Le traitement du cancer de la vessie

13 avril 2018
Le patient atteint d’un cancer de la vessie est pris en charge par une équipe pluridisciplinaire. Dans certains cas, le traitement consiste à retirer les tissus atteints lors d'une cystoscopie et à injecter dans la vessie des produits pour détruire les cellules anormales. L'ablation de la vessie et la chimiothérapie peuvent être nécessaires.

La prise en charge du cancer de la vessie

Le patient atteint d’un cancer de la vessie est soigné dans un service spécialisé en urologie ou en cancérologie, au sein d’une structure habilitée. Le médecin traitant collabore avec une . Celle-ci comprend :

  • un chirurgien ;
  • un oncologue ;
  • un radiothérapeute ;
  • un psychologue ;
  • des infirmiers ;
  • une assistante sociale ;
  • un tabacologue (spécialiste de l’arrêt du tabac).

Les médecins proposent le traitement le mieux adapté à chaque situation au cours d’une consultation spécifique. Ils donnent au patient toutes les explications nécessaires sur les soins envisagés. Le choix définitif d’un traitement tient compte de l'avis du patient et nécessite son accord.

Une fois le traitement mis en œuvre, les professionnels de santé restent à l'écoute du patient pour l'accompagner.

Consultez la Carte interactive des établissements traitant les cancers sur le site de l’Institut National du Cancer (INCa).

Comment se fait le choix d’un traitement ?

Il existe de multiples types de cancers, et pour chacun d’entre eux, le traitement est personnalisé. Pour chaque patient, de nombreux critères orientent le choix du traitement :

  • des facteurs médicaux (nature du cancer, organe atteint, stade d'évolution, éléments biologiques, etc.) ;
  • des facteurs individuels (âge du malade, état général et psychologique, statut socioprofessionnel, etc.)

Ainsi, le traitement recommandé dans votre cas n'est pas forcément le même que celui conseillé à une autre personne atteinte également d’un cancer de la vessie.

Les traitements du cancer de la vessie avec conservation de la vessie

Si le cancer n’a pas progressé trop profondément dans la paroi de la vessie et n'a pas infiltré le muscle vésical, l'équipe médicale peut décider de conserver la vessie.

Deux traitements, parfois associés, sont alors proposés.

Cette intervention est réalisée dans tous les cas, pour diagnostiquer le cancer de la vessie.

Parfois, elle représente aussi l’essentiel du traitement, en particulier si le cancer est peu évolué : le chirurgien enlève simplement les tissus cancéreux.

Une seconde destinée à compléter la première peut être nécessaire dans certains cas, dans un délai de quelques semaines.

Elles consistent à injecter dans la vessie un liquide contenant de la mitomycine C ou du BCG (bacille de Calmette et Guérin), deux substances toxiques pour les cellules cancéreuses.

Pour cela, on utilise une sonde urinaire qui reste en place seulement pendant l’injection du produit.

Les instillations vésicales complètent souvent la de la vessie, afin de réduire le risque de récidive. Elles sont réalisées après la de la vessie, puis répétées pendant plusieurs semaines. Ces injections ne nécessitent ni anesthésie, ni hospitalisation.

Elles peuvent être responsables d'effets secondaires, variables selon le produit utilisé : cystite, réaction allergique de la peau, envie fréquente d'uriner, difficulté à uriner....

L'ablation de la vessie en cas de cancer de la vessie : la cystectomie

Lorsque la tumeur a davantage infiltré la paroi, et en particulier le muscle vésical, une ablation complète de la vessie (ou "cystectomie totale") est préconisée. Cette intervention consiste à retirer entièrement la vessie et les ganglions lymphatiques voisins. Elle est complétée par l’ablation d’autres organes :

  • chez la femme, on enlève aussi l’utérus, les trompes, les et la paroi antérieure du vagin ;
  • chez l’homme, on ôte également la prostate et les .

Selon les cas, l’urètre est aussi retiré, ou laissé en place.

Une chimiothérapie vient compléter l’intervention chirurgicale (en particulier si le cancer a touché les ganglions lymphatiques proches de la vessie). Elle est le plus souvent réalisée avant l'intervention chirurgicale, parfois après. La chimiothérapie utilisée pour traiter les cancers de la vessie repose le plus souvent sur plusieurs médicaments, administrés en plusieurs cures.

L’association d’une chimiothérapie et d’une radiothérapie peut aussi remplacer la chirurgie totale de la vessie.

Dans de rares cas, l'ablation de la vessie n'est que partielle : c'est la cystectomie partielle.

Quelles sont les conséquences de l’ablation de la vessie ?

Après avoir enlevé la vessie, le chirurgien crée un nouveau moyen d’évacuation des urines. Celles-ci peuvent être dérivées :

  • dans une poche accolée à la peau, grâce à une petite ouverture de la paroi abdominale appelée stomie (le plus souvent un segment de tube digestif est interposé entre les uretères et la peau) ;
  • vers une nouvelle vessie (ou "néovessie") fabriquée par le chirurgien à partir d’un segment d’intestin, et qui jouera le même rôle que l’ancienne. Cette technique est applicable si l' a été laissé en place.

L’équipe médicale propose à chaque patient la méthode la plus appropriée à sa situation.

Sources
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Cancer de la vessie – Guide maladie chronique (ALD n° 30). Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 24 janvier 2018]
  • Institut national du cancer. Cancer de vessie. Site internet : Inca. Boulogne-Billancourt (France) ; 2018 [consulté le 24 janvier 2018]
  • Larré S, Leon P, El Bakri A. Cancer de la vessie : diagnostic et principes de traitement. EMC - Urologie 2016;9(3):1-17 [Article 18-243-A-10]
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Cancer de la vessie – liste des actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 25 janvier 2018]