Prévenir le cancer du col de l’utérus

12 octobre 2020
Il y a deux moyens efficaces pour prévenir le cancer du col de l'utérus : le frottis de dépistage qui va détecter des cellules pré-cancéreuses du col ou la présence du virus HPV et la vaccination contre les papillomavirus humains.

Le frottis de dépistage du cancer du col de l'utérus

Le dépistage du cancer du col de l'utérus est proposé dans les conditions suivantes pour toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans (ou de 20 à 65 ans dans les départements d’outre-mer), sauf indication contraire du médecin.

Il est réalisé grâce à un frottis du col de l'utérus qui recherche, selon l'âge de la personne :

  • la présence de cellules du col anormales au niveau du col de l’utérus, pour les jeunes femmes âgées de 25 à 29 ans,
  • la présence du virus HPV entre 30 et 65 ans.

Pour en savoir plus, lire l'article : "Les modalités du dépistage du cancer du col de l'utérus "

Qu’est-ce que le dépistage ?

Le dépistage est une démarche qui permet de diagnostiquer tôt certains cancers. Il vise à détecter, en l’absence de symptômes, des lésions susceptibles d’être cancéreuses ou d’évoluer vers un cancer. On parle ainsi de dépistage lorsqu’on réalise des examens de surveillance alors qu’on se sent a priori en bonne santé.

La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV)

La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) permet de prévenir les infections par les papillomavirus les plus fréquents, responsables, chez la femme, de 70 à 90 % des cancers du col de l’utérus.

La vaccination renforce les mesures de prévention du cancer du col de l'utérus, mais ne se substitue pas aux mesures de prévention (dépistage des lésions du col par le frottis ou test HPV). En effet, la vaccination ne protège ni contre tous les cancers du col de l’utérus ni contre toutes les lésions précancéreuses. Donc, même vaccinées, les femmes doivent bénéficier du dépistage en réalisant un frottis du col de l'utérus ou d'un test HPV selon les recommandations en vigueur.

Le vaccin contre les infections à papillomavirus humains : pour qui ?

Le vaccin est recommandé pour toutes les jeunes filles et également tous les garçons (à compter du 1er janvier 2021) âgés de 11 à 14 ans révolus. Le vaccin est d'autant plus efficace que les jeunes filles et les jeunes garçons n'ont pas encore été exposés au risque d'infection par le HPV.

En rattrapage, le vaccin est recommandé pour les personnes des deux sexes de 15 à 19 ans révolus non encore vaccinées.

Quels vaccins contre le papillomavirus sont-ils disponibles ?

Trois vaccins sont utilisables :

  • un vaccin bivalent (qui protège contre les virus de types 16,18) : Cervarix®,
  • un vaccin quadrivalent (qui protège contre les virus de types 6,11,16,18) : Gardasil®,
  • un vaccin nonavalent (qui protège en plus contre les virus de type31, 33, 45, 52 et 58) : Gardasil 9®.

Les vaccins ne sont pas interchangeables et toute vaccination initiée avec l'un d'eux doit être achevée avec le même vaccin.

Le Haut Conseil de la santé publique recommande que toute nouvelle vaccination soit initiée avec le vaccin nonavalent Gardasil 9®.

Déroulement de la vaccination HPV par le vaccin nonavalent (Gardasil 9®)

  • La vaccination se déroule en deux injections espacées de 6 à 13 mois pour les jeunes filles et garçons âgés de 11 à 14 ans révolus.
  • Entre 15 à 19 ans révolus, trois injections sont nécessaires selon le schéma suivant : la deuxième injection a lieu 2 mois après la première et la troisième est faite 6 mois après la première.

Qui vaccine ?

La vaccination HPV peut être réalisée :

  • par un médecin ou une sage-femme,
  • par un infirmier sur prescription d'un médecin ou d'une sage-femme,
  • dans un centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), un centre de planification familiale et certains centres de vaccination publics.

Quelle prise en charge pour le vaccin contre les papillomavirus humains?

Le vaccin contre l'infection à papillomavirus humain (HPV) fait partie des vaccins pris en charge par l'Assurance Maladie. Il est, à ce titre, remboursé, sur prescription médicale, à 65 %. Les organismes complémentaires interviennent habituellement pour compléter le remboursement. La vaccination peut être gratuite dans certains centres de vaccination.

Vaccination contre le papillomavirus : recommandations particulières

Pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), la vaccination HPV par Gardasil® ou Gardasyl 9® est recommandée jusqu’à l’âge de 26 ans révolus en prévention des lésions précancéreuses anales, des cancers anaux et des condylomes. Le vaccin peut être proposé dans les CeGIDD ainsi que dans les centres publics de vaccination afin de permettre un accès gratuit à la vaccination.

Pour les personnes immunodéprimées, la vaccination est recommandée chez les garçons comme chez les filles aux mêmes âges que dans la population générale avec rattrapage jusqu'à l'âge de 19 ans révolus. Si un enfant est candidat à une transplantation d'organe solide, la vaccination peut être faite dès l'âge de 9 ans.

Le Haut Conseil de la santé publique recommande que la vaccination des hommes ayant des relations avec les hommes et des personnes immunodéprimées soit initiée par le vaccin nonavalent Gardasil 9®.

  • Institut national du cancer (INCa). Dépistage du cancer du col de l'utérus. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (Paris) ; 2020 [consulté le 9 octobre 2020]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Dépistage du cancer du col de l’utérus : le test HPV-HR recommandé chez les femmes de plus de 30 ans. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2020 [consulté le 9 octobre 2020]
  • Ministère des solidarités et de la santé. Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2020. Site internet : Le site santé du Ministère des solidarités et de la santé. Paris (France) ; 2020 [consulté le 9 octobre 2020]
  • Haut Conseil de la santé publique. Prévention des infections à HPV : place du vaccin Gardasil 9®. Site internet : Hcsp. Paris ; 2019 [consulté le 13 mars 2019]