Prévenir l'accident vasculaire cérébral

14 novembre 2018
Pour éviter la survenue d’un AVC, il est recommandé d’adopter une alimentation équilibrée, d’arrêter de fumer et de bouger quotidiennement.

Le rôle du médecin traitant dans la prévention de l'AVC

Votre médecin traitant vous donne les conseils hygièno-diététiques qui permettent de réduire le risque d’AVC et globalement le risque cardiovasculaire. Lorsque ces mesures sont insuffisantes, il prescrit un traitement complémentaire.

Votre médecin joue un grand rôle dans la prévention. À l'occasion d'une consultation, évoquez avec lui votre risque cardiovasculaire et faites le point. Même si vous n'avez aucun facteur de risque apparent, ne négligez pas cet échange. Votre médecin traitant prend en compte l'ensemble de vos facteurs de risque éventuels (âge, pression artérielle, niveau de cholestérol, antécédents familiaux, tabagisme, etc.) pour estimer votre risque cardiovasculaire global.

Suite à cette évaluation, il vous conseille, si besoin, sur les moyens de réduire votre risque cardiovasculaire. Le plus souvent, une modification de votre hygiène de vie (alimentation, activité physique, tabac) est nécessaire.

Changer d’hygiène de vie est indispensable, mais, parfois, ne suffit pas. Votre médecin traitant peut alors vous prescrire un traitement médicamenteux pour limiter les complications cardiovasculaires et en particulier l'accident vasculaire cérébral.

  • Si votre pression artérielle est trop élevée

Seul un traitement antihypertenseur à vie peut permettre de contrôler efficacement l'hypertension artérielle. Votre médecin vous prescrit celui qui vous convient le mieux.

Si malgré une bonne hygiène de vie (régime adapté et activité physique), votre taux de cholestérol reste élevé, votre médecin vous prescrit un traitement dithypolipidémiant.

Les statines sont les principaux médicaments utilisés : ils agissent en bloquant la fabrication du cholestérol par le foie.

  • Si vous avez du diabète

Parfois, un régime équilibré et la pratique d’une activité physique ne suffisent pas à maintenir un taux de sucre approprié dans le sang. Dans ce cas, votre médecin peut vous prescrire des médicaments qui vous aideront à contrôler votre diabète.

Agir sur ses habitudes alimentaires

Vous n'avez pas besoin de suivre un régime strict pour réduire vos facteurs de risque cardiovasculaire. Il vous suffit de suivre quelques conseils diététiques de base.

Comment équilibrer son alimentation ?

Pour un régime alimentaire équilibré, essayez de suivre les recommandations suivantes :

  • Évitez une alimentation trop riche en graisses. Préférez par exemple les viandes blanches et les légumes aux charcuteries ou viandes rouges consommées en excès.
  • Méfiez-vous des plats préparés (industriels). Ils sont souvent trop riches en sucres, graisses et sel. Mieux vaut, dans la mesure du possible, préparer vous-même plats et recettes.
  • Attention au grignotage en dehors des principaux repas. Veillez à manger de tout et de façon équilibrée pendant les repas pour ne pas ressentir de sensation de faim.
  • Privilégiez une cuisson à la vapeur plutôt qu'au beurre ou en friture. Méfiez-vous aussi des plats mijotés en sauce, riches en graisses.
  • Adoptez autant que possible un régime alimentaire équilibré, en mangeant fréquemment du poisson, des fruits et des légumes, et en privilégiant l'huile d'olive.
  • Modérez votre consommation d'alcool. Il est conseillé de ne pas boire plus de 10 verres de boissons alcoolisées par semaine, sans dépasser 2 verres d'alcool sur une journée et en réservant des jours sans consommation d'alcool.

Équivalence en alcool des différentes boissons alcoolisées

 

Infographie représentant l’équivalence d’un verre d’alcool pour du vin, du pastis, du whisky, du champagne, un apéritif ou de la bière

En limitant votre apport de graisses et sucres, vous évitez l'excès de poids qui oblige votre cœur à un travail accru et aggrave le risque d'apparition des maladies cardiovasculaires.

Pour vous aider à adopter une alimentation plus équilibrée, consultez le tableau ci-dessous, qui correspond aux objectifs du Programme national nutrition santé.

