Les symptômes et le diagnostic du cancer de la prostate

03 mai 2017
Le cancer de la prostate ne provoque pas de symptômes au début de son évolution. Des troubles urinaires peuvent ensuite apparaître. Deux examens permettent de suspecter un cancer de la prostate : le toucher rectal et le dosage des PSA dans le sang.

Les symptômes du cancer de la prostate

Au début de son évolution, le cancer de la prostate ne donne pas de symptômes. S'il s'agit d'un cancer localisé, il n'y a généralement pas de troubles urinaires.

Les symptômes mécaniques dus à la compression de l' apparaissent quand la prostate augmente de volume.

Mais l'augmentation de volume de la prostate est présente dans d'autres pathologies beaucoup plus fréquentes :

Cette augmentation de volume n'est donc pas spécifique du cancer de la prostate.

Attention, cependant, il arrive que certains hommes souffrent à la fois d'un cancer de la prostate et d'une bénigne.

Les signes liés à l'augmentation de volume de la prostate sont les suivants :

  • besoin fréquent d'uriner, surtout la nuit (pollakiurie) ;
  • jet d'urine faible ;
  • sensation de ne pas avoir vidé complètement sa vessie ;
  • fuites urinaires (incontinence urinaire) ;
  • infection urinaire ;
  • difficulté ou impossibilité d'uriner (rétention urinaire) ;
  • présence de sang dans les urines ou le sperme ;
  • difficulté à avoir une érection ;
  • douleurs au moment de l'éjaculation.

Le diagnostic peut être évoqué, en l'absence de symptômes, lors d'un toucher rectal pour un autre motif ou être posé lors de l'examen anatomo-pathologique du tissu prélevé lors du traitement chirurgical d'un de la prostate.

© Blausen Medical

Le diagnostic du cancer de la prostate

Lors de la consultation, le médecin s'entretient avec son patient pour évaluer son état de santé général, ses antécédents personnels et familiaux, l'existence de symptômes pouvant évoquer une anomalie de la prostate, puis il pratique un examen clinique, dont le toucher rectal.

Le médecin palpe la prostate en introduisant son index, protégé par un gant, dans le rectum. Ce geste médical permet de vérifier le volume, la surface et la consistance de la prostate. Si la surface de la prostate apparaît irrégulière ou avec des nodules et si sa consistance est dure, le médecin suspecte la présence d'un cancer.

Le médecin traitant ou l'urologue, en cas d'examen clinique anormal, prescrit un dosage sanguin de l' Prostatique Spécifique (PSA), substance produite par la prostate.

Il informe son patient des modalités de l'examen, de la complexité de l'interprétation des résultats de ce dosage biologique. Il est le mieux placé pour en expliquer la signification.

La valeur seuil de normalité des PSA la plus souvent retenue est de 4 ng/ml (elle dépend de la technique du test utilisé). Un taux supérieur à 4 nanogrammes/ml n'est pas systématiquement synonyme de cancer.

D'autres situations, en dehors du cancer de la prostate, peuvent expliquer un taux élevé de PSA : une augmentation de taille de la prostate, une éjaculation récente, une infection urinaire, une opération de la prostate, une urinaire.

À l'inverse, il peut arriver qu'un taux de PSA reste normal, même en présence d'un cancer.

Si le médecin a relevé des anomalies, il prescrit à son patient une biopsie prostatique.

Il s'agit d'un examen pratiqué sous anesthésie locale. Le médecin introduit par voie transrectale (à travers la paroi du rectum) une aiguille dans la prostate sous guidage échographique. Il effectue au minimum 10 à 12 prélèvements à différents endroits en vue de leur analyse qui confirmera ou non le diagnostic de cancer.

La biopsie prostatique peut être responsable de complications : les plus fréquentes sont l' de faible abondance, l'hémospermie et la rectorragie. Plus rarement, surviennent une aiguë, voire une , une rétention aiguë d'urine, une importante (fréquence de moins de 1 % pour chacune d'elles).

D'autres examens peuvent être nécessaires : scanner, IRM, osseuse pour compléter le bilan d'extension du cancer.

Une prise en charge reconnue

Si vous souffrez d’un cancer de la prostate, votre médecin traitant peut demander sa reconnaissance au titre d'affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec votre cancer sont alors pris en charge à 100 %, sur la base des tarifs de remboursement de l’Assurance Maladie.

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Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide médecin sur le cancer de la prostate. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 30 septembre 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer de la prostate : identification des facteurs de risque et pertinence d'un dépistage par dosage de l'antigène spécifique prostatique (PSA) de populations d'hommes à haut risque. Rapport d'orientation. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 30 septembre 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations sur le cancer de la prostate. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 30 septembre 2015]
  • Institut national du cancer (INCa). Le cancer de la prostate. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2014 [consulté le 30 septembre 2015]