Le suivi médical et la vie quotidienne après un cancer de la vessie

03 mai 2017
Après un cancer de la vessie, un suivi médical est indispensable. Au quotidien, vous pouvez ressentir des douleurs, souffrir de troubles urinaires ou rencontrer des difficultés dans votre sexualité. Prenez de nouvelles habitudes adaptées à votre état de santé.

Le suivi médical après un cancer de la vessie

Après votre traitement, un suivi médical régulier est mis en place. Les consultations et les examens fixés servent à :

  • identifier les possibles effets indésirables des traitements ou les complications liées à la chirurgie ;
  • évaluer l’efficacité du traitement, et s’assurer que vous bénéficiez d’une prise en charge optimale ;
  • vous apprendre à "gérer" votre maladie au quotidien ;
  • confirmer votre guérison ;
  • détecter une éventuelle récidive (apparition d’un nouveau cancer) ou rechute (réapparition du même cancer).

Ce suivi se poursuit pendant une période minimale de 5 ans. Le rythme des consultations dépend des caractéristiques de votre cancer et des types de traitements reçus. Les consultations sont complétées, selon les cas, par des examens :

  • cystoscopie ;
  • analyse d’urine ;
  • scanner de l’appareil urinaire.

Par ailleurs, si vous fumez encore après votre traitement, l’équipe médicale peut vous accompagner dans l'arrêt du tabac. N’hésitez pas à solliciter les professionnels pour qu’ils évaluent votre niveau de dépendance à la nicotine.

Voici quelques conseils pour contribuer vous-même au bon déroulement de votre suivi :

  • effectuez bien les visites de contrôle indispensables pour la surveillance du traitement ;
  • ne prenez aucun nouveau médicament et n’arrêtez jamais d’en prendre un sans en parler à votre médecin traitant ;
  • discutez avec votre médecin des effets indésirables des traitements et cherchez avec lui comment les atténuer ou les prévenir ;
  • consultez devant tout symptôme qui vous paraîtrait anormal (sang dans les urines, fièvre) ;
  • de manière générale, posez toutes les questions que vous souhaitez pendant les consultations, et pensez à noter vos nouvelles questions entre deux rendez-vous.

La vie au quotidien après un cancer de la vessie

Après un cancer de la vessie, il est souvent nécessaire de mettre en place de nouvelles habitudes de vie.

En cas d’instillations dans la vessie, vous pouvez avoir besoin d’uriner souvent (pollakiurie), présenter du sang dans vos urines ( ), souffrir de brûlures en urinant ou de fuites urinaires.

Si le chirurgien a créé une néo-vessie :

  • une incontinence urinaire est également possible (quoique moins fréquente), surtout pendant la nuit ;
  • vous pouvez rencontrer des difficultés à évacuer vos urines, parce que votre nouvelle vessie ne se contracte pas. Il faut alors effectuer des pressions sur votre .

Si vous souffrez de tels troubles, parlez-en aux professionnels de santé qui vous soignent : ils vous prodigueront des conseils adaptés. En cas de besoin, ils vous prescriront aussi des séances de rééducation des muscles du . Ces exercices, réalisés avec un kinésithérapeute, contribueront à améliorer votre urinaire.

Si vous avez subi une stomie et que l’on doit vous poser une poche urinaire :

  • échangez avec l’équipe soignante pour sélectionner l’appareillage répondant le mieux à vos besoins ;
  • assurez-vous que vous comprenez bien le fonctionnement de l’appareil choisi (si vous avez des questions, interrogez l’équipe médicale).

Quel que soit l’appareillage mis en place, il comprend plusieurs pièces principales :

  • la poche proprement dite, reliée à votre stomie ;
  • une plaque autocollante à changer régulièrement, qui fait adhérer l’appareil à votre peau ;
  • un sac collecteur rattaché à la poche et fixé à l’une de vos jambes, pour plus d’autonomie (l’autonomie d’une poche ne dépassant pas deux à trois heures).
Votre poche urinaire n’empêche pas les activités au contact de l’eau

Si vous portez une poche, vous pouvez néanmoins vous laver à l’eau et au savon, prendre un bain et aller à la plage.

Par ailleurs, si votre peau est irritée suite au port de l’appareil, vous pouvez la tamponner avec de l’éosine aqueuse (désinfectant de couleur rouge).

Il est normal que vous rencontriez des problèmes dans votre sexualité après un traitement pour un cancer de la vessie. Deux facteurs peuvent engendrer ces difficultés.

Une altération de l’image du corps

Si vous portez une poche urinaire, vous pouvez avoir une mauvaise image de votre propre corps. Vous ressentez peut-être aussi de la honte à l’idée que votre partenaire sexuel puisse voir l’appareil, ou une peur des incidents possibles (odeur, fuites, etc.). Cette souffrance psychologique cause parfois un manque de désir. Parlez-en à l’équipe médicale pour rechercher des solutions (port d’une mini-poche, moyens de cacher l’appareil, positions sexuelles les plus adaptées dans votre situation, etc.)

Des troubles sexuels chez l’homme

L’ablation de la vessie et de la prostate endommage quelquefois des nerfs et des vaisseaux, entraînant des troubles de l’érection. Ces difficultés sont parfois transitoires, et la fonction sexuelle peut être rétablie au bout de quelques mois. Si tel n’est pas le cas, des traitements existent (médicaments facilitateurs de l’érection, injections intra-caverneuses, etc.) Parlez-en à votre médecin traitant.

Être accompagné et parler de votre maladie

Si vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas à échanger avec les professionnels de santé et avec vos proches. Exprimez vos peurs, votre ressenti, et sollicitez au besoin l’aide d’un psychothérapeute.

Enfin, au quotidien, des associations de patients peuvent vous écouter. Elles favorisent aussi le partage d’expérience entre personnes atteintes d’un cancer.

Vous pouvez par exemple consulter les organismes suivants :

© Pulsations Multimedia « Allô Docteurs »

Sources
  • Association de Recherche sur les Cancers notamment gynécologiques (ARCAGY). Cancer de la vessie. Site internet : ARCAGY. Paris;2014 [consulté le 2 juin 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer de la vessie – Guide maladie chronique (ALD n° 30). Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France);2010 [consulté le 2 juin 2015]
  • Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Cancer de la vessie d’origine professionnelle. Site internet : INRS. Paris;2009 [consulté le 2 juin 2015]