Les traitements du cancer du sein

23 octobre 2019
La prise en charge d’un cancer du sein fait appel à une équipe pluridisciplinaire : chirurgien, radiothérapeute, oncologue, médecin traitant., qui en concertation déterminent le traitement le mieux adapté à chaque femme.

Le choix du traitement

Le choix du traitement dépend :

  • du type de cancer du sein et de ses caractéristiques définies par son analyse anatomopathologique ;
  • de l'existence ou non de récepteurs hormonaux aux œstrogènes et à la au niveau des cellules cancéreuses ;
  • de la présence de HER2 (« human epidermal growth factor receptor 2 » ou récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain) : cette protéine se trouve à la surface des cellules mammaires et stimule leur croissance. S’il y a une quantité excessive de protéine HER2, on dit que la tumeur est HER 2 positive. Dans ce cas, elle nécessite un traitement particulier, ciblant spécifiquement cette protéine ;
  • de la localisation de la tumeur au niveau du sein ;
  • de sa taille, de l'existence ou non d'une atteinte des ganglions lymphatiques ou de métastases ;
  • de l'état de santé de la patiente.

Une proposition de traitement est établie par des médecins d'au moins trois spécialités différentes (chirurgien, médical, , anatomopathologiste...) dans le cadre d'une réunion de concertation pluridisciplinaire. La proposition de traitement est expliquée à la patiente qui peut alors donner ses préférences thérapeutiques. Après son accord, l'équipe médicale définit le programme personnalisé de soins. Ce programme peut associer divers traitements, selon chaque cas.

Comment se fait le choix d’un traitement ?

De même qu’il n’y a pas un cancer, mais de multiples cancers aux caractéristiques différentes, il existe, pour chaque patient, de nombreux critères à prendre en compte afin d’orienter le choix du traitement. Ces critères sont médicaux : type de cancer, organe atteint, stade d’évolution, éléments biologiques… Ils sont aussi individuels : âge de la personne malade, état général, y compris sur le plan psychologique, statut socioprofessionnel, etc.

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La chirurgie du cancer du sein

Le traitement du cancer du sein repose principalement sur la chirurgie complétée, selon les cas, par d'autres méthodes thérapeutiques (radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie).

En fonction du stade d’évolution du cancer du sein, il existe deux possibilités chirurgicales :

  • une tumorectomie ou mastectomie partielle qui consiste à enlever la tumeur et une petite partie du tissu qui l'entoure ; le sein est conservé dans sa grande partie ;
  • une mastectomie totale qui consiste à ôter tout le sein, y compris le mamelon.

Dans certains cas de cancers du sein, le premier ganglion (parfois deux ganglions) qui draine le sein malade est enlevé et analysé. S’il n’est pas cancéreux, les autres ganglions sont conservés. C’est la technique dite du « ganglion sentinelle » qui permet de préserver la chaîne ganglionnaire. Si des cellules cancéreuses sont présentes dans le ganglion sentinelle, les ganglions axillaires sont enlevés : c'est le curage ganglionnaire, qui a lieu d'emblée ou dans un deuxième temps.

Afin de remédier aux séquelles esthétiques, une reconstruction mammaire, soit immédiate, soit différée est possible. Celle-ci est prise en charge par l’Assurance Maladie.

Quels sont les effets indésirables de la chirurgie du cancer du sein ?

L’intervention chirurgicale peut provoquer des douleurs, une raideur et un gonflemnent de l'épaule, un hématome, une infection au niveau de la zone opérée, un retard de cicatrisation.

En cas de curage ganglionnaire, le drainage de la lymphe à travers le réseau lymphatique (vaisseaux lymphatiques et ganglions) est ralenti, ce qui peut entraîner la survenue d'un lymphœdème : gros bras avec engourdissement, sensation de brûlure persistante, limitation des mouvements du bras.

Il ne faut pas hésiter à parler de ces effets secondaires au médecin, car il existe des traitements pour les prévenir ou les limiter.