Vos repères de consommation correspondant aux objectifs du Programme national nutrition santé
Fruits et légumes Au moins 5 par jour
  • à chaque repas et en cas de petits creux
  • crus, cuits, nature ou préparés
  • frais, surgelés ou en conserve
Pains, céréalespommes de terre et légumes secs À chaque repas et selon l’appétit
  • favoriser les aliments céréaliers complets ou le pain bis
  • privilégier la variété
Lait et produits laitiers (yaourts, fromages) 3 par jour
  • privilégier la variété
  • privilégier les fromages les plus riches en calcium, les moins gras et les moins salés
Viandes et volailles, produits de la pêche et oeufs 1 à 2 fois par jour
  • en quantité inférieure à celle de l’accompagnement
  • viandes : privilégier la variété des espèces et les morceaux les moins gras
  • poisson : au moins 2 fois par semaine
Matières grasses ajoutées Limiter la consommation
  • privilégier les matières grasses végétales (huiles d’olive, de colza...)
  • favoriser la variété
  • limiter les graisses d’origine animale (beurre
Produits sucrés Limiter la consommation
  • attention aux boissons sucrées
  • attention aux aliments gras et sucrés à la fois (pâtisseries, crèmes dessert, chocolat, glaces...)
Boissons De l’eau à volonté
  • au cours et en dehors des repas
  • limiter les boissons sucrées (privilégier les boissons light)
  • boissons alcoolisées : ne pas dépasser, par jour, 2 verres de vin (de 10 cl) pour les femmes et 3 pour les hommes. 2 verres de vin sont équivalents à 2 demis de bière ou 6 cl d’alcool fort
Sel Limiter la consommation
  • préférer le sel iodé
  • ne pas resaler avant de goûter
  • réduire l’ajout de sel dans les eaux de cuisson
  • limiter les fromages et les charcuteries les plus salés et les produits apéritifs salés
Activité physique Au moins l’équivalent d’une demi-heure de marche rapide par jour À intégrer dans la vie quotidienne (marcher, monter les escaliers, faire du vélo...)

 

Évitez l'excès de poids

Le surpoids aggrave le risque d'apparition des maladies cardiovasculaires dont l'AVC. En limitant votre apport en graisses et en sucres, vous évitez l'excès de poids qui oblige votre cœur à un travail accru.

La présence de graisse au niveau abdominal augmente le facteur de risque. On parle d'obésité abdominale lorsque le tour de taille dépasse 88 cm chez la femme et 102 cm chez l'homme.

Pour savoir si vous êtes en surpoids, calculez votre indice de masse corporelle ou IMC (poids divisé par la taille au carré). En fonction du résultat, il faudra consulter votre médecin pour qu'il évalue votre risque cardiovasculaire global et vous conseille.

Si l’IMC est :

  • Entre 25,0 et 29,9 kg/m², il existe un surpoids ;
  • Entre 30,0 et 34,9 kg/m², il s’agit d’obésité modérée ;
  • Entre 35,0 et 39,9 kg/m², il s’agit d’une obésité sévère ;
  • Plus de 40 kg/m², on parle d’obésité massive.
Calculer votre IMC - Indice de masse corporelle

cm
kg

Votre IMC : -
Corpulence normale (18.5 < IMC < 25)
Poids compris entre

Agir sur sa consommation de tabac

Pour éviter un AVC, il est recommandé d’arrêter de fumer. Votre médecin traitant peut vous accompagner dans cette démarche.

Pourquoi arrêter de fumer ?

Fumer diminue vos capacités respiratoires et cardiaques à l’effort. Votre corps est en effet moins bien oxygéné et vos muscles moins performants.

La cigarette annule aussi la protection naturelle contre le risque de maladies cardiovasculaires dont bénéficient les femmes jusqu’à la ménopause, grâce à leurs hormones.

L'association pilule-tabac multiplie par plus de quatre le risque de faire un accident vasculaire cérébral.

En arrêtant de fumer, vous agissez pour limiter le risque de maladies cardiovasculaires :

  • 20 minutes après l’arrêt du tabac, votre pression sanguine et vos pulsations cardiaques redeviennent normales.
  • 24 heures après avoir fumé votre dernière cigarette, le monoxyde de carbone est complètement éliminé de votre corps, vos poumons commencent à éliminer lemucus et les résidus de fumée.
  • Après 48 heures, le goût et l’odorat s’améliorent.
  • Après 72 heures, votre respiration est plus facile, votre énergie augmente.
  • Au bout de 3 à 9 mois, les problèmes respiratoires et la toux s’apaisent, votre voix devient plus claire.
  • Après 5 ans sans tabac, le risque d’être victime d’un infarctus dumyocarde est deux fois moins élevé que celui d’un fumeur.
  • 10 ans après l’arrêt du tabac, le risque d’avoir une crise cardiaque redevient équivalent à celui d’une personne qui n’a jamais fumé.

Des aides au tabagique

Si vous avez décidé d'arrêter de fumer, vous pouvez bénéficier d'un coaching 100 % personnalisé en téléchargeant la nouvelle application Tabac info service.

Votre médecin traitant peut  également vous aider et vous conseiller sur l’arrêt du tabac. Si vous êtes dépendant au tabac, il peut vous prescrire un traitement de substitution à la nicotine, sous forme de timbre, de gommes à mâcher ou de comprimés à faire fondre sous la langue. Si les dosages sont bien adaptés, ces substituts comblent le manque de nicotine. Les effets désagréables liés à l’arrêt du tabac (comme l’irritabilité, les difficultés de concentration, l’humeur dépressive, les troubles du sommeil ou de l’appétit, etc.) disparaissent ou diminuent.

L'Assurance Maladie vous accompagne dans l'arrêt du tabac

Elle prend en charge, sur prescription médicale établie par un médecin ou une sage-femme, les traitements par substituts nicotiniques (patch, gomme, pastille, inhalateur...)

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Agir sur son activité physique

Pour rester en bonne santé et diminuer le risque de survenue d’un AVC, il est recommandé d’adopter une activité physique régulière.

