Le traitement du cancer de la prostate

04 janvier 2021
Pour soigner le cancer de la prostate, la décision thérapeutique est prise en concertation avec le patient. Une surveillance active est envisagée dans certains cas de tumeur très localisée. Sinon, le traitement fait appel à la chirurgie (prostatectomie totale), la radiothérapie et éventuellement à l'hormonothérapie et la chimiothérapie.

Cancer de la prostate : le choix du traitement

Le chirurgien urologue, le , le cancérologue (ou ) et le médecin traitant se concertent pour prescrire le ou les traitements les plus adaptés à chaque personne (en fonction de l'âge, de l'état général, du degré d'évolution du cancer de la prostate...)

Dans certains cas de cancer de la prostate, le traitement peut être différé tout en gardant une surveillance active.

Sinon, le traitement est d'emblée mis en route et il diffère d'une personne à l'autre, faisant appel aux moyens thérapeutiques suivants associés selon le type de cancer : chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie et éventuellement chimiothérapie.

L'approche thérapeutique est ainsi adaptée à chaque situation et l'équipe soignante explique au patient les différentes étapes du traitement et de la surveillance.

Le choix du traitement en cancérologie

De même qu'il n'y a pas un cancer, mais de multiples cancers aux caractéristiques différentes, il existe, pour chaque patient, de nombreux critères à prendre en compte afin d'orienter le choix du traitement. Ces critères sont :

  • médicaux : type de cancer, organe atteint, stade d'évolution, éléments biologiques...
  • également individuels : âge de la personne malade, état général, psychologique, statut socioprofessionnel, etc.

Différer la mise en route du traitement par une surveillance active initiale

Le patient n'a aucun symptôme et le médecin a diagnostiqué un cancer de la prostate localisé et répondant à d'autres critères médicaux précis (en particulier cancer de la prostate à faible risque évolutif).

Dans ce cas, une surveillance active initiale peut être proposée.

Cette alternative au traitement nécessite en effet une surveillance médicale régulière et répétée afin de juger de l'évolution du cancer :

  • toucher rectal,
  • prise de sang pour mesurer le taux de PSA ( Prostatique Spécifique),
  • réalisation de nouvelles biopsies de la prostate.

Avant d'accepter cette surveillance active, le patient doit être clairement informé des bénéfices et des risques d'un tel choix et de la nécessité d'une adhésion au protocole de surveillance.

Si les médecins constatent au cours de cette surveillance que le cancer de la prostate s'aggrave, un traitement est mis en route en concertation avec le patient.

Mettre en route le traitement du cancer de la prostate

L'équipe médicale établit un programme qui fait appel à une ou plusieurs possibilités de traitement.

La chirugie du cancer de la prostate : la prostatectomie totale

Le traitement chirurgical consiste à retirer la prostate ainsi que les . On parle de « prostatectomie totale ou de prostatectomie radicale ». Dans certains cas, les ganglions lymphatiques voisins sont également enlevés ; on parle alors de curage ganglionnaire.

Pour effectuer cette intervention, l'urologue peut atteindre la prostate :

  • soit par cœlioscopie abdominale ;
  • soit par une incision abdominale basse, en dessous du nombril.

Les complications survenant lors de l'intervention ou dans les suites immédiates sont rares :

  • saignement avec nécessité de transfusion,
  • plaies des organes voisins : rectum, urêtre, vaisseaux,
  • infection post-opératoire,
  • phlébite avec risque d'embolie pulmonaire.

Le retrait de la prostate et des entraîne en revanche des effets secondaires fréquents et prolongés :

Le traitement par radiothérapie du cancer de la prostate

La radiothérapie externe

La radiothérapie consiste à détruire les cellules cancéreuses à l'aide de rayons X externes de haute énergie. Plusieurs séances sont nécessaires pendant 6 à 8 semaines.

Si vous suivez une radiothérapie externe, une rougeur de la peau semblable à un coup de soleil peut apparaître au cours du traitement et concerne les plis, comme le sillon inter-fessier, les plis de l’aine ou du ventre. La rougeur disparaît lentement et laisse progressivement place à une coloration brunâtre pendant quelques semaines avant le retour à un aspect normal.

