Les symptômes et le diagnostic du cancer du poumon

27 juillet 2018
En présence d'une hémoptysie (crachat sanglant) ou de symptômes pulmonaires ou généraux persistant anormalement, un bilan est nécessaire pour rechercher un éventuel cancer bronchopulmonaire. Le diagnostic est confirmé par l'analyse de fragments de tumeur prélevés par biopsie lors d'une fibroscopie bronchique.

Les symptômes du cancer du poumon

Avant l'apparition de symptômes, le cancer bronchopulmonaire peut être découvert lors d’un bilan pour un autre motif.

Symptômes respiratoires

Les symptômes respiratoires susceptibles de révéler un cancer du poumon sont multiples. Il s’agit souvent, au début, de signes qui peuvent paraître tout à fait banaux chez un fumeur ou un ancien fumeur.

Devant la persistance d’un symptôme anormal, il est important de consulter son médecin traitant, notamment en cas de tabagisme en cours et même arrêté depuis longtemps, mais également chez toute personne non fumeuse.

Il peut s'agir :

  • d'une toux qui apparaît et qui persiste sans cause apparente ;
  • d'une toux de bronchopneumopathie chronique qui s'aggave ;
  • d'un essoufflement d'apparition récente ou d'une aggravation de difficultés respiratoires ;
  • de douleurs au niveau du thorax ou des épaules ;
  • de crachats contenant du sang (hémoptysies) ;
  • d'infections pulmonaires répétées : bronchite, pneumonie ;
  • d'une modification de la voix (du timbre ou de l'intensité) qui devient souvent enrouée ou voilée ;
  • de sifflements pendant la respiration.

Symptômes non respiratoires

Un avis médical est nécessaire en présence des symptômes suivants :

  • une fatigue anormale (asthénie) ;
  • des difficultés à avaler (dysphagie) ;
  • une perte récente d'appétit ;
  • une perte de poids involontaire ;
  • un œdème du cou et des paupières le matin au réveil dû à la compression de la veine cave supérieure par des ganglions présents dans le thorax ;
  • toute anomalie durable et qui ne régresse par spontanément. En effet, des symptômes accompagnant un cancer du poumon mais sans lien avec les poumons peuvent apparaître. Ils sont regroupés sous le nom de « syndromes paranéoplasiques ».

En l'absence de diagnostic précoce de cancer du poumon, des métastases au niveau du cerveau, des os et du foie peuvent se développer et être responsables de symptômes : maux de tête, douleurs osseuses et ictère (jaunisse).

© Blausen Medical

Le diagnostic du cancer du poumon

Les examens indispensables au diagnostic de cancer du poumon

Le diagnostic du cancer du poumon s'effectue en plusieurs étapes.

Le médecin traitant interroge son patient sur les éventuels facteurs de risque et l’examine.

Il prescrit des examens complémentaires :

  • une radiographie pulmonaire,
  • un bilan sanguin pour vérifier le bon fonctionnement des principaux organes (reins, foie...) avant de programmer un scanner avec injection de produit de contraste,
  • un scanner du thorax, le plus souvent avec injection de produit de contraste.

S’il existe une moindre suspicion d’anomalie concernant les poumons ou les ganglions du thorax, la personne est adressée à un médecin spécialiste (pneumologue, cancérologue, chirurgien thoracique...) pour la poursuite du bilan.

Le diagnostic du cancer du poumon ne peut être confirmé que par l'analyse anatomopathologique de fragments de tumeur prélevés par biopsie. Cet examen permet de connaître précisément le type de cancer en cause (cancer à petites cellules ou non à petites cellules) et ses caractéristiques.

La biopsie est généralement réalisée lors d'une fibroscopie bronchique.

Lorsque la biopsie par fibroscopie est impossible, l'équipe médicale peut procéder, sous anesthésie locale, à un prélèvement de la tumeur ou de liquide pleural au travers de la paroi du thorax ou à un prélèvement de ganglions. L' peut également être réalisée sur les tissus prélevés lors de l'intervention chirurgicale.

Qu’est-ce qu’une fibroscopie bronchique ?

Souvent nécessaire pour le diagnostic du cancer bronchique, la fibroscopie bronchique permet d'observer l'intérieur de la et des bronches et de réaliser des prélèvements.

Elle s’effectue à l’aide d’un tube fin, cylindrique et souple, pourvu d'une source de lumière (le fibroscope) qui est introduit par une narine à l'intérieur de la et des bronches. Le tube est relié à une micro-caméra, parfois raccordée à une télévision. Ce dispositif permet au médecin de visualiser plus précisément l'état de la paroi des bronches et d'y repérer des anomalies éventuelles.

Des prélèvements de tissu (biopsie), des lavages (en introduisant du sérum physiologique) ou des brossages bronchiques (de la paroi à l'aide d'une petite brosse introduite dans le fibroscope) peuvent être réalisés au cours de cet examen, afin de « récolter » des cellules qui seront ensuite analysées.

Elle est habituellement réalisée sous anesthésie locale de la gorge, et dure entre 10 et 20 minutes. Le patient doit impérativement s’abstenir de fumer durant les 24 heures précédant l’intervention et être à jeun depuis 4 heures.

Cet examen n'est pas douloureux, mais il est désagréable. Le plus souvent, la fibroscopie bronchique ne génère aucun effet secondaire important. Seuls peuvent survenir quelques saignements du nez, des petits crachats de sang (lorsqu'une biopsie a été effectuée) ou encore une fièvre transitoire.

Une fibroscopie bronchique peut être normale même en présence d'un cancer, lorsque celui-ci est loin des bronches accessibles par le fibroscope.

Le bilan avant le traitement du cancer du poumon

Selon chaque cas, d'autres examens sont nécessaires pour :

  • faire le bilan d’extension du cancer du poumon (scanner abdominal, IRM cérébrale…) ;
  • apprécier la fonction respiratoire (spirométrie...) ;
  • estimer le risque cardiovasculaire ;
  • rechercher des contre-indications à certains traitements.

Au terme de ce bilan, on aura ainsi pu déterminer :

  • le type précis de cancer en cause (cancer à petites cellules ou non à petites cellule) ;
  • la taille de la tumeur, éventuellement son extension à des organes voisins ;
  • l'existence de ganglions envahis par des cellules cancéreuses ;
  • l'existence de métastases.

Tous ces éléments ainsi que la fonction respiratoire, l’état général et les autres pathologies existantes vont conditionner le choix du traitement.

Reconnaissance du cancer du poumon en ALD

Votre médecin traitant peut demander la reconnaissance de votre cancer du poumon au titre d'affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec votre maladie seront pris en charge à 100 %, sur la base des tarifs de remboursement de l'Assurance Maladie.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique - Cancers broncho-pulmonaires - Actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 12 juin 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique - Cancers broncho-pulmonaires - Guide du parcours de soins. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 12 juin 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer broncho-pulmonaire : le parcours de soins doit préserver en priorité une qualité de vie. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 12 juin 2018]
  • Institut national du cancer (INCa). Cancer du poumon. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2018 [consulté le 12 juin 2018]