Le suivi médical et la vie quotidienne après un cancer du col de l'utérus

10 mars 2017
Après le traitement d'un cancer du col de l'utérus, un suivi par l’équipe médicale est indispensable. Il comprend des consultations régulières et des examens complémentaires éventuels. Ces rendez-vous sont l’occasion d’échanger avec votre médecin.

Le suivi médical après un cancer du col de l'utérus

Lors d'un cancer du col de l'utérus, un suivi médical vous est proposé pour :

  • détecter et traiter d'éventuels effets indésirables tardifs ;
  • détecter le plus tôt possible des signes d'une éventuelle récidive ;
  • vous accompagner pour améliorer votre qualité de vie, y compris sur le plan de la sexualité ;
  • faciliter la réinsertion sociale et professionnelle ;
  • dépister éventuellement un second cancer (vulve, vagin).

Votre médecin traitant effectue cette surveillance en coordination avec les médecins spécialistes qui vous ont soignée.

Le suivi dépend du traitement que vous avez reçu. Vous devez consulter votre médecin régulièrement. Ces consultations ont lieu en général tous les 4 mois pendant 2 ans, puis tous les 6 mois pendant les 3 années suivantes et ensuite tous les ans.

Votre médecin traitant vous interroge sur votre état de santé. Il vous examine et pratique un examen gynécologique complet. S’il le juge nécessaire, il peut demander des examens complémentaires : frottis cervico-utérin après conisation, analyse de sang ou examens d’imagerie.

Voici quelques conseils :

  • discutez avec votre médecin des effets indésirables des traitements et cherchez avec lui les moyens de les atténuer ou de les prévenir ;
  • consultez votre médecin devant tout symptôme qui vous paraîtrait anormal ;
  • de manière générale, posez toutes les questions que vous souhaitez pendant les consultations, et pensez à noter vos nouvelles questions entre deux rendez-vous.

La vie au quotidien après un cancer du col de l'utérus

Après un cancer du col de l’utérus, il est parfois nécessaire de modifier ses habitudes.

Voici quelques conseils :

  • Conservez une alimentation équilibrée et suffisante, même lorsque vous manquez d'appétit.
  • Essayez de rester active, tant pour votre moral que pour votre état de santé général.
  • Dormez suffisamment.
  • Le tabac augmentant les risques de cancer, il est préférable d'arrêter de fumer.
  • Si vous avez eu une chimiothérapie et que vous avez perdu vos cheveux, prenez conseil auprès d’un coiffeur ou d’une esthéticienne ; si vous souhaitez porter une prothèse capillaire, sachez que l’Assurance Maladie la prend en charge sur une base forfaitaire.

Avant de reprendre une activité physique, quelques règles sont à respecter.

  • Après conisation, la reprise des activités sportives et de loisir est possible sans restriction après cicatrisation et en dehors d'éventuelles complications.
  • Après ou colpo- , le port de charges lourdes (plus de 5 kg) est déconseillé pendant 3 semaines environ. Les activités physiques telles qu'une marche d’une demi-heure à une heure, ou la natation sont possibles 2 à 3 semaines après l'opération. Il faut attendre 6 semaines pour pratiquer des sports plus violents.
    Les voyages prolongés en voiture, en train ou en avion sont déconseillés pendant 2 semaines environ.
    La conduite automobile est en général possible après quelques jours pour les interventions sous , après 2 semaines pour les interventions par voie vaginale, au bout de 3 semaines après une laparotomie (ouverture de la paroi abdominale).

Si vous exercez une activité professionnelle, un arrêt de travail vous est prescrit.

Si vous avez subi une conisation sans autre traitement, l'arrêt de travail est court et sa durée est adaptée à votre situation. Dans la majorité des cas, 3 à 5 jours d'arrêt sont suffisants.

Si vous avez subi une ou une colpo- , la durée de l'arrêt de travail est adaptée à votre situation personnelle. Elle dépend de plusieurs facteurs :

  • l’âge ;
  • la nature de l’intervention (ablation de l’utérus seul, ou ablation de l’utérus et des tissus environnants) ;
  • la technique chirurgicale employée (l’arrêt est plus court en cas d’intervention par voie vaginale par exemple) ;
  • la nature de votre activité (l’arrêt est plus long en cas de travail très physique) ;
  • la durée des transports pour vous rendre à votre travail ;
  • les traitements complémentaires éventuellement nécessaires (chimiothérapie ou radiothérapie).

Si votre santé s’améliore et si vous voulez reprendre votre activité, parlez à votre médecin de vos conditions de travail (transports, type d’activité, etc.) Il peut vous orienter vers votre médecin du travail pour une visite de pré-reprise. Cette consultation permet d'évaluer votre aptitude aux fonctions que vous exercez et de proposer si nécessaire :

  • des mesures spécifiques (adaptation du poste de travail par exemple) ;
  • une reprise à temps partiel pour motif thérapeutique, facilitant la reprise progressive du temps plein.

Partagez vos émotions avec vos proches et faites part de vos difficultés à l'équipe médicale si un état dépressif ou si des troubles de la sexualité apparaissent : elle mettra en place un soutien approprié.

Sources
  • Institut national du cancer (INCa). Le cancer du col de l'utérus. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2015 [consulté le 28 janvier 2016
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer invasif du col utérin. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 28 janvier 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations sur le cancer invasif du col utérin. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 28 janvier 2016]
  • Société canadienne du cancer. Qu'est-ce le cancer du col de l'utérus ? Site internet : Société canadienne du cancer. Toronto (Canada) ; 2015 [consulté le 28 janvier 2016]
  • Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). Arrêt de travail. Conisation du col de l’utérus, après avis de la HAS. Paris ; 2011 [consulté le 28 janvier 2016]
  • Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). Arrêt de travail. Hystérectomie, après avis de la HAS. Paris ; 2011 [consulté le 28 janvier 2016]