Le traitement du cancer de la thyroïde

25 avril 2017
Le traitement du cancer de la thyroïde est mis en place par une équipe de spécialistes. Selon la forme prise par la maladie et l’état médical du patient, divers soins sont possibles : intervention chirurgicale, radiothérapie ou chimiothérapie.

La prise en charge du cancer de la thyroïde

Le traitement du cancer de la thyroïde est réalisé dans un service spécialisé en endocrinologie ou en cancérologie, au sein d’une structure habilitée à soigner la maladie.

La prise en charge est faite par une qui peut comprendre :

  • un cancérologue (ou " ") ;
  • un endocrinologue (spécialiste des hormones et des glandes qui les produisent) ;
  • un (spécialiste du traitement par les rayons) ;
  • un médecin de médecine nucléaire (spécialiste des traitements par substances radioactives) ;
  • un psychologue ;
  • une assistante sociale ;
  • un oto-rhino-laryngologiste (ORL) ;
  • un orthophoniste.

Cette équipe travaille en lien constant avec votre médecin traitant. Lorsque le patient est un enfant, c’est avec son pédiatre qu’elle collabore.

Le traitement choisi dépend de votre situation particulière. Il vise à vous accompagner, vous et votre entourage, pour que vous gériez au mieux la maladie et que vous conserviez une bonne qualité de vie.

Comment se fait le choix d’un traitement anti-cancéreux ?

Il n’y a pas un cancer, mais de multiples cancers aux caractéristiques différentes. C’est pourquoi, pour chaque patient, le choix du traitement est orienté par de nombreux critères :

  • d’une part, des données médicales (type de cancer, organe atteint, stade d’évolution, résultat des analyses biologiques) ;
  • d’autre part, des facteurs individuels (âge du malade, état général y compris sur le plan psychologique, statut socioprofessionnel, etc.)

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L’opération chirurgicale : la thyroïdectomie totale

En cas de suspicion forte de cancer de la thyroïde, le premier traitement appliqué est une intervention chirurgicale. Cette opération sert à enlever toute la glande et, si nécessaire, certains ganglions du cou. Les tissus prélevés seront ensuite analysés pour vérifier la présence d’une tumeur et préciser la forme prise par la maladie.

Par ailleurs, des médicaments à base d’hormones thyroïdiennes sont prescrits à vie, pour compenser l’absence de sécrétion d’hormones naturelles après l’ablation totale de la thyroïde. On parle de "traitement substitutif".

Les suites opératoires sont le plus souvent simples. Cependant, certains symptômes surviennent parfois :

  • une fatigue transitoire est possible. Essayez de poursuivre vos activités habituelles, cela vous aidera à vous rétablir ;
  • en avalant, vous pouvez ressentir une gêne, le plus souvent temporaire. De plus, votre voix peut être cassée, rauque ou éteinte. Ces deux types de troubles résultent de l’atteinte du nerf récurrent (permettant notamment aux cordes vocales de bouger) pendant l’intervention. Si vos problèmes vocaux persistent, sachez qu’une rééducation orthophonique est parfois nécessaire ;
  • vous pouvez aussi être gêné lorsque vous bougez votre cou. Dans ce cas, pour votre sécurité, soyez sûr d’avoir retrouvé une bonne mobilité à cet endroit du corps avant de reprendre la conduite automobile. Par ailleurs, si des antalgiques vous ont été prescrits pour ce problème, ils peuvent avoir un effet sédatif. Le cas échéant, attendez aussi la fin du traitement pour conduire à nouveau.

Les autres traitements possibles

En dehors de l'opération chirurgicale, la radiothérapie et la chimiothérapie sont des traitements possibles du cancer de la thyroïde.

Pour certains cancers, l’opération chirurgicale doit être complétée par la radiothérapie dite métabolique. En effet, ce traitement consiste en plusieurs prises d’iode radioactif ingéré par le patient ou administré sous forme d’injections. Cette substance agit en détruisant toutes les cellules thyroïdiennes qui pourraient subsister après l’intervention, qu’elles soient cancéreuses ou non.

Prescrite par des spécialistes, la radiothérapie se déroule à l’hôpital, dans un service spécifique. Le patient est généralement hospitalisé en isolement très peu de temps (3 à 5 jours). Il débute le traitement à l’iode radioactif dès le premier jour. Durant cette période, il est important de boire beaucoup de liquide afin d’évacuer le surplus d’iode radioactif.

Pour sa sécurité et celle de son entourage, le patient traité doit respecter des règles de radioprotection (protection face à la radioactivité) :

  • éviter les contacts prolongés avec les femmes enceintes et les enfants de moins de 15 ans, pendant les quelques jours qui suivent la séance ;
  • réaliser une toilette très rigoureuse, car des substances radioactives peuvent se retrouver dans ses urines, ses selles, sa sueur ou sa salive.

Quant à la radiothérapie externe, consistant à diriger sur le corps des rayons radioactifs produits par une machine, elle est peu prescrite car peu indiquée pour le cancer thyroïdien.

La chimiothérapie (traitement médicamenteux de la tumeur) est rarement utilisée dans les cancers dits "différenciés" (90 % des cas). En revanche, elle peut être indiquée en cas de cancer anaplasique.

Enfin, sachez que tous les traitements proposés ont des effets indésirables possibles. N’hésitez pas à en parler au médecin qui vous prend en charge.

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Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer de la thyroïde. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 11 janvier 2013]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer de la thyroïde. Actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 11 janvier 2013]
  • Orphanet. Cancers anaplasiques de la thyroïde. Site internet : Orphanet. Paris ; 2008 [consulté le 11 janvier 2013]