La prévention, un rôle-clé dans l’apparition du cancer de la bouche et de la gorge

23 mars 2021
Le tabac et l’alcool sont à l’origine de la grande majorité des cancers des voies aérodigestives supérieures. L’exposition professionnelle au chrome ou poussières de bois peut parfois être en cause. Il est donc possible de réduire le risque de cancer en agissant sur ces facteurs déterminants.

Prévenir le cancer de la bouche et de la gorge en ne fumant pas

Pour éviter l’apparition ou l’aggravation du cancer des voies aérodigestives supérieures, il est nécessaire de ne pas fumer. Cela concerne tous les produits contenant du tabac (cigarettes, cigares, cigarillos, narguilé...)
Si vous fumez et si vous éprouvez des difficultés à vous arrêter, demandez conseil à votre médecin traitant. Il peut vous prescrire un traitement médical d’aide au .

D’autres maladies liées au tabac peuvent aussi être prévenues :

L'arrêt du tabac contribue, par ailleurs, à améliorer votre qualité de vie.

Prise en charge des substituts nicotiniques

L’Assurance Maladie peut vous faire bénéficier d’une prise en charge des substituts nicotiniques. Ce dispositif s’applique dans toutes les pharmacies, sur présentation d’une ordonnance.

Diminuer ou arrêter sa consommation d’alcool pour prévenir le cancer de la bouche et de la gorge

La consommation régulière d’alcool renforce l’effet du tabagisme et augmente de façon importante le risque de cancer de la bouche et de la gorge. L’alcool augmente également le risque de développer une cirrhose ou une dépendance (alcoolisme).

Il n’y a pas de consommation d’alcool sans risque, mais des consommations à risque plus ou moins élevé.

Il n’existe donc pas de seuil de consommation qui permettrait à coup sûr de limiter les risques pour la santé tout au long de la vie. Toutefois, un avis d’experts de Santé publique France et de l’Institut national du cancer a tenté de définir des risques acceptables et propose une valeur repère unique aussi bien pour les hommes que pour les femmes exprimée sous la forme d’un nombre de verres d'alcool standard.

Chez l'adulte, cette valeur repère est de 10 verres d'alcool standard par semaine, maximum, sans dépasser 2 verres standard par jour.

Ces mêmes experts recommandent d'avoir des jours dans la semaine sans consommation et, pour chaque occasion de consommation, de :

  • réduire la quantité totale d’alcool bue à chaque occasion,
  • boire lentement, en mangeant et en alternant avec de l’eau,
  • éviter les lieux et les activités à risque de consommation excessive d'alcool,
  • s'assurer d’être entouré de personnes de confiance et de pouvoir rentrer chez soi  en toute sécurité après avoir consommé de l'alcool.

Après 65 ans, l'organisme tolère moins bien l'alcool et les recommandations sont adaptées :

  • pour les consommateurs quotidiens, de ne pas dépasser un verre par jour et d’essayer d’avoir des jours dans la semaine sans consommation ;
  • pour les consommateurs occasionnels, de ne pas dépasser 2 verres par occasion, d’avoir au moins 2 jours sans consommation dans la semaine et de ne pas dépasser 7 verres par semaine.

Ces recommandations ont été élaborées à partir des avis et recommandations de la Société française de gériatrie et de gérontologie, de la Société française d’alcoologie, de Santé publique France et du National Institute on alcohol abuse and alcoholism aux États-Unis.

Consulter l'article "Consommation d'alcool : avec l'âge, des risques accrus pour la santé".

Il a été démontré que le risque de développer un cancer des voies aérodigestives supérieures diminue après 10 ans d'arrêt de la consommation d'alcool et qu'après 20 ans, il ne diffère plus significativement de celui des personnes qui n'ont jamais bu.

Le contrôle des expositions professionnelles pour réduire le risque de cancer des VADS

La prévention des cancers professionnels est une démarche indispensable. Les risques doivent être repérés, évalués puis réduits voire supprimés. Le personnel est informé des mesures adoptées. Parlez-en à votre médecin du travail, il vous informera.

La surveillance régulière de la bouche pour détecter des lésions précancéreuses

Il est important de faire surveiller, une fois par an, sa bouche pour détecter d'éventuelles lésions précancéreuses, car elles ne sont pas faciles à repérer par soi-même et ne sont pas forcément douloureuses.

Votre chirurgien-dentiste et votre médecin traitant peuvent jouer un rôle déterminant dans cette détection et vous orienter vers un spécialiste, si besoin.

Une vigilance accrue est conseillée pour les fumeurs et les consommateurs réguliers d'alcool.

  • Institut national du cancer (INCa). Le dépistage des cancers de la bouche. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2021 [consulté le 22 mars 2021]
  • Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Cancers professionnels. Site internet : INRS. Paris ; 2015 [consulté le 22 mars 2021]
  • Institut national du cancer. Les cancers des voies aérodigestives supérieures. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2019 [consulté le 22 mars 2021]
  • Institut national du cancer (INCa). Réduire les risques de cancer. Alcool et tabac. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2021 [consulté le 22 mars 2021]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide ALD Cancer des voies aérodigestives supérieures. Site internet : HAS. La Plaine-Saint Denis (France) ; 2009 [consulté le 22 mars 2021]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer des voies aérodigestives supérieures. Actes et prestations. Site internet : HAS. La Plaine-Saint Denis (France) ; 2012 [consulté le 22 mars 2021]
  • Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Tableau des maladies professionnelles. Site internet : INRS. Paris ; 2021 [consulté le 22 mars 2021]