Vidéo : la chirurgie pour cancer du sein

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La radiothérapie en cas de cancer du sein

Dans le cancer du sein, la radiothérapie complète souvent la chirurgie.

Il s’agit le plus souvent d’une radiothérapie externe par rayons X de haute énergie destinés à détruire les cellules cancéreuses. Les zones traitées par radiothérapie diffèrent selon chaque cas de cancer du sein et peuvent concerner :

  • le sein avec une dose plus importante dans la région du sein où se trouvait la tumeur,
  • les ganglions,
  • la paroi du thorax.

Avant de commencer le traitement par radiothérapie externe, des petites marques ressemblant à des tatouages sont faites sur la peau du sein malade. Celles-ci permettent de diriger les rayons toujours au bon endroit à chacune des séances.

Le programme des séances est établi à l’avance. Le plus souvent : 1 séance par jour, 5 jours par semaine, durant 3 à 6 semaines. Chaque séance ne dure, en général, que quelques minutes et la personne peut retourner à son domivile après la séance.

À noter : la curiethérapie est parfois utilisée en complément dans certaines formes de cancer du sein. Elle consiste en la mise en place d'un radioisotope sous forme de billes ou de petits fils insérés dans la région du sein où la tumeur a été retirée.

Les effets indésirables de la radiothérapie

Lors de la radiothérapie externe, une rougeur de la peau un peu comme après un coup de soleil, voire boursouflure et une de la peau dans le sillon sous le sein sont possibles après quelques jours de traitement. L'utilisation de savon surgras et l'application de crème hydratante après la séance permettent d'atténuer les rougeurs.

Un gonflement du sein et des douleurs sont parfois observés.

Après quelques séances de radiothérapie, la fatigue est souvent présente.

Les effets indésirables de la radiothérapie disparaissent normalement dans les semaines ou les mois qui suivent la fin du traitement.

La chimiothérapie en cas de cancer du sein

Selon les cas de cancer du sein, une chimiothérapie (médicaments visant à tuer les cellules cancéreuses) peut être prescrite avant et/ou après un traitement par chirurgie ou radiothérapie.

Avant la chirurgie, le but est de diminuer la taille de la tumeur pour faciliter l’intervention chirurgicale.

Après la chirurgie, l’objectif principal est d’empêcher la multiplication des cellules cancéreuses, localement, ou à distance (métastases).

Le plus souvent, la chimiothérapie est administrée par injection dans une veine, mais parfois par la bouche. Chaque séance de perfusion veineuse est suivie d'une période de repos qui permet au corps de récupérer.

La fréquence et la durée du traitement dépendent du type de cancer, des médicaments utilisés, des protocoles de traitement et de la façon dont la patiente supporte la chimiothérapie. Le traitement s'échelonne souvent sur une période de 3 à 6 mois.

Chimiothérapie grâce à un cathéter veineux et une chambre implantable

En cas d'administration par voie veineuse, la mise en place d’une chambre implantable est nécessaire. Il s’agit d’un petit boîtier placé sous la peau (généralement au niveau du thorax), relié à un cathéter (tuyau souple et fin glissé dans une veine).

Ce dispositif reste en place en permanence, pendant toute la durée de la chimiothérapie, puis de la surveillance après traitement.

Il est placé sous anesthésie locale et enlevé de la même manière à la fin du traitement.

Il permet d’injecter les médicaments à travers la peau tout en préservant les veines du patient. Des patchs d'anesthésiants cutanés limitent la douleur lors du passage de l'aiguille à travers la peau.

La chambre implantable offre aussi un meilleur confort de vie, car elle permet de poursuivre les activités quotidiennes.

