Prévenir le cancer du col de l’utérus

Il y a deux moyens efficaces pour prévenir le cancer du col de l'utérus : le frottis de dépistage qui va détecter des cellules pré-cancéreuses du col ou la présence du virus HPV et la vaccination contre les papillomavirus humains.

Le frottis de dépistage du cancer du col de l'utérus

Le dépistage du cancer du col de l'utérus est proposé dans les conditions suivantes pour toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans, sauf indication contraire du médecin.

Il est réalisé grâce à un frottis du col de l'utérus qui recherche, selon l'âge de la personne :

  • la présence de cellules du col anormales au niveau du col de l’utérus, pour les jeunes femmes âgées de 25 à 29 ans ;
  • la présence du virus HPV entre 30 et 65 ans.

Pour en savoir plus, lire l'article Les modalités du dépistage du cancer du col de l'utérus.

Qu’est-ce que le dépistage ?

Le dépistage est une démarche qui permet de diagnostiquer tôt certains cancers. Il vise à détecter, en l’absence de symptômes, des lésions susceptibles d’être cancéreuses ou d’évoluer vers un cancer. On parle ainsi de dépistage lorsqu’on réalise des examens de surveillance alors qu’on se sent a priori en bonne santé.

La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV)

La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) permet de prévenir les infections par les papillomavirus les plus fréquents, responsables, chez la femme, de 70 à 90 % des cancers du col de l’utérus.

La vaccination renforce les mesures de prévention du cancer du col de l'utérus, mais ne se substitue pas au dépistage. En effet, la vaccination ne protège ni contre tous les cancers du col de l’utérus ni contre toutes les lésions précancéreuses. Donc, même vaccinées, les femmes doivent bénéficier du dépistage en réalisant un frottis du col de l'utérus permettant une analyse des cellules du col ou la réalisation d'un test HPV selon les recommandations en vigueur.

Consulter l'infographie interactive proposée par l'Institut national du cancer La vaccination contre les cancers HPV pour les filles et les garçons dès 11 ans

Le vaccin contre les infections à papillomavirus humains : pour qui ?

Le vaccin est recommandé pour toutes les jeunes filles et également tous les garçons âgés de 11 à 14 ans révolus.

Le vaccin est d'autant plus efficace que les jeunes filles et les jeunes garçons n'ont pas encore été exposés au risque d'infection par le HPV.

En rattrapage, le vaccin est recommandé pour les personnes des deux sexes de 15 à 19 ans révolus non encore vaccinées.

La vaccination HPV  est recommandée pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), jusqu’à l’âge de 26 ans révolus en prévention des lésions précancéreuses anales, des cancers anaux et des condylomes.

Quels vaccins contre le papillomavirus sont-ils disponibles ?

Deux vaccins sont utilisables :

  • un vaccin bivalent (qui protège contre les virus de types 16,18) : Cervarix® ;
  • un vaccin nonavalent (qui protège en plus contre les virus de type 31, 33, 45, 52 et 58) : Gardasil 9®.

Les vaccins ne sont pas interchangeables et toute vaccination initiée avec l'un d'eux doit être achevée avec le même vaccin.

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande que toute nouvelle vaccination soit initiée avec le vaccin Gardasil® 9 pour les personnes non antérieurement vaccinées.

Ce vaccin protège contre les infections dues aux HPV de type 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58, qui sont en cause dans 90 % des cancers du col de l'utérus, 80 % des cancers de l’anus et 90 % des verrues anogénitales (condylomes).

Déroulement de la vaccination HPV

Vaccination avec Gardasil 

Le schéma vaccinal pour le Gardasil 9® est adapté à la personne concernée :

  • pour les jeunes filles et garçons âgés de 11 à 14 ans révolus, la vaccination se déroule en 2 injections espacées de 6 à 13 mois ;
  • pour les filles et garçons âgés de 15 à 19 ans révolus, 3 injections sont nécessaires. La 2e injection a lieu 2 mois après la 1re et la 3e est faite 6 mois après la 1re ;
  • pour les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, jusqu’à 26 ans révolus : 3 doses sont administrées. La 2e dose a lieu 2 mois après la 1re et la 3e dose a lieu 6 mois après la 1re.

Vaccination avec Cervarix ®

Le vaccin bivalent Cervarix® est utilisé uniquement chez les filles, si le schéma vaccinal a été initié avec ce vaccin.

Le schéma vaccinal pour le Cervarix® dépend de l’âge :

  • pour les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans révolus : la vaccination se déroule en 2 injections espacées de 6 mois ;
  • pour les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans révolus, 3 doses sont administrées. La 2e dose a lieu 1 mois après la 1re et la 3e dose a lieu 6 mois après la 1re.

Qui vaccine ?

