Le traitement de la BPCO

22 juillet 2020
Pour prévenir l'aggravation de la BPCO, le médecin traitant, en coordination avec le pneumologue et d’autres professionnels de santé, prescrit la suppression des facteurs favorisants comme le tabac et les polluants ainsi qu'un traitement médicamenteux associé à la pratique d'une activité physique, de la rééducation respiratoire...

La suppression des facteurs favorisant la BPCO

Il existe 2 principaux facteurs pouvant favoriser une bronchopneumopathie obstructive.

BPCO : supprimer l'exposition au tabac

Le premier traitement de la BPCO, pour les fumeurs, consiste à arrêter de fumer, quel que soit le stade de la maladie. C'est, en effet, la seule mesure susceptible de ralentir l'évolution de la maladie.

Fumer diminue les capacités respiratoires et cardiaques à l'effort. Le corps est, en effet, moins bien oxygéné et les muscles moins performants.

Votre médecin traitant peut vous aider et vous conseiller sur l'arrêt du tabac.

Si vous êtes dépendant au tabac, vous pouvez prendre un traitement de substitution à la nicotine : sous forme de timbres, de gommes à mâcher ou de comprimés à faire fondre sous la langue. Si les dosages sont bien adaptés, ces substituts comblent le manque de nicotine. Les effets désagréables liés à l'arrêt du tabac (irritabilité, difficultés de concentration, humeur dépressive, troubles du sommeil ou de l'appétit, etc.) disparaissent ou diminuent. Parlez-en avec votre médecin ou votre pharmacien.

Si une consommation de cannabis existe seule ou est associée à celle du tabac, une aide au est proposée.

BPCO : supprimer et prévenir l'exposition aux polluants

La suppression de la pollution concerne le domicile : ventilation efficace, suppression des appareils de chauffage ou de cuisine défectueux...

La recherche et la prévention d'une éventuelle exposition respiratoire aux polluants professionnels s'imposent chez toutes les personnes qui ont une BPCO. Parfois un changement de poste de travail doit être envisagé.

BPCO et travail

Sous certaines conditions, la BPCO peut être reconnue comme maladie professionnelle. Parlez-en à votre médecin traitant et à votre médecin du travail.

Le traitement médicamenteux de la BPCO

Plusieurs types de traitements existent.

BPCO : les bronchodilatateurs par voie inhalée

Ces médicaments permettent de dilater les bronches et leurs ramifications (les bronchioles) pour faciliter la respiration. Ils sont administrés par inhalation. N'hésitez pas à vérifier la bonne manipulation du dispositif d'inhalation avec votre pharmacien, en particulier lors de l’initiation d’un nouveau dispositif.

Au début de la BPCO, les traitements par bronchodilatateurs "de courte durée d'action" sont pris uniquement dans les périodes d'essoufflement. Lorsque la maladie s'aggrave, le médecin peut prescrire des produits dits « de longue durée d'action » qui agissent environ 12 heures en continu. Ces médicaments à longue durée d'action sont à prendre tous les jours.

Ces deux types de  traitements peuvent être prescrits à un même patient selon l'évolution de la maladie. Les bronchodilatateurs ne guérissent pas la BPCO mais ils diminuent les symptômes, notamment l'essoufflement, et améliorent la qualité de vie.

Les associations de bronchodilatateurs de longue durée et corticoïdes inhalés

Ces médicaments permettent d’associer l’action anti-inflammatoire des corticoïdes à la bronchodilatation. Ils ne sont utilisés que dans les stades évolués de la BPCO, lorsque le nombre d'exacerbations est important.

Comment bien utiliser un ?

Schéma en 3 étapes décrivant la bonne utilisation d’un inhalateur, permettant notamment de retenir la respiration pendant 10 secondes (cf. description détaillée ci-après)
  1. Vider ses poumons en expirant profondément.
  2. Inspirer profondément le médicament contenu dans l’inhalateur.
  3. Retenir la respiration pendant 10 secondes.

BPCO et antibiotiques

Les antibiotiques ne sont utilisés qu'en cas d'infection bronchopulmonaire. Ils ne traitent pas la BPCO.

BPCO et médicaments contre-indiqués

Ne prenez pas d’antitussifs, ni de produits (fluidifiants bronchiques) : ils sont contre-indiqués car ils aggravent l’insuffisance respiratoire.

Ne prenez pas de médicaments anti-asthmatiques sans prescription médicale.

Respectez le traitement prescrit par votre médecin.

Bronchopneumopathie chronique obstructive : quels vaccins ?

Des vaccins protègent contre la grippe et certaines pneumonies. Ils réduisent les risques de complication.