Les effets secondaires de la chimiothérapie

Les effets secondaires immédiats sont fréquents lors de la chimiothérapie, mais ils ne durent que le temps du traitement :

  • nausées et parfois vommissements que'lques heures après la perfusion du médicament,
  • inflammation buccale et aphtes,
  • diarrhée,
  • chute des cheveux (alopécie) deux à trois semaines après le début du traitement. Les cheveux repoussent 6 à 8 semaines après son arrêt,
  • fatigue,
  • perturbation du cycle menstruel (règles irrégulières ou absentes),
  • fourmillements dans les mains et les pieds,
  • troubles cutanés (peau rouge, sèche...) et des ongles (ongles cassants...),
  • anomalies sanguines (baisse des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes).

D’importants progrès ont été réalisés afin d’éviter ou minimiser ces effets secondaires. Parlez-en à votre médecin.

À long terme, certaines chimiothérapies peuvent avoir un retentissement sur la fonction cardiaque, surveillée par échodoppler cardiaque.

© Blausen Medical

Thérapies ciblées et cancer du sein

Dans certains cas de cancer du sein, un traitement par thérapie ciblée peut être proposé.

Ces nouveaux traitements sont appelés « les thérapies ciblées », parce qu’ils ciblent précisément certaines molécules, qui ont un rôle important dans le développement du cancer. Ils sont utilisés en complément de la chimiothérapie.

Par exemple, le trastuzumab, anticorps monoclonal, est utilisé dans les cancers du sein dont les cellules présentent une quantité très importante de protéines HER2 (12 à 20 % des cas). Le trastuzumab bloque la protéine HER2 qui a la propriété de favoriser la croissance des cellules et empêche ainsi le développement des cellules cancéreuses.

D'autres médicaments sont utilisés en thérapie ciblée : ils bloquent d'autres facteurs de croissance et de développement des cellules cancéreuses.

Non dirigés vers les cellules saines, ces médicaments entraînent souvent moins d’effets secondaires que les chimiothérapies classiques.

L'hormonothérapie en cas de cancer du sein

L’hormonothérapie est un traitement par médicament, préconisé uniquement chez les femmes qui souffrent d’un cancer du sein dit « à récepteurs hormonaux positifs » ou cancer du sein hormonodépendant. Un cancer du sein est dit hormonodépendant lorsqu’au moins 10% des cellules de la tumeur possèdent des récepteurs hormonaux aux œstrogènes et/ou à la .

Les hormones féminines, naturellement présentes dans le corps, ont tendance à stimuler la croissance des cellules cancéreuses. Le traitement par hormonothérapie consiste à neutraliser l’effet des œstrogènes et donc à les empêcher de stimuler la croissance des cellules cancéreuses.

Les médicaments utilisés sont :

  • Les anti-œstrogènes qui empêchent les œstrogènes de stimuler les cellules cancéreuses en prenant leur place au niveau des récepteurs hormonaux des cellules ou en abîmant ces récepteurs. L'anti- utilisé pour le cancer du sein est le tamoxifène. Les anti-œstrogènes sont le plus souvent utilisés chez la femme non ménopausée.
  • Les inhibiteurs de l'aromatase qui empêchent la fabrication des œstrogènes chez la femme ménopausée.
  • Les analogues de la LH-RH qui suppriment la production des hormones féminines par les chez la femme non ménopausée.

L'hormonothérapie est généralement prescrite pour une durée de 5 ans.

Les effets indésirables de l'hormonothérapie

Les bouffées de chaleur et l'irrégularité des cycles menstruels sont des effets secondaires fréquents du traitement.

Il existe un risque thrombo-embolique, lors de l'hormonothérapie : phlébite pouvant se compliquer d'embolie pulmonaire.

Des douleurs articulaires sont possibles lors de la prise d'inhibiteurs de l'aromatase.

Àlong terme, l'hormonothérapie chez la femme jeune peut être responsable d'ostéoporose.

  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide affection de longue durée - Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique, cancer du sein. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 28 août 2018]
  • Institut national du cancer (INCa). Le cancer du sein. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2017 [consulté le 28 août 2018]
  • Institut national du cancer (INCa). Cancers du sein / Du diagnostic au suivi. Outils pour la pratique. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2016 [consulté le 28 août 2018]