Le traitement du cancer de la thyroïde

Le traitement du cancer de la thyroïde est mis en place par une équipe médicale pluridisciplinaire. Selon le type de cancer thyroïdien et l’état médical du patient, divers traitements sont possibles : intervention chirurgicale, radiothérapie ou chimiothérapie.

La prise en charge du cancer de la thyroïde

Le traitement du cancer de la thyroïde est réalisé dans un service spécialisé en endocrinologie ou en cancérologie, au sein d’une structure habilitée à soigner la maladie. Consultez la page Carte interactive de l'offre de soins en cancérologie sur le site e-cancer.fr.

L'équipe de soins

Votre prise en charge est faite par une équipe pluridisciplinaire qui peut comprendre :

  • des médecins spécialistes : cancérologue (ou ), endocrinologue (spécialiste des hormones et des glandes qui les produisent), chirurgien, oto-rhino-laryngologiste (ORL), médecin de médecine nucléaire (spécialiste des traitements par substances radioactives), (spécialiste du traitement par les rayons) ;
  • un psychologue ;
  • une assistante sociale ;
  • un orthophoniste.

Cette équipe travaille en lien constant avec votre médecin traitant et vous accompagne dans le traitement de votre cancer de la thyroïde.

Comment se fait le choix de votre traitement anti-cancéreux ?

Le choix du traitement est orienté par de nombreux critères :

  • d’une part, vos données médicales (type de cancer, stade d’évolution, résultat des analyses anatomopathologiques) ;
  • d’autre part, vos facteurs individuels (votre âge, votre état général y compris sur le plan psychologique, etc.)

Lorsque l'équipe pluridisciplinaire a établi votre programme de soins, celui-ci vous est expliqué au cours d'une consultation. C’est l’occasion pour vous de discuter avec le médecin de ce programme, de poser vos questions et de donner votre avis sur la proposition qui vous est faite.

Vidéo : Pourquoi traiter le cancer de la thyroïde par la chirurgie et l'iode radioactif ?

© Pulsations Multimedia « Allô Docteurs »

L’intervention chirurgicale : la thyroïdectomie

En cas de cancer de la thyroïde, le premier traitement est une intervention chirurgicale.

Le chirurgien enlève toute la glande réalisant une thyroïdectomie totale, et, si nécessaire, certains ganglions lymphatiques du cou (c'est le curage ganglionnaire).

Dans certaines formes de cancer très localisé, le chirurgien n'enlève qu'un seul lobe de la thyroïde réalisant une lobectomie (thyroïdectomie partielle).

Les tissus prélevés lors de l'intervention chirurgicale sont ensuite analysés pour confirmer la présence d’une et préciser sa taille et son type.

Prado, le service de retour à domicile

En cas d’hospitalisation pour chirurgie, l'Assurance Maladie peut vous accompagner pour préparer au mieux votre retour à domicile. Avec Prado, un conseiller de l’Assurance Maladie vous rend visite pendant votre hospitalisation pour planifier les premiers rendez-vous, dont vous aurez besoin après votre sortie, auprès des professionnels de santé de ville.

Ce conseiller peut également faciliter vos démarches administratives.

Les suites opératoires

Les suites opératoires sont le plus souvent sans complications. Cependant, certains symptômes surviennent parfois :

  • une fatigue transitoire ;
  • une infection de la plaie ou un hématome au niveau du cou dans les jours suivant l'intervention ;
  • un enraidissement douloureux et une gêne à la mobilité du cou ;
  • une dysphagie ou gêne en avalant, le plus souvent temporaire. Cette difficulté à avaler peut être responsable de fausses routes ;
  • une dysphonie ou enrouement (voix cassée, rauque ou éteinte). Ce trouble résulte d'une atteinte des cordes vocales ou du nerf récurrent (permettant notamment aux cordes vocales de bouger) pendant l’intervention. Si les problèmes vocaux persistent, une rééducation orthophonique est parfois nécessaire ;
  • un écoulement de lymphe qui peut former une poche de liquide au niveau du cou, qu’on appelle lymphocèle ;
  • des fourmillements au niveau des mains, des pieds ou de la bouche, et parfois par des crampes dus à une chute du taux de calcium dans le sang, conséquence d'une atteinte des glandes parathyroïdiennes situées à proximité de la thyroïde. Ce trouble est souvent temporaire mais peut devenir chronique.

Chirurgie et arrêt du tabac

Vous allez être opéré de la thyroïde et vous fumez.  L’arrêt du tabac quelques semaines avant une intervention (voire définitivement) est important pour réduire les risques de complications (phlébite et embolie pulmonaire, infection de la zone opérée et retard de cicatrisation).

Des solutions existent pour vous aider.
Consulter l'article Arrêter de fumer

Cancer de la thyroïde : le traitement par iode radioactif ou irathérapie

Pour certains cancers de la thyroïde, l'ablation totale de la glande thyroïde est complétée par un traitement à l'iode radioactif appelé irathérapie. Ce traitement ne peut pas être administré en cas d'ablation partielle ou lobectomie thyroïdienne.

Irathérapie et contre-indications

Le traitement à l’iode radioactif est contre-indiqué en cas d’allaitement ou de grossesse. Pour les femmes en âge d’avoir des enfants, un test de grossesse est réalisé avant tout traitement. Une contraception est nécessaire. Elle doit débuter avant le traitement et être prolongée durant 12 mois après la fin du traitement.

