Le traitement de la BPCO

18 mai 2018
Pour garantir le meilleur résultat, le médecin traitant coordonne le traitement avec le pneumologue et d’autres professionnels de santé. Outre le traitement médical de la BPCO, la rééducation respiratoire et la suppression des facteurs favorisants sont indispensables.

La suppression des facteurs favorisant la BPCO

Il existe 2 principaux facteurs pouvant favoriser une bronchopneumopathie obstructive.

Le premier traitement de la BPCO, pour les fumeurs, consiste à arrêter de fumer, quel que soit le stade de la maladie. C'est, en effet, la seule mesure susceptible de ralentir l'évolution de la maladie.

Fumer diminue les capacités respiratoires et cardiaques à l'effort. Le corps est, en effet, moins bien oxygéné et les muscles moins performants.

Votre médecin traitant peut vous aider et vous conseiller sur l'arrêt du tabac.

Si vous êtes dépendant au tabac, vous pouvez prendre un traitement de substitution à la nicotine : sous forme de timbres, de gommes à mâcher ou de comprimés à faire fondre sous la langue. Si les dosages sont bien adaptés, ces substituts comblent le manque de nicotine. Les effets désagréables liés à l'arrêt du tabac (irritabilité, difficultés de concentration, humeur dépressive, troubles du sommeil ou de l'appétit, etc.) disparaissent ou diminuent. Parlez-en avec votre médecin ou votre pharmacien.

Si une consommation de cannabis existe seule ou est associée à celle du tabac, une aide au est proposée.

La recherche et la prévention d'une éventuelle exposition respiratoire aux polluants professionnels s'imposent chez toutes les personnes qui ont une BPCO. Parfois un changement de poste de travail doit être envisagé.

BPCO et travail

Sous certaines conditions, la BPCO peut être reconnue comme maladie professionnelle. Parlez-en à votre médecin traitant et à votre médecin du travail.

Le traitement médicamenteux de la BPCO

Plusieurs types de traitements existent.

Les bronchodilatateurs par voie inhalée

Ces médicaments permettent de dilater les bronches et leurs ramifications (les bronchioles) pour faciliter la respiration. Ils peuvent être administrés par inhalation. N'hésitez pas à vérifier la bonne manipulation du dispositif d'inhalation avec votre pharmacien, en particulier lors de l’initiation d’un nouveau dispositif.

Au début de la BPCO, les traitements par bronchodilatateurs "de courte durée d'action" sont pris uniquement en cas d'essoufflement. Lorsque la maladie s'aggrave, le médecin peut prescrire des produits dits « de longue durée d'action » qui agissent 12 heures et sont à prendre tous les jours.

Ces 2 traitements peuvent être prescrits à un même patient. Ces médicaments de la BPCO ne guérissent pas mais diminuent les symptômes, notamment l'essoufflement, et améliorent la qualité de vie.

Les associations de bronchodilatateurs de longue durée et corticoïdes inhalés

Ils ne sont utilisés que dans les stades évolués de la BPCO, lorsque le nombre d'exacerbations est important.

Comment bien utiliser un ?

Schéma : bien utiliser un bronchodilatateur

 

Les antibiotiques

Ils sont utilisés en cas d'infection bronchopulmonaire.

BPCO et médicaments contre-indiqués

Ne prenez pas d’antitussifs, ni de produits (fluidifiants bronchiques) : ils sont contre-indiqués car ils aggravent l’insuffisance respiratoire. Respectez le traitement prescrit par votre médecin.

Les vaccinations

Des vaccins protègent contre la grippe et certaines pneumonies. Ils réduisent les risques de complication.

Le vaccin anti-grippe doit être réalisé chaque année, à l'automne. Il est remboursé à 100 % par l'Assurance Maladie si vous avez une BPCO.

Le vaccin contre le pneumocoque est recommandé pour les adultes présentant une insuffisance respiratoire ou ayant déjà eu une infection à pneumocoque. Ce vaccin est remboursé à 65 % chez les patients en insuffisance respiratoire.

