Les symptômes, le diagnostic et les complications du cancer du poumon

03 mai 2017
En présence d'une hémoptysie (crachat sanglant) ou lorsque des symptômes pulmonaires ou généraux persistent anormalement, un bilan est nécessaire pour rechercher un éventuel cancer broncho-pulmonaire. Le diagnostic est confirmé par l'analyse de fragments de tumeur prélevés par biopsie.

Les symptômes du cancer du poumon

Avant l'apparition de symptômes, le cancer broncho-pulmonaire peut être découvert lors d’un bilan pour une autre cause.

Les symptômes susceptibles de révéler un cancer du poumon sont multiples. Il s’agit souvent, au début, de signes qui peuvent paraître tout à fait banaux chez un fumeur ou un ancien fumeur. Devant la persistance d’un symptôme anormal, il est important de consulter son médecin traitant, notamment en cas de tabagisme en cours et même arrêté depuis longtemps.

Il peut s'agir :

  • d'une toux qui persiste sans cause apparente ;
  • d'un essoufflement d'apparition récente ou d'une aggravation de difficultés respiratoires ;
  • de douleurs au niveau du thorax ou des épaules ;
  • de crachats contenant du sang (hémoptysies) ;
  • d'infections pulmonaires répétées : bronchite, pneumonie;
  • d'une modification de la voix (du timbre ou de l'intensité) qui devient souvent enrouée ou voilée ;
  • de sifflements pendant la respiration.

Un avis médical est nécessaire en présence des symptômes suivants :

  • une fatigue anormale (asthénie) ;
  • des difficultés à avaler (dysphagie) ;
  • une perte récente d'appétit ;
  • une perte de poids involontaire.
  • un œdème du cou et des paupières le matin au réveil.

© Blausen Medical

Le diagnostic du cancer du poumon

Le diagnostic du cancer du poumon s'effectue en plusieurs étapes. Le médecin traitant interroge son patient sur les éventuels facteurs de risque et l’examine.

Il prescrit des examens complémentaires :

  • une radiographie pulmonaire,
  • un scanner du thorax avec injection de produit de contraste précédé d’un bilan sanguin pour vérifier le bon fonctionnement des principaux organes (reins, foie...)

S’il existe une moindre suspicion d’anomalie à l'un des examens, la personne est adressée à un médecin spécialiste (pneumologue, cancérologue, chirurgien thoracique...) pour la poursuite du bilan.

Le diagnostic du cancer du poumon ne peut être confirmé que par l'analyse anatomopathologique de fragments de tumeur prélevés par biopsie. Cet examen permet notamment de connaître le type de cancer en cause (cancer à petites cellules ou non à petites cellules).

La biopsie est généralement réalisée lors d'une fibroscopie bronchique. Quand la biopsie par fibroscopie est impossible, l'équipe médicale peut procéder, sous anesthésie locale, à un prélèvement de la tumeur ou de liquide pleural au travers de la paroi du thorax ou à un prélèvement de ganglions.

Selon chaque cas, d'autres examens sont nécessaires pour :

  • faire le bilan d’extension de la tumeur (scanner abdominal, IRM cérébrale…) ;
  • apprécier la fonction respiratoire (spirométrie...) ;
  • estimer le risque cardiovasculaire ;
  • rechercher des contre-indications à certains traitements.

Au terme de ce bilan, on aura ainsi pu déterminer :

  • le type de cancer en cause (cancer à petites cellules ou non à petites cellule) ;
  • la taille de la tumeur, éventuellement son extension à des organes voisins ;
  • l'existence de ganglions envahis par des cellules cancéreuses ;
  • l'existence de métastases.

Tous ces éléments ainsi que la fonction respiratoire, l’état général et les autres pathologies existantes vont conditionner le choix du traitement.

Qu’est-ce qu’une fibroscopie bronchique ?

Souvent nécessaire pour le diagnostic du cancer bronchique, la fibroscopie bronchique permet d'observer l'intérieur de la et des bronches et de réaliser des prélèvements.

Elle s’effectue à l’aide d’un tube fin, cylindrique et souple, pourvu d'une source de lumière (le fibroscope) qui est introduit par une narine à l'intérieur de la et des bronches. Le tube est relié à une micro-caméra, parfois raccordée à une télévision. Ce dispositif permet au médecin de visualiser plus précisément l'état de la paroi des bronches et d'y repérer des anomalies éventuelles. Des prélèvements de tissu (biopsie), des lavages (en introduisant du sérum physiologique) ou des brossages bronchiques (de la paroi à l'aide d'une petite brosse introduite dans le fibroscope) peuvent être réalisés au cours de cet examen, afin de « récolter » des cellules qui seront ensuite analysées.

Elle est habituellement réalisée sous anesthésie locale de la gorge, et dure entre 10 et 20 minutes. Le patient doit impérativement s’abstenir de fumer durant les 24 heures précédant l’intervention et être à jeun depuis 4 heures.

Cet examen n'est pas douloureux, mais il est désagréable. Le plus souvent, la fibroscopie ne génère aucun effet secondaire important. Seuls peuvent survenir quelques saignements du nez, des petits crachats de sang (lorsqu'une biopsie a été effectuée) ou encore une fièvre transitoire.

Une fibroscopie peut être normale même en présence d'un cancer, lorsque celui-ci est loin des bronches accessibles par le fibroscope.

Les complications éventuelles du cancer du poumon

Il existe plusieurs types de complications éventuelles.

Les cellules du cancer peuvent obstruer les bronches en se développant. Le est mal évacué et s'infecte. Cela favorise la survenue d'infections broncho-pulmonaires et de pneumonies.

Les cellules cancéreuses peuvent se propager à d'autres zones du corps et former des cancers secondaires ou métastases. Les métastases se développent, en général, vers d'autres parties des poumons, dans les ganglions, dans les os, le foie ou le cerveau. Les cancers du poumon à petites cellules ont plus tendance à provoquer des métastases que les cancers non à petites cellules.

Votre médecin traitant peut demander la reconnaissance de votre cancer du poumon au titre d'affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec votre maladie seront pris en charge à 100 %, sur la base des tarifs de remboursement de l'Assurance Maladie.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique - Cancers broncho-pulmonaires - Actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 2 décembre 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique - Cancers broncho-pulmonaires - Guide du parcours de soins. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 2 décembre 2015]
  • Institut national du cancer (INCa). Cancer du poumon. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2015 [consulté le 2 décembre 2015]