La vaccination HPV peut être réalisée :

  • par un médecin ou une sage-femme ;
  • par un infirmier sur prescription d'un médecin ou d'une sage-femme ;
  • dans un centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD), un centre de planification familiale et certains centres de vaccination publics.

Quelle prise en charge pour le vaccin contre les papillomavirus humains ?

Le vaccin contre l'infection à papillomavirus humain (HPV) fait partie des vaccins pris en charge par l'Assurance Maladie. Il est, à ce titre, remboursé, sur prescription médicale, à 65 %. Les organismes complémentaires interviennent habituellement pour compléter le remboursement. La vaccination peut être gratuite dans certains centres de vaccination.

Zoom sur la campagne de vaccination contre HPV

À la rentrée 2023, une campagne nationale de vaccination contre le papillomavirus est lancée dans près de 7 000 collèges publics et privés volontaires, pour l'ensemble des élèves en classe de 5e qui n’ont pas encore bénéficié d’une protection vaccinale.

À partir de la fin du mois d'octobre, filles et garçons pourront se faire vacciner gratuitement au sein de leur établissement scolaire, s’ils le souhaitent et sur présentation de l’accord de leurs parents.

Afin de sensibiliser les parents et les élèves concernés, une grande campagne d'information portée par l'Institut national du cancer (INCa) a démarré le 4 septembre. Un kit leur sera remis au cours du mois de septembre par l’intermédiaire de l’établissement scolaire, comprenant :

  • un courrier expliquant la démarche ;
  • un dépliant expliquant les enjeux de cette vaccination pour la santé de leurs enfants et les orientant vers des sources d’information complémentaires ;
  • une autorisation de vaccination à signer par les parents ;
  • une enveloppe de retour pour l’autorisation à remettre à l’établissement scolaire.

Une expérimentation dans la région Grand Est menée pendant 2 ans auprès des jeunes scolarisés en classe de 5e, a permis de faire passer le taux de vaccination de 9 à 27 % la première année et de 14 à 31 % la seconde.

La généralisation de cette campagne de vaccination offrira chaque année à 800 000 élèves la possibilité de se protéger contre les cancers liés aux HPV.

La vaccination contre HPV au collège est gratuite.

Vaccination contre le papillomavirus : recommandations particulières

Pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), la vaccination HPV par Gardasil 9® est recommandée jusqu’à l’âge de 26 ans révolus en prévention des lésions précancéreuses anales, des cancers anaux et des condylomes. Le vaccin peut être proposé dans les CeGIDD ainsi que dans les centres publics de vaccination afin de permettre un accès gratuit à la vaccination.

Pour les personnes immunodéprimées, la vaccination est recommandée chez les garçons comme chez les filles aux mêmes âges que dans la population générale avec rattrapage jusqu'à l'âge de 19 ans révolus. Si un enfant est candidat à une transplantation d'organe solide, la vaccination peut être faite dès l'âge de 9 ans.

Le Haut Conseil de la santé publique recommande que la vaccination des hommes ayant des relations avec les hommes et des personnes immunodéprimées soit initiée par le vaccin nonavalent Gardasil 9®.

La source média référencée est manquante et doit être réintégrée.

Comprendre avec des images et des mots simples

Vous pouvez lire la bande dessinée Gynéco – Le dépistage du cancer du col de l’utérus sur le site santebd.org. La BD décrit de manière simple en quoi consiste le dépistage du cancer du col de l’utérus et comment se déroule cet examen. Mise en garde : cette BD présente des scènes de nudité à caractère sexuel et n'est pas adaptée à de jeunes enfants. Il est recommandé de la consulter avec un parent, un éducateur ou un professionnel de santé.

Ce document a été réalisé par l’association CoActis Santé avec des personnes en situation de handicap. Il contient des images et des mots simples. C’est pourquoi il est facile à lire et à comprendre (FALC).

  • Ministère de la santé et de la prévention. Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2023. Site internet : Ministère de la santé et de la prévention. Paris (France) ; 2023 [consulté le 21 juin 2023]
  • Haut Conseil de la santé publique. Prévention des infections à HPV : place du vaccin Gardasil 9®. Site internet : Hcsp. Paris ; 2019 [consulté le 13 mars 2019]
  • Santé publique France. Dépistage du cancer du col de l’utérus. Site internet : Santé publique France. Saint Maurice (France) ; 2022 [consulté le 21 juin 2023]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Dépistage du cancer du col de l’utérus : le test HPV-HR recommandé chez les femmes de plus de 30 ans. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2020 [consulté le 21 juin 2023]
  • Institut national du cancer (INCa). Le cancer du col de l'utérus. Lésions précancéreuses. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2023 [consulté le 20 juin 2023]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Dépistage du cancer du col de l’utérus. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2020 [consulté le 20 juin 2023]
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