Les symptômes et le diagnostic du cancer du col de l'utérus

19 novembre 2018
Un cancer du col de l'utérus peut être suspecté lors d'un frottis de dépistage ou plus tardivement en présence de symptômes. Le diagnostic est confirmé par l'analyse des prélèvements des lésions suspectes (biopsies).

Les symptômes du cancer du col de l'utérus

Au début de son évolution, le cancer du col de l’utérus se développe sans provoquer de symptôme particulier. Il peut alors être diagnostiqué à un stade très précoce, lors du suivi gynécologique, grâce aux frottis réguliers de dépistage.

Si le cancer évolue, des symptômes apparaissent et doivent alerter :

  • saignements vaginaux après les rapports sexuels ;
  • saignements vaginaux spontanés en dehors de la période des règles ;
  • douleurs au moment des rapports sexuels ;
  • pertes vaginales ;
  • douleurs dans le bas-ventre ;
  • douleurs lombaires.

Ces symptômes ne sont pas spécifiques du cancer du col de l'utérus et peuvent être dus à tout autre chose. Il ne faut cependant pas les négliger. En leur présence, une consultation médicale est indispensable.

Le diagnostic du cancer du col de l'utérus

Certains symptômes ou le résultat anormal d’un frottis peuvent évoquer un cancer du col de l’utérus.

Après un examen clinique et gynécologique, le médecin gynécologue demande des examens complémentaires.

La confirmation du diagnostic d’un cancer du col de l’utérus repose sur l’analyse de fragments de tissu (biopsies) prélevés au niveau du col de l’utérus lors d'une colposcopie ou par conisation.

La colposcopie

La colposcopie est un examen qui consiste à observer le vagin et le col de l’utérus à l’aide d’un et d’une loupe binoculaire.

L'examen se déroule au cabinet du gynécologue. Le médecin insère d’abord un dans le vagin, afin d’en écarter les parois. Il examine ensuite la surface du col de l’utérus et du vagin à l’aide d’un "colposcope", sorte de loupe munie d’une lumière à son extrémité. Afin de mieux voir les zones anormales, il peut aussi tamponner un liquide sur le col.

Le médecin prélève par biopsie un ou plusieurs échantillons de tissus provenant du col de l’utérus. Cette procédure peut causer de l’inconfort, mais elle ne dure que quelques minutes.

Après l’examen, il est possible que surviennent de faibles crampes s’apparentant aux douleurs menstruelles et de légers saignements vaginaux durant quelques jours.

La biopsie conique ou conisation du col de l'utérus

La biopsie conique ou conisation permet de prélever un fragment de forme conique des lésions plus difficilement accessibles du col de l’utérus.

Cet examen est réalisé sous anesthésie ( ou générale) en structure de chirurgie ambulatoire. Parfois, l’intervention permet de retirer toutes les cellules cancéreuses et aucun autre traitement n’est alors nécessaire.

Durant deux à quatre semaines suivant la conisation, la patiente peut ressentir de légères crampes, de l’inconfort et des saignements vaginaux. Il est également déconseillé d’avoir des relations sexuelles et d’utiliser des tampons pendant cette période.

L'examen anatomocytopathologique établit le diagnostic de cancer du col de l'utérus

Les fragments de tissus prélevés par biopsie lors de la colposcopie ou lors de la conisation font l'objet d'une analyse anatomocytopathologique (analyse des tissus et des cellules) qui permet de détecter la présence de cellules cancéreuses et d’en définir le type.

Cancer du col de l'utérus et reconnaissance en affection de longue durée

Si vous souffrez d’un cancer du col de l'utérus, votre médecin traitant peut demander sa reconnaissance au titre d'affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec votre maladie seront pris en charge à 100 %, sur la base des tarifs de remboursement de l’Assurance Maladie.

Le bilan complémentaire avant la mise en route du traitement d'un cancer du col de l'utérus

Si un cancer du col de l’utérus est diagnostiqué, des examens complémentaires sont réalisés pour déterminer si le cancer s’est étendu au-delà du col de l’utérus, aux organes voisins ou à d’autres parties du corps plus éloignées (métastases).

En général, une IRM du pelvis est demandée mais, dans certains cas, d’autres examens peuvent être nécessaires comme :

  • une par émission de positons (TEP) : cet examen permet de réaliser des images en coupes du corps, après injection dans le sang d’un traceur, un produit faiblement radioactif. Ce traceur a la particularité de se fixer sur les cellules cancéreuses. La TEP fournit des images de la répartition du traceur et donc des cellules cancéreuses dans tout le corps,
  • une cystoscopie (examen de la vessie par ),
  • une rectoscopie (examen du rectum par ).

Un bilan sanguin adapté à chaque patiente et à la nature du traitement envisagé est également effectué.

Sources
  • Institut national du cancer (INCa). Le cancer du col de l'utérus. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2015 [consulté le 19 novembre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer invasif du col utérin. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 19 novembre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations sur le cancer invasif du col utérin. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 19 novembre 2018]
  • Société canadienne du cancer. Qu'est-ce le cancer du col de l'utérus ? Site internet : Société canadienne du cancer. Toronto (Canada) ; 2017 [consulté le 19 novembre 2018]
  • Caisse nationale de l'Assurance Maladie (CNAM). Arrêt de travail. Conisation du col de l’utérus, après avis de la HAS. Site internet : ameli. Paris ; 2011 [consulté le 19 novembre 2018]