Si c'est le cas :

  • Pour vous laver , préférez l'eau tiède et utilisez un savon surgras sans frictionner la zone irradiée.
  • Séchez-vous sans frotter.
  • N'utilisez pas d'eau de toilette, de produits alcoolisés ou de talc sur la zone exposée aux rayons.
  • Portez des vêtements en coton et ample pour éviter le frottement au niveau de la peau sensible.
  • Appliquez une crème hydratante entre les séances (mais jamais juste avant la séance de radiothérapie) uniquement sur avis de l’équipe médicale.

D'autres effets secondaires de la radiothérapie peuvent apparaître :

La curiethérapie

Sous anesthésie, le médecin pose des implants radioactifs dans la prostate, près de la tumeur, en s'aidant de l'échographie. Ce dispositif radioactif émet des radiations qui détruisent les cellules cancéreuses. L'irradiation est localisée.

Certains effets indésirables peuvent se manifester lors du traitement ou tout de suite après. Ils sont surveillés et traités par l’équipe médicale si cela est nécessaire :

  • un hématome au niveau du , zone d’insertion des aiguilles ;
  • la présence de sang dans les urines ( ) ;
  • une irritation rectale liée à la mise en place de la sonde endorectale au cours du traitement ;
  • rarement, une veineuse ou phlébite.

L'hormonothérapie

Les médicaments d’hormonothérapie sont prescrits afin de bloquer les hormones masculines (essentiellement la ) qui favorisent le développement des cellules cancéreuses de la prostate. Ils sont le plus souvent administrés par voie orale, injectés sous la peau ou en intramusculaire.

Des effets secondaires liés à la chute du taux d'hormones masculines peuvent apparaître :

La chimiothérapie

Dans quels cas et quels médicaments de chimiothérapie ?

La chimiothérapie consiste à détruire les cellules cancéreuses de la prostate en administrant des substances chimiques le plus souvent par perfusions intraveineuses.

Un traitement par chimiothérapie est envisagé lorsque le cancer de la prostate a produit des métatastases. Dans certaines situations médicales, il peut être associé à l'hormonothérapie.

Il utilise en général le docétaxel (ou dans certains cas le cabazitaxel) en perfusion associé à un traitement par corticoïdes en comprimés.

Pose d'une chambre implantable

Pour l'administration par voie veineuse, la mise en place d’une chambre implantable est nécessaire. Il s’agit d’un petit boîtier placé sous la peau (généralement au niveau du thorax), relié à un cathéter (tuyau souple et fin glissé dans une veine). Ce dispositif reste en place en permanence, pendant toute la durée de la chimiothérapie, puis de la surveillance après traitement.

Il est placé sous anesthésie locale et enlevé de la même manière à la fin du traitement. Il permet d’injecter les médicaments à travers la peau tout en préservant les veines du patient. Des patchs d'anesthésiants cutanés limitent la douleur lors du passage de l'aiguille à travers la peau.

La chambre implantable offre aussi un meilleur confort de vie, car elle permet de poursuivre les activités quotidiennes.

Effets indésirables de la chimiothérapie

Les effets indésirables dépendent du type de chimiothérapie : baisse des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes, troubles de la peau et des ongles, nausées et vomissements, fatigue... Certains effets peuvent être atténués, parlez-en avec votre médecin.

Vidéo : Témoignages de patients lors de la mise en route du traitement

© Institut national du cancer, Fondation ARC, Inserm.

  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide médecin sur le cancer de la prostate. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 4 janvier 2020]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer de la prostate : identification des facteurs de risque et pertinence d'un dépistage par dosage de l'antigène spécifique prostatique (PSA) de populations d'hommes à haut risque. Rapport d'orientation. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 4 janvier 2020]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations sur le cancer de la prostate. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 4 janvier 2020]
  • Institut national du cancer (INCa). Le cancer de la prostate. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2017 [consulté le 4 janvier 2020]
  • Association française d'urologie. Recommandations françaises du Comité de Cancérologie de l’AFU – Actualisation 2018–2020 : cancer de la prostate. Site internet : urofrance. Paris ; 2020 [consulté le 4 janvier 2021]