Le traitement du cancer colorectal

21 février 2019
Le traitement du cancer colorectal repose essentiellement sur la chirurgie et la chimiothérapie. Il peut être associé à la radiothérapie en cas de cancer du rectum. Le choix du traitement se fait en concertation entre les médecins et avec l'accord du malade.

Le choix du traitement du cancer colorectal

Le traitement du cancer colorectal est adapté à chaque cas

Il existe, pour chaque patient, de nombreux critères à prendre en compte afin d’orienter le choix du traitement. Ces critères sont médicaux :

  • type de cancer ;
  • stade d’évolution ;
  • éléments biologiques ;
  • âge de la personne malade ;
  • état général, psychologique, statut socioprofessionnel, etc.

Le traitement est établi en concertation entre les médecins et avec l'accord du malade

Les modalités du traitement d’un cancer colorectal sont adaptées à chaque cas et décidées dans le cadre d’une concertation entre chirurgien, , et médecin traitant.

L’équipe soignante informe et discute avec le patient :

  • des traitements envisagés ;
  • des effets indésirables éventuels de la chirurgie, de la radiothérapie, de la chimiothérapie et des thérapies ciblées ;
  • de la maîtrise du traitement à domicile ;
  • de la planification du suivi après traitement.

Le traitement fait appel, selon chaque cas, à une ou plusieurs techniques (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, thérapies ciblées). Il est expliqué au malade, lors d’une consultation spécifique. Si le malade donne son accord pour le traitement proposé, celui-ci lui est remis sous la forme d’un document appelé « programme personnalisé de soins » (PPS).

Les types de traitement du cancer colorectal

En fonction de chaque situation, différents types de traitement peuvent être envisagés, seuls ou le plus souvent en association.

La chirurgie est le traitement principal du cancer colorectal.

Le traitement chirurgical varie selon la taille de la tumeur :

  • la résection d'un polype montrant une lésion cancéreuse très limitée, lors de la coloscopie est parfois suffisante.
  • dans la plupart des cas, la chirurgie est indispensable. Elle est réalisée par laparotomie (ouverture de la paroi abdominale) ou par cœlioscopie.

Elle consiste à enlever la totalité de la tumeur et certains tissus sains environnants (en particulier les ganglions correspondants). Il est souvent nécessaire d’enlever la partie du côlon (colectomie partielle) ou du rectum où se trouve la tumeur.

Le chirurgien peut ensuite recoudre bout à bout les parties saines de l’intestin. Si cette dernière opération n’est pas possible, le côlon est alors rattaché à une ouverture dans la paroi de l’abdomen. Par cette ouverture, le contenu du côlon est évacué dans une poche qu’il faut changer régulièrement. Cette intervention, appelée , peut être permanente ou temporaire. La plupart des personnes réussissent à vivre le plus normalement possible avec leur .

Après l'intervention, une surveillance est nécessaire pour rechercher d'éventuelles complications :

  • fistule par défaut dze cicatrisation de la suture entre les deux parties restantes du côlon,
  • saignement intra abdominal,
  • abcès de paroi,
  • infection urinaire,
  • pneumonie,
  • phlébite,
  • diarrhée...

 

La

Schéma représentant une colostomie, afin de placer une poche de colostomie à la suite du gros intestin (cf. description détaillée ci-après)

 

La radiothérapie est peu utilisée dans le traitement du cancer colorectal.

Dans certains cas de cancer du rectum, elle permet de détruire les cellules cancéreuses grâce à des rayons X de haute énergie. Elle peut également être utilisée pour le traitement de métastases.

Il existe des effets secondaires à la radiothérapie : rougeur de la peau, un peu comme après un coup de soleil, voire boursouflure, diarrhée et fatigue. Ces effets secondaires s’estompent habituellement une fois que le traitement est terminé et que les cellules se sont régénérées.

 

Dans certains cas, la chimiothérapie est nécessaire pour traiter efficacement un cancer du côlon ou du rectum.

Selon les situations, une chimiothérapie peut être pratiquée après la chirurgie pour éviter le risque de propagation des cellules cancéreuses. Elle peut également être nécessaire au traitement de métastases.

La chimiothérapie est administrée, le plus souvent, par injection dans une veine, mais aussi sous forme de comprimés.

En cas d'administration par voie veineuse, la mise en place d’une chambre implantable est nécessaire. Il s’agit d’un petit boîtier placé sous la peau (généralement au niveau du thorax), relié à un cathéter (tuyau souple et fin glissé dans une veine). Ce dispositif reste en place en permanence, pendant toute la durée de la chimiothérapie, puis de la surveillance après traitement. Il est placé sous anesthésie locale et enlevé de la même manière à la fin du traitement. Il permet d’injecter les médicaments à travers la peau tout en préservant les veines du patient.
Des patchs d'anesthésiants cutanés limitent la douleur lors du passage de l'aiguille à travers la peau. La chambre implantable offre aussi un meilleur confort de vie, car elle permet de poursuivre les activités quotidiennes.

Les effets secondaires de la chimiothérapie (nausées, inflammation buccale et aphtes, diarrhée ou constipation, fourmillements, perte des cheveux, fatigue, anomalies sanguines avec baisse des globules rouges, blancs et plaquettes) sont temporaires et non systématiques. D’importants progrès ont été réalisés pour les minimiser.

La recherche médicale a mis au point de nouveaux médicaments appelés thérapies ciblées.

Il s'agit d'anticorps monoclonaux "anti-cancer". Ce sont des anticorps produits en laboratoire, à partir d’un clone de cellule (d’où le terme monoclonal) qui ont la capacité de repérer et de bloquer certains mécanismes spécifiques des cellules cancéreuses. Non dirigés vers les cellules saines, ces médicaments entraînent souvent moins d’effets secondaires que les chimiothérapies classiques.

Dans certains cas de cancer colorectal, un traitement par ces thérapies ciblées peut être proposé. Ces médicaments sont utilisés en complément de la chimiothérapie. Ils sont administrés en perfusion.

  • Haute Autorité de santé (HAS). Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique - Cancer colorectal. Adénocarcinome. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 17 décembre 2018]
  • Institut national du cancer (INCa). Le cancer colorectal. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2017 [consulté le 17 décembre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer colorectal. Actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 17 décembre 2018]