contient proportionnellement plus d’eau que celui d’un adulte, et en perd davantage via la peau et l’air expiré. En outre, chez les bébés, 25 % de l’eau de l’organisme est évacuée chaque jour, pour être renouvelée (contre 6 % chez l’adulte). Ces différents facteurs accentuent le risque de déshydratation.

Une bonne hydratation est indispensable lors de la grossesse.

Elles perçoivent moins bien la chaleur et leur sensation de soif est atténuée, même lorsqu’elles ont besoin de boire. Leur capacité à transpirer diminue également.

Elles doivent souvent rester dans leur lit ou leur fauteuil, et peuvent dépendre d’autrui pour les actes du quotidien. Aussi, elles adaptent plus difficilement leur comportement à la chaleur.

La chaleur peut être plus pénible à supporter ou accentuer certains symptômes en cas de :

  • pathologie chronique (ex. : maladie de Parkinson, atteinte cardiovasculaire, suites d’un AVC, asthme;
  • obésité de l’adulte;
  • dénutrition (apports alimentaires insuffisants pour couvrir les besoins de l’organisme) ;
  • affection aiguë au moment de la vague de chaleur ;
  • troubles mentaux (démence, maladie d'Alzheimer) ou du comportement ;
  • difficultés d’orientation et/ou de compréhension, pouvant entraîner une méconnaissance des risques engendrés par la canicule.

Il existe des traitements médicamenteux qui peuvent majorer les effets de la canicule, ou gêner l’adaptation du corps à la chaleur, par exemple :

  • l’aspirine (à partir de 500 mg par jour), qui perturbe parfois le fonctionnement des reins (organes assurant l’équilibre hydrique du corps, c’est-à-dire la régulation des entrées et sorties d’eau) ;
  • les , qui risquent d’accentuer une éventuelle déshydratation ;
  • les neuroleptiques (traitant certains troubles mentaux), qui modifient la régulation thermique de l’organisme dans certains cas ;
  • les antimigraineux (quelquefois, ils empêchent la vasodilatation ou réduisent la transpiration).

Les professionnels travaillant à l’extérieur (ex. : maçons, couvreurs) peuvent être plus vulnérables aux fortes chaleurs. Ce risque touche aussi ceux qui exercent leur métier dans des espaces fermés où la température reste élevée.

La canicule peut affecter davantage ceux qui vivent dans un logement mal adapté à la chaleur (ex. : appartement vétuste sous les toits). Les sans-abris sont aussi concernés par ce risque, notamment s’ils ne peuvent accéder à aucun endroit frais ou climatisé.

Vous informer durant un épisode de canicule

Pour rester bien informé durant un épisode de fortes chaleurs, vous pouvez :

  • contacter la plate-forme téléphonique "Canicule info service" au 0 800 06 66 66, du lundi au dimanche de 9 à 19 heures (appel gratuit depuis un poste fixe ou mobile) ;
  • suivre régulièrement le bulletin météorologique, par exemple par téléphone au 32 50 (2,99 € / appel + prix appel) ;
  • vous adresser à votre mairie, qui vous communiquera notamment les possibilités d’aide aux personnes dépendantes, et la liste des lieux publics climatisés de votre commune.
Sources
  • Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Canicule et chaleurs extrêmes. Site internet : Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Paris ; 2016 [consulté le 5 juillet 2016]
  • Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Fortes chaleurs et canicule. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2015 [consulté le 5 juillet 2016]
  • Institut de Veille sanitaire (InVS). Bilan des épisodes de canicule survenus à l'été 2015. Bilan épidémiologique. Site internet : InVS. Saint-Maurice (France) ; 2015 [consulté le 5 juillet 2016]