Diagnostic et évolution du cancer de la thyroïde

10 août 2017
Le cancer thyroïdien ne provoque généralement aucun symptôme au début de son évolution. Cependant, il peut engendrer une grosseur au niveau du cou, des problèmes de voix, des difficultés à respirer ou à déglutir. Le diagnostic est confirmé par des examens d’imagerie et des analyses biologiques.

Les symptômes possibles et la détection de la maladie

Très souvent, le cancer de la thyroïde ne provoque pas de symptômes et il est découvert :

  • lors d’un examen clinique, d'une échographie de la région du cou ou d’une intervention pour un autre motif ;
  • lors de la surveillance d’un goitre (augmentation du volume de la glande) ou d’un nodule de la thyroïde déjà connus.

La maladie peut néanmoins se manifester par certains symptômes, qui nécessitent une consultation chez le médecin traitant :

  • apparition d'un nodule au niveau de la thyroïde (sachant que 95 % d’entre eux ne sont pas cancéreux) ;
  • augmentation rapide du volume d'un nodule de la thyroïde déjà connu ;
  • apparition d’un ganglion au niveau du cou ;
  • troubles de la voix, qui peut être enrouée ou bitonale (présence de deux tonalités différentes) ;
  • difficultés à avaler et/ou à respirer.

Le cancer médullaire (forme de la maladie qui peut être favorisée par des prédispositions familiales) engendre une augmentation importante du taux de calcitonine dans le sang. De ce fait, chez les personnes à risque, on peut mettre en place une surveillance systématique du dosage de cette hormone grâce à des prises de sang. Cela permet de détecter facilement et précocement ce type de cancer, pour une prise en charge plus rapide.

Le diagnostic de cancer de la thyroïde

Lors de la consultation, le médecin pose des questions à son patient sur :

  • ses éventuels antécédents familiaux de maladies de la thyroïde ;
  • ses antécédents personnels (exposition à des irradiations, carence en iode, autres affections, etc.) ;
  • ses symptômes (difficultés à parler ou autres problèmes liés à la voix, difficultés à avaler, etc.)

Ensuite, le médecin procède à un examen clinique complet, il palpe la thyroïde pour identifier les caractéristiques de la glande et recherche des adénopathies (ganglions) au niveau du cou.

Un bilan complémentaire permet de poser le diagnostic.

Des analyses biologiques par prise de sang

Elles permettent de repérer une éventuelle anomalie de fonctionnement de la thyroïde. Pour cela, on effectue un dosage sanguin de la thyréostimuline (TSH), produite par l’hypophyse et qui a pour fonction de réguler la production d’hormones thyroïdiennes. Un taux de TSH anormalement bas indique ainsi une hyperthyroïdie et inversement, un taux élevé de TSH traduit une hypothyroïdie. Des dosages des hormones thyroïdiennes T4 et T3, de la thyroglobuline et des anticorps anti-thyroglobuline peuvent compléter le bilan thyroïdien.

Si le médecin suspecte un cancer médullaire de la thyroïde, il prescrit un dosage de la calcitonine (hormone intervenant dans le métabolisme du calcium et du phosphore) et un bilan phospho-calcique.

Les analyses sanguines servent aussi à évaluer un éventuel retentissement de la maladie sur l’organisme.

Une échographie de la thyroïde et du cou

L'échographie est systématiquement réalisée pour toute suspicion de pathologie de la thyroïde. Cet examen indolore permet, grâce aux , d'obtenir des images de la thyroïde : structure, taille de la glande, présence éventuelle d'un ou plusieurs nodules, etc. En présence d'un nodule, le médecin recherche aussi un éventuel risque de cancer, à partir de plusieurs critères du nodule : présence ou non de (petits dépôts de calcium), limites régulières ou irrégulières, importance de la vascularisation, etc.

Les ganglions lymphatiques situés à proximité de la thyroïde sont également examinés.

Une cytoponction

Si le médecin suspecte la présence d’un cancer, il prescrit une cytoponction (prélèvement de cellules du nodule à l’aide d’une aiguille très fine, afin de les analyser). Cet acte indolore est généralement réalisé pendant une simple consultation médicale. Il est réalisé avec ou sans anesthésie locale. Parfois, il est couplé à une échographie, qui permet au praticien de mieux se repérer pour prélever l’échantillon. Les cellules obtenues sont ensuite examinées au microscope, dans un laboratoire spécialisé. L' des cellules permet de porter le diagnostic et de préciser de quel type de cancer thyroïdien il s'agit. Si les résultats ne sont pas concluants, il peut être nécessaire de répéter l’examen.

Précautions en cas de cytoponction

Si vous devez effectuer une cytoponction, sachez qu’il existe un risque d’hémorragie pendant l’examen, en cas de prise d’anticoagulants ou d’antiagrégants (ex. : aspirine). Aussi, si vous suivez ce type de traitement, parlez-en à votre médecin traitant et à l’équipe médicale qui va réaliser l’intervention.

D’autres examens d’imagerie médicale

Pour compléter le bilan et préciser l'extension du cancer, il peut être nécessaire d’effectuer :

  • une thyroïdienne (demandant l’injection d’un produit radioactif),
  • une IRM,
  • un scanner...
Le cancer de la thyroïde, une affection de longue durée

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L’évolution possible des cancers thyroïdiens

Les cancers thyroïdiens folliculaires différenciés et les cancers médullaires ont une évolution favorable le plus souvent. Dans tous les cas, une surveillance prolongée est nécessaire. Elle sert à dépister une éventuelle rechute ou l’apparition de métastases, qui peuvent le plus souvent être traitées.

Le cancer anaplasique de la thyroïde, dont le traitement est difficile, menace encore actuellement la survie du patient.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer de la thyroïde. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France);2010 [consulté le 9 août 2017]
  • Institut national du cancer. Le cancer de la thyroïde. Site internet : Inca. Boulogne - Billancourt (France) ; 2017 [consulté le 9 août 2017]
  • Société Française d’Endocrinologie (SFE) et du groupe de Recherche sur la Thyroïde. Guide de bonnes pratiques pour l’usage de l’échographie cervicale et des techniques écho-guidées dans la prise en charge des cancers
    thyroïdiens différenciés de souche vésiculaire. Site internet : SFE. Paris ; 2011 [consulté le 9 août 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer de la thyroïde. Actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 9 août 2017]
  • Orphanet. Cancers anaplasiques de la thyroïde. Site internet : Orphanet. Paris ; 2008 [consulté le 9 août 2017]