Le vaccin anti-grippe doit être réalisé chaque année, à l'automne. Il est remboursé à 100 % par l'Assurance Maladie si vous avez une BPCO.

Le vaccin contre le pneumocoque est recommandé pour les adultes présentant une insuffisance respiratoire ou ayant déjà eu une infection à pneumocoque. Ce vaccin est remboursé à 65 % chez les patients en insuffisance respiratoire.

L'activité physique et la réadaptation respiratoire des personnes atteintes de BPCO

La sédentarité est un facteur de risque d'aggravation de la BPCO. C'est pourquoi l'activité physique fait partie du traitement de cette maladie. Elle diminue les symptômes et améliore la qualité de vie ainsi que la tolérance à l'exercice. Avant de prescrire l'activité physique et de donner les conseils utiles, le médecin évalue la capacité et la tolérance de son patient à l'activité physique. Des examens (spirométrie, test de marche...) peuvent compléter le bilan. Ainsi la prescription est adaptée à chacun.

La réadaptation respiratoire est proposée lorsque le patient est essoufflé et tolère mal les exercices. C'est un ensemble d'exercices qui permet de s'entraîner de nouveau à l'effort, de réduire l'essoufflement et d'améliorer la capacité de récupération après un effort. Le kinésithérapeute est chargé de cet entraînement musculaire, éventuellement associé à de la kinésithérapie respiratoire.
Les exercices sont associés à une éducation thérapeutique et à une prise en charge plus globale de la BPCO, incluant, par exemple, des conseils diététiques ou un soutien psychologique.

L'oxygénothérapie

Ce traitement consiste à recevoir de l'oxygène au moins 15 heures par jour. L'oxygénothérapie est réservée aux BPCO graves, quand la respiration habituelle ne permet pas de recevoir suffisamment d'oxygène.

L'hospitalisation en cas d'exacerbation de la BPCO

L'exacerbation de la bronchopneumopathie chronique obstructive est un évènement aigu caractérisé par une aggravation des symptômes respiratoires (essoufflement, toux, ) au-delà des variations quotidiennes (en pratique, d'une durée de 48 h ou justifiant une modification du traitement habituel). Elle peut être due à une infection pulmonaire virale ou bactérienne, un pic de pollution, mais la cause de sa survenue n'est pas toujours identifiée.

Le traitement peut être administré au domicile mais lorsque l'exacerbation est grave et responsable d'une , une hospitalisation est indispensable.
Il comporte essentiellement les bronchodilatateurs à dose élevée, une antibiothérapie et une oxygénothérapie si elles sont nécessaires. La kinésithérapie de désencombrement bronchique est utile.

Prado, le service de retour à domicile
 

Vous pouvez bénéficier de ce service si vous êtes hospitalisé dans le cadre de votre BPCO,

Avec l’accord de l’équipe médicale, un conseiller de l’Assurance Maladie vous rend visite dans l’établissement où vous êtes hospitalisé(e) pour vous proposer un accompagnement personnalisé à domicile. Ainsi, dès que la date de votre sortie est fixée, tout est organisé en lien avec le médecin traitant, pour que vous puissiez rentrer chez vous dans les meilleures conditions.

Concrètement, le conseiller contacte le médecin traitant, le pneumologue, l’infirmier(e) et le masseur-kinésithérapeute de ville que vous avez choisis pour planifier, avec chacun d’eux, un premier rendez-vous pour votre retour à domicile.

L’équipe médicale vous remet en complément un dépliant Mon carnet de suivi après mon hospitalisation pour BPCO (PDF) qui contient l’essentiel de ce que vous devez savoir pour vivre au quotidien avec une BPCO. C’est aussi l’outil de suivi et de communication entre les professionnels de santé de ville qui vous prennent en charge.

Vous pouvez renoncer à ce service à tout moment sans incidence sur vos remboursements. Les frais médicaux liés à la BPCO restent pris en charge à 100 % (dans la limite des tarifs habituels de l’Assurance Maladie).

*Prado, le service de retour à domicile après hospitalisation pour BPCO n’est pas encore disponible dans tous les établissements.

  • Collège des enseignants de pneumologie. Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Site internet : Société de pneumologie de langue française. Paris ; 2017 [ consulté le 3 juin 2020]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Bronchopneumopathie chronique obstructive - Guide parcours de soins. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 3 juin 2020]
  • Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Tableaux des maladies professionnelles - Guide et commentaires. Site internet : INRS. Paris ; 2017 [consulté le 3 juin 2020]
  • Société de pneumologie de langue française. Optimisation du traitement médicamenteux des patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive en état stable. Propositions de la Société de pneumologie de langue française.Rev Mal Respir. 2016;33(10):911-936