Le traitement du cancer du poumon

13 juin 2018
Le cancer bronchopulmonaire est soigné par une équipe pluridisciplinaire. Adapté à chaque cas, le traitement fait appel à différentes possibilités thérapeutiques : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, thérapie ciblée et immunothérapie spécifique.

L'objectif du traitement

L’objectif est avant tout de conduire le traitement le plus adapté pour chaque patient atteint d'un cancer du poumon afin de supprimer ou de ralentir l’évolution du cancer ou la survenue de métastases, de réduire le risque de récidive, de traiter les symptômes engendrés par la maladie.

Il est également très important :

  • d’éviter les complications liées au traitement et minimiser les séquelles thérapeutiques ;
  • de préserver la qualité de vie et proposer un soutien au patient et à son entourage ;
  • d'accompagner le patient pour qu’il puisse participer à sa prise en charge et gérer au mieux sa maladie.

Ainsi, la prise en charge du cancer du poumon est globale et comprend tous les soins et soutiens dont le patient peut avoir besoin dès le diagnostic, pendant et après les traitements : soutien psychologique, accompagnement social, prise en charge de la douleur, etc.

Le choix du traitement en cancérologie

De même qu'il n'y a pas un cancer, mais de multiples cancers aux caractéristiques différentes, il existe, pour chaque personne, de nombreux critères à prendre en compte pour orienter le choix du traitement. Ces critères sont médicaux : type de cancer, organe atteint, stade d'évolution, éléments biologiques... Ils sont également individuels : âge de la personne malade, état général, psychologique, etc.

Pour en savoir plus sur les choix des traitements du cancer, consultez le site de l'INCa

Les différents traitements du cancer du poumon

Le traitement du cancer du poumon est adapté selon le type de cancer, le stade auquel il a été détecté ainsi qu'à l'état général du patient.

Le chirurgien, le , le cancérologue (ou ) et le médecin traitant se concertent pour prescrire le traitement le plus adapté.

Quel que soit le projet thérapeutique, le sevrage tabagique est indispensable car le tabac majore le risque de complications des traitements et le risque de second cancer.

Une proposition de traitement du cancer du poumon est expliquée au patient lors d’une consultation médicale. L’équipe tient compte de son avis et lui demande son accord avant de lui remettre un programme personnalisé de soins.

Selon le type de cancer pulmonaire, le traitement repose sur les soins suivants : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, thérapie ciblée et immunothérapie spécifique, pratiqués en association ou successivement.

En général :

  • Pour les cancers pulmonaires non à petites cellules, la chirurgie est préconisée, lorsqu'elle est possible, en association avec la radiothérapie et/ou la chimiothérapie. Dans certains cas, le traitement fait appel à la thérapie ciblée ou à l'immunothérapie spécifique.
  • Le traitement des cancers pulmonaires à petites cellules associe chimiothérapie et radiothérapie.

L'intervention chirurgicale a pour but d'enlever totalement la tumeur.

Elle est le traitement de référence dans les cancers pulmonaires non à petites cellules (lorsqu'elle est possible) et elle ne concerne pas les cancers pulmonaires à petites cellules (sauf exception).

Il peut s'agir :

  • d'une lobectomie, lorsque le chirurgien enlève un lobe de poumon,
  • d'une pneumonectomie, lorsqu'il enlève entièrement un poumon.

L'intervention consiste aussi à enlever les ganglions proches qui pourraient contenir des cellules cancéreuses.

Après l'intervention chirurgicale, la récupération respiratoire peut prendre plusieurs mois. En effet, l'ablation d'une partie des poumons diminue les capacités respiratoires. Un programme de réadaptation pulmonaire peut permettre de retrouver de bonnes capacités respiratoires.

La radiothérapie vise à irradier la tumeur pulmonaire avec des rayons qui détruisent les cellules cancéreuses, out en préservant le mieux possible les tissus sains et les organes avoisinants.

Elle peut aussi être pratiquée sur les métastases du cancer du poumon, au niveau du cerveau ou des os.

La chimiothérapie du cancer du poumon associe plusieurs médicaments anticancéreux qui agissent sur les cellules cancéreuses, mais aussi sur d'autres cellules de l'organisme étant alors responsables d'effets secondaires.

Son administration est faite par voie veineuse ou orale.

En cas de chimiothérapie par voie veineuse, la mise en place d’une chambre implantable est nécessaire. Il s’agit d’un petit boîtier placé sous la peau (généralement au niveau du thorax), relié à un cathéter (tuyau souple et fin glissé dans une veine).

Ce dispositif reste en place en permanence, pendant toute la durée de la chimiothérapie, puis de la surveillance après traitement. Il permet d’injecter les médicaments à travers la peau tout en préservant les veines du patient. La chambre implantable offre aussi un meilleur confort de vie, car elle permet de poursuivre les activités quotidiennes.

À côté de la chimiothérapie, et souvent utilisés en complément de celle-ci, d’autres médicaments peuvent être utilisés dans le traitement de certaines formes de cancer du poumon.

Les thérapies ciblées

Ces traitements sont appelés « thérapies ciblées », parce qu’ils ciblent précisément certaines molécules, qui ont un rôle important dans le développement du cancer. Non dirigés vers les cellules saines, ces médicaments entraînent moins d’effets secondaires que les chimiothérapies classiques.

Les médicaments de thérapie ciblée actuellement utilisés dans certaines situations, dans le cancer bronchique non à petites cellules, sont :

  • des inhibiteurs de tyrosine kinase ;
  • un anticorps monoclonal anti-angiogénique.

L'immunothérapie spécifique

L’immunothérapie spécifique a pour objectif de rétablir une réponse immunitaire efficace qui permet au de s’attaquer aux éléments anormaux ou étrangers à l’organisme (dans ce cas, le est stimulé pour s'attaquer aux cellules cancéreuses de la tumeur du poumon). Ces médicaments sont également des anticorps monoclonaux mais ils ont une action différente des anticorps monoclonaux anti-angiogénique, c’est pourquoi on les classe parmi les immunothérapies spécifiques.

L'immunothérapie est utilisée dans certaines situations, dans le cancer bronchique non à petites cellules.

© Blausen Medical

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique - Cancers broncho-pulmonaires - Actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 12 juin 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique - Cancers broncho-pulmonaires - Guide du parcours de soins. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 12 juin 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer broncho-pulmonaire : le parcours de soins doit préserver en priorité une qualité de vie. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 12 juin 2018]
  • Institut national du cancer (INCa). Cancer du poumon. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2018 [consulté le 12 juin 2018]