Pourquoi bouger tous les jours ?

Pratiquez une activité physique régulière adaptée à votre capacité physique. Grâce à elle, vous agissez sur plusieurs facteurs à la fois :

Elle vous permet de réduire votre risque cardiovasculaire global.

Votre médecin peut vous aider à choisir un programme d'activité adapté à votre aptitude physique et à votre état de santé.

Des astuces pour intégrer l'activité physique dans votre quotidien

Chaque jour, on peut faire plus d’exercice se déplaçant davantage à pied.

Faire ses courses, se rendre au travail, accompagner les enfants à l’école, peuvent devenir autant d’occasions de marcher. Vous empruntez le bus, le métro ou le tramway ? Montez à bord un arrêt après votre station habituelle, ou descendez un peu avant votre destination. Ainsi, vous pourrez marcher sur une partie du trajet. Vous circulez en voiture ? Garez-vous à distance du lieu où vous vous rendez.

Par ailleurs, vous vous dépenserez davantage en adoptant certaines habitudes :

  • préférez les escaliers à l'ascenseur, les escalators ou les tapis roulants ;
  • si vous avez un chien, emmenez-le en promenade plus fréquemment, et plus longtemps ;
  • faites les petits trajets à pieds plutôt qu'en voiture ou en transport en commun ;
  • favorisez les ballades à pieds durant vos moments libres ;
  • essayez chaque jour d'avoir une activité physique. C'est le cas lorsque vous entretenez votre maison (passer l'aspirateur, jardinage, etc.).

Si vous êtes parent, profitez du week-end pour partager les jeux de vos enfants (ballon, vélo, etc.) ou vous promener avec eux. Pendant la sieste, vous pouvez peut-être faire un peu de gymnastique à la maison, en vous aidant par exemple d’un programme enregistré sur CD ou DVD ou d’une plateforme de jeux vidéo. Si vous vivez dans un logement assez grand, pensez au vélo d’appartement. Enfin, vous pouvez aller à la piscine avec des amis : pendant qu’un adulte surveille les enfants, les autres prennent le temps de nager.

30 minutes de marche par jour suffisent

En pratiquant une activité physique régulière, vous limitez votre prise de poids et diminuez le risque de diabète, d'hypertension artérielle ou de cholestérol.

Mieux, vous augmentez votre taux de bon cholestérol et évitez ou retardez le traitement médicamenteux.

L'activité physique régulière

Il n’y a pas d’âge pour commencer une activité physique régulière, à condition de le faire progressivement. Pour commencer, visez une activité modérée (jardinage, ménage, bricolage).

La marche est facile à pratiquer chaque jour, en favorisant les déplacements à pied. Vous pouvez aussi vous promenez, seul ou en famille.

Pensez également aux clubs ou associations qui proposent près de chez vous diverses activités (randonnées, aquagym, danse de salon, etc.) et qui vous permettront de développer vos contacts sociaux. Pour en savoir plus, renseignez-vous auprès de votre mairie.

Dans tous les cas, avant de commencer une activité, consultez votre médecin traitant pour faire le point avec lui sur votre état de santé.

De nombreuses occupations font dépenser de l’énergie :

Intensité Activité Durée
Faible Marche lente, laver la vaisselle, repasser, faire la poussière, bricolage, entretien mécanique, arroser le jardin pétanque, billard, bowling, tennis de table, danse de salon 45 minutes
Modérée Marche rapide (d'un bon pas), laver les vitres ou la voiture, passer l'aspirateur, jardinage léger, ramassage de feuilles, "aérobic", danse (rock, disco…) vélo ou natation "plaisir", aquagym, ski alpin, frisbee, voile, badminton, golf 30 minutes
Élevée Marche avec dénivelés, randonnée en moyenne montagne, bêcher, déménager, jogging, VTT, natation "rapide", saut à la corde, football, basket-ball, volley-ball (et la plupart des jeux de ballon collectifs), sports de combat, tennis, squash, escalade 20 minutes

  • Collège des enseignants d'endocrinologie, diabète et maladies métaboliques. Facteurs de risque cardiovasculaire et prévention - Dyslipidémies. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011-2012 [consulté le 19 janvier 2018]
  • Santé publique France-Inpes. La santé vient en mangeant. Le guide alimentaire pour tous. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2011 [consulté le 19 janvier 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Surpoids et obésité chez l’adulte : prise en charge médicale de premier recours. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2011 [consulté le 19 janvier 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l’abstinence en premier recours. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 19 janvier 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Arrêter de fumer et ne pas rechuter : la recommandation 2014 de la HAS. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 19 janvier 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Sevrage tabagique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 19 janvier 2018]
  • Institut national du cancer (INCa). Arrêter de fumer pour réduire son risque. Site internet : INCa. Boulogne-Billancourt (France) ; 2017 [consulté le 19 janvier 2018]
  • Santé publique France- Inpes. L'activité physique au quotidien protège votre santé. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2004 [consulté le 19 janvier 2018]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Activité physique. Site internet : Inserm. Paris ; 2015 [consulté le 19 janvier 2018]