Comment se passe une irathérapie ?

Pour favoriser la captation de l’iode radioactif lors du traitement, le médecin provoque, au préalable, une stimulation des cellules thyroïdiennes, en augmentant le taux de TSH, hormone qui agit sur les cellules thyroïdiennes. Pour cela, il prescrit soit un arrêt du traitement hormonal de synthèse par hormones thyroïdiennes pendant plusieurs semaines, soit deux injections intramusculaires de TSH un peu avant l'irathérapie.

L'irathérapie consiste en la prise par voie orale d’iode radioactif (iode 131). Les cellules thyroïdiennes, qui pourraient subsister après l’intervention, qu’elles soient cancéreuses ou non captent cet iode en circulation. Les rayons émis par l'iode radioactif endommagent les cellules thyroïdiennes qui finissent, au bout de plusieurs semaines ou mois, par être détruites.

Prescrite par des médecins spécialistes, l'irathérapie se déroule à l’hôpital, dans le service de médecine nucléaire (service utilisant des produits radioactifs et respectant des règles de sécurité strictes pour éviter que les personnels de l’établissement et les autres patients ne soient exposés à la radioactivité).

Le patient est hospitalisé en chambre radioprotégée peu de temps (1 à 5 jours). Le traitement à l’iode radioactif est pris dès le premier jour sous forme d'une gélule à avaler. Durant l'hospitalisation, il est important de boire beaucoup de liquides afin d’évacuer l'iode radioactif présent dans les voies urinaires (et l'intestin).

Avant la sortie d'hôpital, une scintigraphie est réalisée. Elle permet de visualiser les parties du corps sur lesquelles l'iode 131 s'est fixé. Cette technique aide à détecter et à évaluer une éventuelle propagation de la maladie.

Radioprotection

Une fiche de consignes de radioprotection est remise au patient avant sa sortie.

Pour sa sécurité et celle de son entourage, le patient traité doit respecter des règles de radioprotection (protection face à la radioactivité) :

  • éviter les contacts prolongés avec les femmes enceintes et les enfants de moins de 15 ans, pendant les quelques jours qui suivent la séance ;
  • réaliser une toilette très rigoureuse, car des substances radioactives peuvent se retrouver dans ses urines, ses selles, sa sueur ou sa salive.

Effets indésirables de l'irathérapie

Dans un délai court :

  • des nausées après la prise de l'iode radioactif ;
  • une inflammation des glandes salivaires avec douleurs au niveau de la bouche ;
  • une modification du goût.

Plus tardivement 

Après le traitement du cancer de la thyroïde, le traitement hormonal

Après la chirurgie ou après le traitement à l'iode radioactif, un traitement hormonal est mis en place pour compenser l'absence de sécrétion d'hormones thyroïdiennes naturelles. Ce traitement consiste à prendre des hormones thyroïdiennes de synthèse sous forme d'un médicament, la lévothyroxine. Il doit être pris à vie.

Le traitement hormonal peut être prescrit selon deux modalités :

  • soit à dose normale. Il remplace l'action de la thyroïde et vise à maintenir une TSH à un taux normal. On parle d'hormonothérapie substitutive ;
  • soit à dose élevée. Il remplace l'action de la thyroïde et, en plus, vise à limiter le développement des éventuelles cellules cancéreuses restantes en gardant la TSH à un taux bas. On parle alors d'hormonothérapie frénatrice.

Le choix du traitement est fixé en réunion de concertation pluridisciplinaire.

Régulation de la glande thyroïde

Schéma représentant le système de régulation de la production hormonale de la thyroïde par l’hypophyse (cf. description détaillée ci-après)

La thyroïde est une glande, située dans la gorge, qui fabrique deux types d’hormones, la T3 et la T4 qui agissent sur l’organisme. L’ est une glande située dans la partie inférieure du cerveau et qui produit l’hormone TSH.

Lorsque le taux de T3 et de T4 est élevé, l’ est mise au repos et baisse sa production de TSH pour réguler la thyroïde.

Lorsque le taux de T3 et de T4 est bas, l’ augmente sa production de TSH pour stimuler la thyroïde.

Le traitement des cancers rares de la thyroïde

Les cancers médullaires de la thyroïde sont traités par chirurgie (thyroïdectomie totale) et par hormonothérapie. Parfois, une radiothérapie du cou et un traitement par médicament de thérapie ciblée sont proposés.

La chimiothérapie peut être indiquée en cas de cancer anaplasique de la thyroïde en association éventuelle avec une radiothérapie du cou. La chirurgie est parfois possible dans un second temps.

  • Buffet C, Tissier F, Ménégaux F, Tresallet C, Ghander C, Lepoutre C et all. Cancers de la thyroïde. EMC Elsevier Masson. Endocrinologie - Nutrition, 2016-10-01;27(4):1-27
  • Institut national du cancer. Le cancer de la thyroïde. Site internet : Inca. Boulogne - Billancourt (France) ; 2022 [consulté le 25 novembre 2022]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer de la thyroïde. Actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 25 novembre 2022]
  • Société française d'endocrinologie. Cancers thyroïdiens. Site internet : SFE. Paris ; 2020 [consulté le 25 novembre 2022]
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