Vivre avec une BPCO

16 mars 2020
Si vous souffrez de BPCO, un suivi médical est mis en place pour vérifier l’efficacité du traitement. Pour mieux vivre avec une BPCO, il est vivement recommandé d’arrêter de fumer et de conserver, si possible, une activité physique adaptée.

Le suivi médical en cas de bronchopneumopathie chronique obstructive

Votre médecin traitant assure votre suivi en coordination avec une équipe pluridisciplinaire : pneumologue, cardiologue, kinésithérapeute, diététicien, psychologue....

Voici quelques recommandations pour que le traitement soit plus efficace.

BPCO : importance des consultations et examens de contrôle

  • N’oubliez pas les visites et les examens de contrôle (EFR ou épreuves fonctionnelles respiratoires, mesure des gaz du sang, radiographie de thorax, examen cyto bactériologique des crachats...)
  • N’hésitez pas à échanger avec les professionnels de santé (médecin, kinésithérapeute…) : interrogez-les sur votre maladie et notez les questions que vous vous posez entre deux consultations.
  • Lors d'une consultation auprès de tout professionnel de santé, mentionnez-lui votre BPCO et le traitement que vous suivez.

BPCO : comprendre et suivre le traitement

  • Faites-vous expliquer le traitement. Puis, respectez-le et ne l’interrompez jamais sans en parler à votre médecin traitant.
  • Faites-vous vacciner contre la grippe et le pneumocoque.
  • Si vous souhaitez avoir une information plus détaillée, n’hésitez pas à demander à votre médecin comment bénéficier d’une éducation thérapeutique.
  • Mettez en pratique les conseils de votre médecin traitant pour avoir un meilleur confort de vie.
Bien suivre également le traitement des maladies associées à la BPCO

La BPCO, étant une maladie chronique essentiellement liée au tabac, est souvent associée dès son début ou au cours de son évolution à d'autres maladies. Il est important qu'elles soient bien traitées. Suivez les conseils de votre médecin.

BPCO : alerter son médecin en cas de problème

  • Avertissez sans délai votre médecin devant tout symptôme inhabituel ou nouveau qui vous inquiète.
  • Signalez aussi tout effet indésirable dû au traitement, pour chercher comment l’atténuer ou le prévenir. Ces effets sont rares avec les traitements inhalés (accélération du rythme cardiaque, tremblements, sècheresse de la bouche, constipation...)
Les signes qui doivent vous alerter si vous avez une BPCO

Appelez le médecin si :

  • vous êtes essoufflé, votre respiration est sifflante et votre état se dégrade rapidement ;
  • votre toux est plus profonde et plus importante que d'habitude ;
  • vous crachez en toussant ;
  • des œdèmes apparaissent ou augmentent au niveau de vos jambes ;
  • vous avez de la fièvre ;
  • votre traitement semble moins efficace qu'avant.

BPCO : conseils au quotidien

Mettre en place de nouvelles habitudes de vie est nécessaire pour bien vivre avec une BPCO.

Arrêter de fumer et supprimer l'exposition repiratoire aux polluants

Tabac et cannabis

Pour éviter l'aggravation de la BPCO, il est fortement recommandé d’arrêter de fumer. L'objectif n'est pas de fumer moins mais de ne plus fumer du tout. En cas de rechute, il ne faut pas vous décourager. La plupart des personnes font plusieurs essais avant de parvenir à un arrêt définitif.

Si vous êtes dépendant au tabac, vous pouvez prendre un traitement de substitution à la nicotine : sous forme de timbres, de gommes à mâcher ou de comprimés à faire fondre sous la langue. Si les dosages sont bien adaptés, ces substituts comblent le manque de nicotine. Les effets désagréables liés à l'arrêt du tabac (irritabilité, difficultés de concentration, humeur dépressive, troubles du sommeil ou de l'appétit, etc.) disparaissent ou diminuent. Parlez-en avec votre médecin ou votre pharmacien.

Si vous consommez du cannabis, seul ou est associé au tabac, demandez une aide au .

Polluants atmosphériques

La suppression de la pollution concerne le domicile : ventilation efficace, suppression des appareils de chauffage ou de cuisine défectueux...

Si votre travail vous expose régulièrement à des fumées, gaz, poussières, odeurs fortes, un changement de poste est nécessaire. Pour cela, parlez-en à votre médecin traitant et au médecin du travail.

