Le traitement du cancer colorectal

31 août 2021
Le traitement du cancer colorectal repose essentiellement sur la chirurgie et la chimiothérapie. Il peut être associé à la radiothérapie en cas de cancer du rectum. Le choix du traitement se fait en concertation entre les médecins et avec l'accord du malade.

Le choix du traitement du cancer colorectal

Le traitement du cancer colorectal est adapté à chaque cas

Il existe, pour chaque patient, de nombreux critères à prendre en compte afin d’orienter le choix du traitement. Ces critères sont médicaux :

  • type de cancer ;
  • stade d’évolution ;
  • éléments biologiques ;
  • âge de la personne malade ;
  • état général, psychologique, statut socioprofessionnel, etc.

Le traitement est établi en concertation entre les médecins et avec l'accord du malade

Les modalités du traitement d’un cancer colorectal sont adaptées à chaque cas et décidées dans le cadre d’une concertation entre chirurgien, , et médecin traitant.

L’équipe soignante informe et discute avec le patient :

  • des traitements envisagés ;
  • des effets indésirables éventuels de la chirurgie, de la radiothérapie, de la chimiothérapie et des thérapies ciblées ;
  • de la maîtrise du traitement à domicile ;
  • de la planification du suivi après traitement.

Le traitement fait appel, selon chaque cas, à une ou plusieurs techniques (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, thérapies ciblées). Il est expliqué au malade, lors d’une consultation spécifique. Si le malade donne son accord pour le traitement proposé, celui-ci lui est remis sous la forme d’un document appelé « programme personnalisé de soins » (PPS).

Les types de traitement du cancer colorectal

En fonction de chaque situation, différents types de traitement peuvent être envisagés, seuls ou le plus souvent en association.

Le traitement chirurgical du cancer du colon ou du rectum

La chirurgie est le traitement principal du cancer colorectal.

Le traitement chirurgical est précédé d'une consultation pré-anesthésie.
Il est réalisée par laparotomie (ouverture de la paroi abdominale) ou par cœlioscopie. Il consiste à enlever la totalité de la tumeur et certains tissus sains environnants (en particulier les ganglions correspondants). Il est souvent nécessaire d’enlever la partie du côlon (colectomie partielle) ou du rectum où se trouve la tumeur.

Le chirurgien peut ensuite recoudre bout à bout les parties saines de l’intestin. Si cette dernière opération n’est pas possible, le côlon est alors rattaché à une ouverture dans la paroi de l’abdomen. Par cette ouverture, le contenu du côlon est évacué dans une poche qu’il faut changer régulièrement. Cette intervention, appelée , peut être permanente ou temporaire. La plupart des personnes réussissent à vivre le plus normalement possible avec leur .

Tabac et chirurgie

L'arrêt du tabac permet de diminuer le risque de complications post-opératoires.

Après l'intervention, une surveillance est nécessaire pour rechercher d'éventuelles complications :

  • fistule par défaut de cicatrisation de la suture entre les deux parties restantes du côlon,
  • saignement intra abdominal,
  • abcès de paroi,
  • infection urinaire,
  • pneumonie,
  • phlébite,
  • diarrhée...

La

Schéma représentant une colostomie, afin de placer une poche de colostomie à la suite du gros intestin (cf. description détaillée ci-après)

Une colostomie est une intervention chirurgicale courante en cas de cancer colorectal.

Après l’ablation de la zone tumorale dans le gros intestin, un segment du colon est raccordé à une stomie, ouverture réalisée sur la paroi abdominale. Cette ouverture permet l’évacuation des matières fécales, non par l’anus mais dans une poche de colostomie collée sur le ventre.

 

 

Le traitement du cancer colorectal par radiothérapie

La radiothérapie est utilisée dans certains cas de cancer du rectum. Elle permet de détruire les cellules cancéreuses grâce à des rayons X de haute énergie.

Elle peut également être utilisée pour le traitement de métastases des cancers colrectaux.

Il existe des effets secondaires à la radiothérapie : rougeur de la peau, un peu comme après un coup de soleil, voire boursouflure, diarrhée et fatigue. Ces effets secondaires s’estompent habituellement une fois que le traitement est terminé et que les cellules se sont régénérées.

Le traitement par médicaments anticancéreux du cancer colorectal

La chimiothérapie

Dans certains cas, la chimiothérapie est nécessaire pour traiter efficacement un cancer du côlon ou du rectum.

Selon les situations, une chimiothérapie peut être pratiquée après la chirurgie pour éviter le risque de propagation des cellules cancéreuses. Elle peut également être nécessaire au traitement de métastases.

La chimiothérapie est administrée, le plus souvent, par injection dans une veine, mais aussi sous forme de comprimés.

En cas d'administration par voie veineuse, la mise en place d’une chambre implantable est nécessaire. Il s’agit d’un petit boîtier placé sous la peau (généralement au niveau du thorax), relié à un cathéter (tuyau souple et fin glissé dans une veine). Ce dispositif reste en place en permanence, pendant toute la durée de la chimiothérapie, puis de la surveillance après traitement. Il est placé sous anesthésie locale et enlevé de la même manière à la fin du traitement. Il permet d’injecter les médicaments à travers la peau tout en préservant les veines du patient.
Des patchs d'anesthésiants cutanés limitent la douleur lors du passage de l'aiguille à travers la peau. La chambre implantable offre aussi un meilleur confort de vie, car elle permet de poursuivre les activités quotidiennes.

Les effets secondaires de la chimiothérapie (nausées, inflammation de la bouche et aphtes, diarrhée ou constipation, fourmillements, perte des cheveux, fatigue, anomalies sanguines avec baisse des globules rouges, blancs et plaquettes) sont temporaires et non systématiques. D’importants progrès ont été réalisés pour les minimiser.

Les thérapies ciblées

La recherche médicale a mis au point de nouveaux médicaments appelés thérapies ciblées.

Il s'agit d'anticorps monoclonaux "anti-cancer". Ce sont des anticorps produits en laboratoire, à partir d’un clone de cellule (d’où le terme monoclonal) qui ont la capacité de repérer et de bloquer certains mécanismes spécifiques de croissance et multiplication des cellules cancéreuses. Non dirigés vers les cellules saines, ces médicaments entraînent souvent moins d’effets secondaires que les chimiothérapies classiques.

Dans certains cas de cancer colorectal, un traitement par ces thérapies ciblées peut être proposé. Ces médicaments sont utilisés en complément de la chimiothérapie. Ils sont administrés en perfusion.

  • Haute Autorité de santé (HAS). Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique - Cancer colorectal. Adénocarcinome. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 30 août 2021]
  • Institut national du cancer (INCa). Le cancer du côlon. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2021 [consulté le 30 août 2021]
  • Institut national du cancer (INCa). Le cancer du rectum. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2021 [consulté le 30 août 2021]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer colorectal : modalités de dépistage et de prévention chez les sujets à risque élevé et très élevé. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 30 août 2021]
  • Collégiale des universitaires en hépato-gastro-entérologie. Tumeurs du côlon et du rectum. ECN 2018. 3ème édition Elsecier Masson
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer colorectal. Actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 30 août 2021]