Les symptômes et le diagnostic du cancer de la prostate

27 juillet 2018
Le cancer de la prostate ne provoque pas de symptômes au début de son évolution. Des troubles urinaires peuvent ensuite apparaître. Deux examens permettent de suspecter un cancer de la prostate : le toucher rectal et le dosage des PSA dans le sang.

Les symptômes du cancer de la prostate

Au début de son évolution, le cancer de la prostate ne donne pas de symptômes. S'il s'agit d'un cancer localisé, il n'y a généralement pas de troubles urinaires.

Les symptômes mécaniques dus à la compression de l' apparaissent quand la prostate augmente de volume.

Mais l'augmentation de volume de la prostate est présente dans d'autres pathologies beaucoup plus fréquentes :

Cette augmentation de volume n'est donc pas spécifique du cancer de la prostate.

Attention, cependant, il arrive que certains hommes souffrent à la fois d'un cancer de la prostate et d'une bénigne.

Les symptômes liés à l'augmentation de volume de la prostate sont les suivants :

Le diagnostic peut être :

  • évoqué, en l'absence de symptômes, lors d'un toucher rectal pour un autre motif ;
  • posé lors de l'examen anatomo-pathologique du tissu prélevé lors du traitement chirurgical d'un adénome de la prostate.

Le diagnostic du cancer de la prostate

Lors de la consultation, le médecin s'entretient avec son patient pour évaluer son état de santé général, ses antécédents personnels et familiaux (en particulier de cancer de la prostate), l'existence de symptômes pouvant évoquer une anomalie de la prostate.
Puis il pratique un examen clinique, dont le toucher rectal.

Le toucher rectal

Le médecin palpe la prostate en introduisant son index, protégé par un gant, dans le rectum. Ce geste médical permet de vérifier le volume, la surface et la consistance de la prostate. Si la surface de la prostate apparaît irrégulière ou avec des nodules et si sa consistance est dure, le médecin suspecte la présence d'un cancer.

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Le dosage du PSA par prise de sang

Le médecin traitant ou l'urologue, en cas d'examen clinique anormal, prescrit un dosage sanguin de l' Prostatique Spécifique (PSA), substance produite par la prostate. Il informe son patient des modalités de l'examen, de la complexité de l'interprétation des résultats de ce dosage biologique. Il est le mieux placé pour en expliquer la signification.

La valeur seuil de normalité des PSA la plus souvent retenue est de 4 ng/ml (elle dépend de la technique du test utilisé). Un taux supérieur à 4 nanogrammes/ml n'est pas systématiquement synonyme de cancer.

D'autres situations, en dehors du cancer de la prostate, peuvent expliquer un taux élevé de PSA : une augmentation de taille de la prostate (adénome de la prostate), une éjaculation récente, une infection urinaire, une intervention chirurgicale de la prostate, une urinaire.

À l'inverse, il peut arriver qu'un taux de PSA reste normal, même en présence d'un cancer.

La biopsie de prostate

Si le médecin a relevé des anomalies en faveur d'un cancer de la prostate, il prescrit à son patient une biopsie prostatique.

Il s'agit d'un examen pratiqué sous anesthésie locale. L'urologue introduit par voie transrectale (à travers la paroi du rectum) une aiguille dans la prostate sous guidage échographique. Il effectue au minimum 10 à 12 prélèvements à différents endroits en vue de leur qui confirmera ou non le diagnostic de cancer et en donnera les caractéristiques.

La biopsie prostatique peut être responsable de complications :

  • Les plus fréquentes sont l' de faible abondance, l'hémospermie (présence de sang dans le sperme) et la rectorragie.
  • Plus rarement, surviennent une aiguë, voire une , une rétention aiguë d'urine (impossibilité d'uriner pour évacuer l'urine contenue dans la vessie), une importante (fréquence de moins de 1 % pour chacune d'elles).

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Un bilan complet avant la mise en route du traitement du cancer de la prostate

Si le diagnostic de cancer de la prostate est posé, d'autres examens sont nécessaires :

  • pour évaluer l'état de santé général et vérifier que les traitements seront bien supportés. Un bilan sanguin, entre autres examens, est indispensable pour évaluer le fonctionnement des reins, du foie...
  • pour effectuer le bilan d'extension du cancer sur le plan local (la capsule de la prostate est-elle franchie ? y a t-il un envahissement du pelvis ?) ou à distance (y at-il des métastases en particulier osseuses ?).

Ces examens sont le plus souvent :

  • l'imagerie par résonance magnétique (IRM) pelvi-prostatique et du corps entier,
  • la tomodensitométrie (ou scanner) abdomino-pelvienne,
  • la osseuse.
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Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide médecin sur le cancer de la prostate. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 9 avril 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer de la prostate : identification des facteurs de risque et pertinence d'un dépistage par dosage de l'antigène spécifique prostatique (PSA) de populations d'hommes à haut risque. Rapport d'orientation. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 9 avril 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations sur le cancer de la prostate. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 9 avril 2018]
  • Institut national du cancer (INCa). Le cancer de la prostate. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2014 [consulté le 9 avril 2018]