Les symptômes, le diagnostic et les complications de la BPCO

17 mai 2017
La BPCO évolue longtemps sans provoquer de symptômes. Cependant, pour être bien prise en charge, la BPCO doit être diagnostiquée précocement : l’examen du médecin traitant et des tests simples de la respiration suffisent.

Les symptômes de la BPCO

La BPCO évolue longtemps sans donner de signes.

Les premiers signes apparaissent après 40 ans. Ils se manifestent par une toux, avec une matinale, la "toux du fumeur". Cette toux devient peu à peu persistante.

Progressivement, un essoufflement (appelé dyspnée) s'installe d'abord à l'effort, puis au repos, pouvant gêner les gestes de la vie courante.

Des épisodes d'infection broncho-pulmonaire aggravent les signes de la BPCO. On parle d'exacerbation de la maladie.

La BPCO, maladie chronique essentiellement liée au tabac est souvent associée à d'autres maladies :

Test BPCO

En 6 questions, ce test vous permet d'évaluer la probabilité que vous ayez une bronchopneumopathie chronique obstructive.

Le diagnostic de la BPCO

Plusieurs examens permettent de poser le diagnostic de BPCO.

Pour faire le diagnostic de la BPCO, le médecin interroge le patient, l'examine et lui fait passer un ou plusieurs tests diagnostiques.

Le médecin pose différentes questions au patient :

  • Est-ce qu'il fume ou a-t-il fumé dans sa vie ?
  • Est-il essoufflé ?
  • Quels facteurs aggravent son essoufflement ?
  • Est-ce qu'il tousse ?
  • Est-ce qu'il crache des sécrétions ( ) ; si oui, à quoi ressemblent-elles ?
  • Y a-t-il des personnes atteintes de maladies pulmonaires dans sa famille ?

Il pourra également évaluer la gravité de la BPCO en interrogeant son patient sur les conditions de survenue de son essoufflement :

  • Stade 0 : essoufflement pour des efforts soutenus (2 étage)
  • Stade 1 : essoufflement lors de la marche rapide ou en pente
  • Stade 2 : essoufflement à la marche sur terrain plat ou en suivant quelqu’un de son âge
  • Stade 3 : essoufflement obligeant à s’arrêter pour reprendre son souffle après quelques minutes ou une centaine de mètres sur terrain plat
  • Stade 4 : essoufflement au moindre effort

La spirométrie est un test diagnostique courant qui peut être effectué facilement au cabinet d'un médecin, dans une clinique ou un hôpital. Le médecin demande à la personne de souffler le plus fort et le plus longtemps possible dans un tube relié à un appareil. Cet appareil mesure combien de temps met le patient pour expirer tout l’air de ses poumons. Plus les voies aériennes sont étroites, plus il faut du temps pour expirer l’air et plus le volume d’air expiré par seconde est faible. Ce test de la BPCO est la méthode la plus fiable pour détecter la maladie.

Au cours de cet examen, le médecin peut demander au patient d’inhaler un médicament " " pour refaire une mesure et la comparer à la précédente réalisée sans .

La spirométrie permet de classer les BPCO selon leur sévérité en 4 stades en fonction du résultat :

  • Stade I : léger VEMS supérieur ou égale à 80 %
  • Stade II : modéré VEMS comprise entre 50 et 80 %
  • Stade III : sévère VEMS comprise entre 30 et 50 %
  • Stade IV : très sévère VEMS inférieur à 30 %

La spirométrie peut être complétée par une pléthysmographie pour évaluer la gravité de la maladie. Cet examen est pratiqué à l'intérieur d'une cabine ; il permet de calculer les volumes respiratoires et surtout le volume pulmonaire résiduel, qui représente la quantité d'air restant dans les poumons à la fin de l'expiration. Cet examen met en évidence l'atteinte des petites bronches.

La radiographie recherche les lésions pulmonaires.

Ils permettent, à partir d'un prélèvement de sang dans une artère, de mesurer le taux sanguin d'oxygène et de .

L'évolution de la BPCO

Un diagnostic précoce permet de ralentir l'altération de la fonction respiratoire.

La BPCO est marquée par :

  • une dégradation progressive plus ou moins rapide de la fonction respiratoire ;
  • un risque d'exacerbation qui peut être grave. L'exacerbation est définie par une augmentation des symptômes respiratoires (essoufflement, toux, ) au-delà des variations quotidiennes (en pratique, d'une durée = 48 h ou justifiant une modification thérapeutique). L'exacerbation peut entraîner une pouvant nécessiter une hospitalisation ;
  • un risque de handicap, avec une réduction de l'activité quotidienne, notamment lié à la dyspnée.

L'évolution de la maladie peut aboutir à une insuffisance respiratoire chronique : l'appareil respiratoire devient incapable d'assurer sa fonction et le patient doit être mis sous oxygène. L'insuffisance respiratoire retentit également sur le fonctionnement du cœur.

C'est pourquoi la prévention, le dépistage, le diagnostic précoce et le traitement de la BPCO sont indispensables pour prévenir l’insuffisance respiratoire chronique.

Les signes qui doivent vous alerter si vous avez une BPCO

Appelez le médecin si :

  • vous êtes essoufflé, votre respiration est sifflante et votre état se dégrade rapidement ;
  • votre toux est plus profonde et plus importante que d'habitude ;
  • vous crachez en toussant ;
  • des œdèmes apparaissent ou augmentent au niveau de vos jambes ;
  • vous avez de la fièvre ;
  • votre traitement semble moins efficace qu'avant.
Sources
  • Collège des enseignants de pneumologie. Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Site internet : Société de pneumologie de langue française. Paris ; 2013 [consulté le 28 août 2013]
  • Société de pneumologie de langue française. Recommandations pour la pratique clinique. Prise en charge de la BPCO. Rev Mal Respir. 2010;27(5):522-48.
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide du parcours de soins : bronchopneumopathie chronique obstructive. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 23 janvier 2015]
  • Ministère de la santé et des solidarités. Programme d'actions en faveur de la BPCO 2005-2010. Connaître, prévenir et mieux prendre en charge la BPCO. Paris ; 2009 [consulté le 28 août 2013]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Bronchopneumopathie chronique obstructive : trois outils pour améliorer le parcours de soins des patients. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 22 janvier 2015]