Bronchiolite : que faire ?

En cas de bronchiolite chez un nourrisson, il est important de savoir comment réagir (dans quels délais consulter ?) et quels bons gestes adopter pour soulager son enfant.

Comment réagir en cas de bronchiolite ?

La bronchiolite ne relève pas de l'automédication. Je prends rendez-vous pour mon nourrisson, sans attendre la fin de la journée, chez mon médecin ou mon pédiatre. Un examen médical est nécessaire.

Mon nourrisson de plus de 2 mois a des symptômes de bronchiolite, son état général est conservé et il continue à s’alimenter. Je n'attends pas pour contacter mon médecin. La consultation médicale doit avoir lieu dans la journée ; elle est indispensable pour évaluer l'état de santé du nourrisson.

Je consulte à nouveau dans la journée si :

  • J’ai déjà consulté mais les symptômes s’aggravent.
  • J’ai déjà consulté mais après quelques jours, la fièvre augmente et les sécrétions bronchiques sont épaisses, jaunes ou verdâtres : une surinfection bactérienne est possible.

Je consulte mon médecin traitant dans la journée.

  • Mon nourrisson est âgé de moins de 2 mois.
  • Il a moins de 6 mois et il est né prématurément (avant 34 semaines d').
  • Il est atteint d'une maladie cardiaque, d'une maladie chronique ou d'un .
  • Il a un handicap qui l'empêche de tousser.
  • Il s'alimente et boit mal. Il prend moins de la moitié de ses rations habituelles.
  • Il présente des vomissements, une diarrhée... ce qui peuvent entraîner une déshydratation.
  • Son comportement vous inquiète (fatigue importante, malaise, agitation, geignements, manque de tonus...).
  • Il est pâle et/ou ses lèvres et ses doigts bleuissent.
  • Il a de plus en plus de mal à respirer : sa respiration est rapide et plus courte ou irrégulière et lente, il fait des pauses respiratoires, il présente des battements des narines, les espaces entre ses côtes et au-dessus de ses clavicules se creusent (tirage intercostal).

Je conduis mon enfant au service des urgences ou je contacte sans tarder le service d'aide médicale d'urgence (Samu) : 15 ou 112.

Les gestes qui soulagent en cas de bronchiolite

Si votre enfant présente les symptômes d'une bronchiolite, quelques mesures sont utiles.

Aidez votre enfant à mieux respirer

  • désencombrez son nez avant les repas et régulièrement (autant de fois que nécessaire) en faisant des lavages de nez ;
  • lorsqu'il est éveillé, gardez votre enfant droit, ce qui peut l'aider à mieux respirer ;
  • pour dormir, continuez à coucher votre enfant sur le dos comme habituellement ;
  • évitez d'exposer votre enfant au tabagisme passif : cela aggrave la maladie et favorise les rechutes.

Veillez à ce que votre enfant boive et mange suffisamment

  • proposez-lui régulièrement et fréquemment de boire de l'eau, pour éviter la déshydratation ;
  • continuez à l’alimenter normalement en fractionnant ses repas s’il est fatigué. Pousuivez son lait habituel. Si vous allaitez et que votre bébé est trop fatigué pour téter, pensez à tirer votre lait. Le nourrisson vomit souvent au moment des épisodes de toux, c'est pourquoi, il est important de lui donner à manger fréquemment de petites rations pour couvrir ses besoins énergétiques.

Assurez le confort de votre nourrisson et surveillez-le

  • retirez-lui quelques couches de vêtements s'il a un peu de fièvre (supprimez la turbulette et mettez votre nourrisson en body), pour qu'il évacue sa chaleur, surveillez sa température et éventuellement, en cas d'inconfort dû à une fiève supérieure à 38° C, donnez-lui un (le paracétamol est indiqué sauf en cas de contre-indication) pour qu'il se sente mieux ;
  • aérez sa chambre fréquemment et maintenez la température à 19 °C au maximum ;
  • gardez votre nourrisson à la maison pendant toute la phase aiguë de la bronchiolite ;
  • surveillez-le, en particulier les deux à trois premiers jours : les symptômes s'aggravent souvent pendant les premiers jours puis s'améliorent progressivement. Une toux persiste habituellement pendant 8 à 10 jours et parfois pendant plusieurs semaines.

