Le traitement du cancer de la prostate

27 juillet 2018
Pour soigner le cancer de la prostate, la décision thérapeutique est prise en concertation avec le patient. Une surveillance active est envisagée dans certains cas de tumeur très localisée. Sinon, le traitement fait appel à la chirurgie (prostatectomie totale), la radiothérapie et éventuellement à l'hormonothérapie et la chimiothérapie.

Cancer de la prostate : le choix du traitement

Le chirurgien urologue, le , le cancérologue (ou ) et le médecin traitant se concertent pour prescrire le ou les traitements les plus adaptés à chaque personne (en fonction de l'âge, de l'état général, du degré d'évolution du cancer de la prostate...)

Dans certains cas de cancer de la prostate, le traitement peut être différé tout en gardant une surveillance active.

Sinon, le traitement est d'emblée mis en route et il diffère d'une personne à l'autre, faisant appel aux moyens thérapeutiques suivants associés selon le type de cancer : chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie et éventuellement chimiothérapie.

L'approche thérapeutique est ainsi adaptée à chaque situation et l'équipe soignante explique au patient les différentes étapes du traitement et de la surveillance.

Le choix du traitement en cancérologie

De même qu'il n'y a pas un cancer, mais de multiples cancers aux caractéristiques différentes, il existe, pour chaque patient, de nombreux critères à prendre en compte afin d'orienter le choix du traitement. Ces critères sont :

  • médicaux : type de cancer, organe atteint, stade d'évolution, éléments biologiques...
  • également individuels : âge de la personne malade, état général, psychologique, statut socioprofessionnel, etc.

Différer la mise en route du traitement par une surveillance active initiale

Le patient n'a aucun symptôme et le médecin a diagnostiqué un cancer de la prostate localisé et répondant à d'autres critères médicaux précis (en particulier cancer de la prostate à faible risque évolutif).

Dans ce cas, une surveillance active initiale peut être proposée.

Cette alternative au traitement nécessite en effet une surveillance médicale régulière et répétée afin de juger de l'évolution du cancer :

  • toucher rectal,
  • prise de sang pour mesurer le taux de PSA ( Prostatique Spécifique),
  • réalisation de nouvelles biopsies de la prostate.

Avant d'accepter cette surveillance active, le patient doit être clairement informé des bénéfices et des risques d'un tel choix et de la nécessité d'une adhésion au protocole de surveillance.

Si les médecins constatent au cours de cette surveillance que le cancer de la prostate s'aggrave, un traitement est mis en route en concertation avec le patient.

© Blausen Medical

Mettre en route le traitement du cancer de la prostate

L'équipe médicale établit un programme qui fait appel à une ou plusieurs possibilités de traitement.

Le traitement chirurgical consiste à retirer la prostate ainsi que les . On parle de « prostatectomie totale ou de prostatectomie radicale ». Dans certains cas, les ganglions lymphatiques voisins sont également enlevés ; on parle alors de curage ganglionnaire.

Pour effectuer cette intervention, l'urologue peut atteindre la prostate :

  • soit par abdominale ;
  • soit par une incision abdominale, en dessous du nombril.

Le retrait de la prostate et des entraîne des effets secondaires :

La radiothérapie externe

La radiothérapie consiste à détruire les cellules cancéreuses à l'aide de rayons X externes de haute énergie. Plusieurs séances sont nécessaires pendant 6 à 8 semaines.

Des effets secondaires de la radiothérapie peuvent apparaître :

La curiethérapie

Sous anesthésie, le médecin pose des implants radioactifs dans la prostate, près de la tumeur, en s'aidant de l'échographie. Ce dispositif radioactif émet des radiations qui détruisent les cellules cancéreuses. L'irradiation est localisée.

Les médicaments d’hormonothérapie sont prescrits afin de bloquer les hormones masculines (essentiellement la ) qui favorisent le développement des cellules cancéreuses de la prostate. Ils sont le plus souvent administrés par voie orale, injectés sous la peau ou en intramusculaire.

Des effets secondaires liés à la chute du taux d'hormones masculines peuvent apparaître :

La chimiothérapie consiste à détruire les cellules cancéreuses de la prostate en administrant des substances chimiques le plus souvent par perfusions intraveineuses.

Un traitement par chimiothérapie est envisagé lorsque le cancer de la prostate a produit des métatastases. Dans certaines situations médicales, il peut être associé à l'hormonothérapie.

Il utilise en général le docétaxel (ou dans certains cas le cabazitaxel) en perfusion associé à un traitement par corticoïdes en comprimés.

Les effets indésirables dépendent du type de chimiothérapie : baisse des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes, troubles de la peau et des ongles, nausées et vomissements, fatigue... Certains effets peuvent être atténués, parlez-en avec votre médecin.

© Institut national du cancer, Fondation ARC, Inserm.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide médecin sur le cancer de la prostate. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 10 avril 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer de la prostate : identification des facteurs de risque et pertinence d'un dépistage par dosage de l'antigène spécifique prostatique (PSA) de populations d'hommes à haut risque. Rapport d'orientation. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 10 avril 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations sur le cancer de la prostate. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 10 avril 2018]
  • Institut national du cancer (INCa). Le cancer de la prostate. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2017 [consulté le 10 avril 2018]
  • National Institute for Health and Care Excellence. New protocol for active surveillance of men with early prostate cancer. Site internet : NICE. Londres ; 2014 [consulté le 10 avril 2018]