La réhabilitation respiratoire

La réhabilitation respiratoire est un ensemble d'exercices qui permet de s'entraîner de nouveau à l'effort. Le kinésithérapeute est chargé de cet entraînement musculaire. Les exercices sont associés à une éducation thérapeutique et à une prise en charge plus globale de la maladie, incluant, par exemple, des conseils diététiques ou un soutien psychologique. C'est votre médecin traitant qui apprécie la nécessité de cette réhabilitation respiratoire selon votre situation médicale.

L'oxygénothérapie

Ce traitement consiste à recevoir de l'oxygène au moins 15 heures par jour. L'oxygénothérapie est réservée aux BPCO graves, quand la respiration habituelle ne permet pas de recevoir suffisamment d'oxygène.

L'hospitalisation en cas d'exacerbation de la BPCO

L'exacerbation de la bronchopneumopathie chronique obstructive est un évènement aigu caractérisé par une aggravation des symptômes respiratoires (essoufflement, toux, ) au-delà des variations quotidiennes (en pratique, d'une durée de 48 h ou justifiant une modification du traitement habituel). Elle peut être due à une infection pulmonaire virale ou bactérienne, un pic de pollution, mais la cause de sa survenue n'est pas toujours identifiée.

Le traitement peut être administré au domicile mais lorsque l'exacerbation est grave et responsable d'une , une hospitalisation est indispensable.
Il comporte essentiellement les bronchodilatateurs à dose élevée, une antibiothérapie et une oxygénothérapie si elles sont nécessaires. La kinésithérapie de désencombrement bronchique est utile.

Prado, le service de retour à domicile
 

Vous pouvez bénéficier de ce service si vous êtes hospitalisé dans le cadre de votre BPCO,

Avec l’accord de l’équipe médicale, un conseiller de l’Assurance Maladie vous rend visite dans l’établissement où vous êtes hospitalisé(e) pour vous proposer un accompagnement personnalisé à domicile. Ainsi, dès que la date de votre sortie est fixée, tout est organisé en lien avec le médecin traitant, pour que vous puissiez rentrer chez vous dans les meilleures conditions.

Concrètement, le conseiller contacte le médecin traitant, le pneumologue, l’infirmier(e) et le masseur-kinésithérapeute de ville que vous avez choisis pour planifier, avec chacun d’eux, un premier rendez-vous pour votre retour à domicile.

L’équipe médicale vous remet en complément un carnet de suivi qui contient l’essentiel de ce que vous devez savoir pour vivre au quotidien avec une BPCO. C’est aussi l’outil de suivi et de communication entre les professionnels de santé de ville qui vous prennent en charge.

Vous pouvez renoncer à ce service à tout moment sans incidence sur vos remboursements. Les frais médicaux liés à la BPCO restent pris en charge à 100 % (dans la limite des tarifs habituels de l’Assurance Maladie).

*Prado, le service de retour à domicile après hospitalisation pour BPCO n’est pas encore disponible dans tous les établissements.

Sources
  • Collège des enseignants de pneumologie. Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Site internet : Société de pneumologie de langue française. Paris ; 2017 [consulté le 12 décembre 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Bronchopneumopathie chronique obstructive : trois outils pour améliorer le parcours de soins des patients. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 12 décembre 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Bronchopneumopathie chronique obstructive - Guide parcours de soins. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 12 décembre 2017]
  • Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Tableaux des maladies professionnelles - Guide et commentaires. Site internet : INRS. Paris ; 2012 [consulté le 12 décembre 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Comment mettre en œuvre la réhabilitation respiratoire pour les patients ayant une bronchopneumopathie chronique obstructive ? Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 12 décembre 2017]
  • Société de pneumologie de langue française. Recommandations pour la pratique clinique. Prise en charge de la BPCO. Rev Mal Respir. 2010;27(5):522-48
  • Société de pneumologie de langue française. Optimisation du traitement médicamenteux des patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive en état stable. Propositions de la Société de pneumologie de langue française.Rev Mal Respir. 2016;33(10):911-936