Ne lui donnez pas de médicaments contre la toux ou pour fluidifier les sécrétions bronchiques

Ne lui donnez pas d'antitussifs pour calmer la toux ou de fluidifiants bronchiques : ils sont contre-indiqués chez le petit enfant. La toux est indispensable pour évacuer les sécrétions bronchiques, ce qui explique que ces médicaments sont nocifs et augmentent le risque d'hospitalisation.

Les bons gestes si votre enfant est malade

  • suivez les soins et les traitements prescrits ;
  • nettoyer-lui le nez avec du sérum physiologique ;
  • hydratez-le régulièrement ;
  • aérez votre logement ;
  • couchez-le sur le dos.

Source : ministère des Solidarités et de la santé.

La fièvre et la douleur chez l'enfant : quels médicaments ?

La prise d’antalgiques ou antipyrétiques (contre la fièvre) nécessitent quelques précautions d’emploi.

Si votre enfant a plus de trois mois, donnez-lui du paracétamol et seulement en cas de contre-indication au paracétamol (maladie grave du foie, , allergie) donnez-lui de l'ibuprofène. La dose doit être adaptée à son poids :

  • pour le paracétamol, un maximum de 60 mg par kilo et par jour, à répartir en quatre ou six prises, soit environ 15 mg/kg toutes les six heures ou 10 mg/kg toutes les quatre heures ;
  • pour l'ibuprofène, un maximum de 20 à 30 mg par kilo et par jour, à répartir en trois ou quatre prises, soit un maximum de 10 mg/kg toutes les huit heures ou 7,5 mg/kg toutes les six heures. Soyez vigilant ! Si votre enfant a la varicelle ou s'il est déshydraté, ne lui donnez pas d'ibuprofène.
    À noter : un autre anti-inflammatoire peut être utilisé à la place de l'ibuprofène et à partir de l'âge de 6 mois : le kétoprofène à la dose maximale de 2 mg par kilo et par jour.

Si votre enfant a moins de trois mois, donnez-lui uniquement du paracétamol : un maximum de 60 mg par kilo et par jour, à répartir en quatre ou six prises, soit environ 15 mg/kg toutes les six heures ou 10 mg/kg toutes les quatre heures. Consultez rapidement votre médecin.

L'aspirine ne doit jamais être administrée chez l'enfant sans avis médical, en raison du risque de survenue d'une , mais grave, le .

Les présentations pédiatriques (sachets, cuillères mesures, pipettes graduées...) simplifient l'adaptation de la dose du médicament au poids de votre enfant. Consultez la notice du médicament et respectez les contre-indications. Au moindre doute, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin.

Vous vous posez des questions sur la bronchiolite : Quels sont les symptômes ? Comment la traiter ? Comment réagir si mon enfant est malade ?  Consultez le questions/réponses élaboré en lien avec le Conseil national de pédiatrie et le Collège de médecine générale destiné à vous aider dans cette tâche.

Pour en savoir plus, lire :

  • Santé publique France. Bronchiolite. Site internet : Santé publique France. Saint Maurice (France) ; 2021 [consulté le 22 octobre 2021]
  • Haute Autorité de santé - Conseil national professionnel de pédiatrie. Prise en charge du premier épisode de bronchiolite aiguë chez le nourrisson de 12 mois. Site internet : HAS. Saint Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 22 octobre 2021]
  • National Health service. Bronchiolitis. Site internet : NHS. Londres : 2021 [consulté le 22 octobre 2021]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Prise en charge de la toux aiguë chez le nourrisson (enfant de moins de 2 ans). Site internet : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 22 octobre 2021]
  • Haute Autorité de santé. Prise en charge de la fièvre chez l'enfant. Fiche mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) : 2016 [consulté le 22 octobre 2021]
  • Haut Conseil de santé publique. Survenue de maladies infectieuses en collectivité. Conduites à tenir. Site internet : HCSP. Paris ; 2012 [consulté le 22 octobre 2021]
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