Pratiquer une activité physique adaptée

La sédentarité est un facteur de risque d'aggravation de la BPCO. C'est pourquoi l'activité physique fait partie du traitement de cette maladie. Elle diminue les symptômes et améliore votre qualité de vie ainsi que votre tolérance à l'exercice. Avant de commencer une activité physique, demandez conseil à votre médecin qui évalue votre capacité et votre tolérance à l'effort physique.

À un stade précoce de la BPCO, il est recommandé de faire une activité physique régulière et du sport.

Lorsque la BPCO rend difficile un effort (vous êtes essoufflé(e) ), un programme de réadaptation respiratoire centré sur l'activité physique et le réentraînement des muscles est conseillé. C'est un ensemble d'exercices qui permet de s'entraîner de nouveau à l'effort, de réduire l'essoufflement et d'améliorer la capacité de récupération après un effort. Le kinésithérapeute est chargé de cet entraînement musculaire, éventuellement associé à de la kinésithérapie respiratoire.
Les exercices sont associés à une éducation thérapeutique et à une prise en charge plus globale de la BPCO, incluant, par exemple, des conseils diététiques ou un soutien psychologique.

Au stade de l'insuffisance respiratoire, la pratique d'un sport est impossible. Cependant, l'entretien musculaire est nécessaire, si besoin est, avec l'aide d'un kinésithérapeute et, dans tous les cas, par le maintien d'un minimum d'activité physique quotidienne.

Surveiller son alimentation

Veillez à garder un bon équilibre nutritionnel grâce à une alimentation équilibrée.

Il est important de surveiller votre poids :

  • une perte de poids avec maigreur, voire une dénutrition (IMC < 21) aggrave l'évolution de la BPCO ;
  • à l'opposé, tout surpoids est néfaste car il augmente l'essoufflement. Demandez conseil à votre médecin pour éviter le surpoids.
Calculer votre IMC - Indice de masse corporelle

cm
kg

Votre IMC : -
Corpulence normale (18.5 < IMC < 25)
Poids compris entre

BPCO : se faire aider

La BPCO peut être, à un stade peu évolué, compatible avec une activité professionnelle moyennant, le cas échéant, un aménagement de poste. Parlez-en à votre médecin du travail.

Au stade de l’insuffisance respiratoire, le quotidien devient plus difficile. Il est important de vous informer et de vous faire aider psychologiquement. L’aide psychologique et le soutien pour votre entourage sont également importants. Demandez conseil à votre médecin traitant.

N'hésitez pas à vous tourner vers les associations de patients. Elles sont à votre écoute, peuvent vous aider dans vos démarches administratives, vous informer sur les services médico-sociaux et sur vos droits. Elles permettent également d'échanger avec d'autres personnes touchées par la BPCO.

Vous pouvez vous informer et vous faire conseiller pour toutes les démarches administratives auprès :

  • des assistants sociaux ;
  • de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Elle a pour mission d’informer et d’accompagner les malades avant 60 ans. La Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) publie la liste des Maisons départementales des personnes handicapées ;
  • du centre communal d’action sociale (CCAS) ou au Conseil général de votre lieu d’habitation.
Le Portail national d'information pour les personnes âgées et leurs proches

Les personnes âgées et leurs proches peuvent trouver au point d'information local dédié aux personnes âgées tous les renseignements nécessaires pour faire face à leur perte d'autonomie. Pour trouver les coordonnées de ces points d'information, consultez sur l'annuaire des points d'information locaux sur le site pour-les-personnes-agees.gouv.fr.

Sur ce site, vous trouverez également :

  • des conseils vous aidant à vivre à domicile avec votre problème de santé ;
  • une information officielle et complète sur la perte d'autonomie concernant les personnes âgées et des renseignements sur les aides, les démarches et les interlocuteurs à contacter.

  • Collège des enseignants de pneumologie. Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Site internet : Société de pneumologie de langue française. Paris ; 2017 [ consulté le 10 mars 2020]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Bronchopneumopathie chronique obstructive - Guide parcours de soins. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 10 mars 2020]
  • Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Tableaux des maladies professionnelles - Guide et commentaires. Site internet : INRS. Paris ; 2017 [consulté le 10 mars 2020]