Comprendre l'accident vasculaire cérébral (AVC)

13 novembre 2018
Un accident vasculaire cérébral (AVC) se produit lorsqu'une partie du cerveau est brusquement privée de sang. Il existe des AVC ischémiques et des AVC hémorragiques. Ils surviennent souvent chez des personnes présentant des facteurs de risque.

Qu'est-ce qu'un accident vasculaire cérébral ?

Un accident vasculaire cérébral ou AVC, communément appelé « attaque cérébrale », est une perte soudaine de la fonction du cerveau. Il est provoqué par un arrêt brutal de la circulation sanguine à l'intérieur du cerveau.

L'arrêt de la circulation du sang ne permet plus un apport suffisant en oxygène et en . Cela entraîne la mort des cellules cérébrales, au niveau de la zone du cerveau touchée.

La gravité de l'accident vasculaire cérébral dépend de la localisation et de l'étendue des zones cérébrales touchées.

© Blausen Medical

Quelques chiffres concernant les accidents vasculaires cérébraux en France
  • Chaque année, 150 000 personnes sont victimes d’un AVC, plus de 110 000 sont hospitalisées et 30 000 en décèdent.
  • L'AVC représente la 3ème cause de mortalité chez l’homme et la 1ère chez la femme.
  • Entre 2008 et 2014, le nombre de patients hospitalisés pour AVC (tous types) a augmenté de 13,7%,
  • L'augmentation du nombre d'AVC avant 65 ans est plus importante chez les femmes (+17,7 %) que les hommes (+12,2 %).
  • L’AVC est la première cause nationale de handicap acquis de l’adulte : plus de 500 000 Français vivent avec des séquelles d'AVC.

Les deux types d'accident vasculaire cérébral

Les AVC ischémiques

Le plus souvent (80 % des cas), l’arrêt de la circulation du sang est dû à un caillot (ou embol) qui bouche une artère à destination du cerveau. On parle d’AVC ischémique ou encore d’infarctus cérébral.

La cause principale est l'athérosclérose : c'est une accumulation de dépôts de cholestérol sur les parois des artères. Ces dépôts durcissent progressivement et forment des plaques d' qui rétrécissent les artères et favorisent la formation du caillot. Dans certains cas, un fragment de plaque peut aussi se détacher et aller obstruer une des artères à l'intérieur du cerveau.

 artère normale et rétrécie (500 px)

 

Parfois, l'accident vasculaire cérébral est la conséquence d'une obstruction par un caillot sanguin formé à distance du cerveau, par exemple dans le cœur. Ce caillot est ensuite véhiculé par le sang jusqu'au cerveau. Cela peut survenir notamment lorsque le cœur bat rapidement et de manière irrégulière (fibrillation auriculaire).

Les AVC hémorragiques

Dans 20 % des cas, l’AVC est dû à la rupture d’une artère cérébrale, provoquant un saignement dans le cerveau. On parle alors d’AVC hémorragique.

La cause principale des AVC hémorragiques est une tension artérielle élevée (hypertension artérielle ou HTA).

Dans certains cas, la rupture peut survenir sur une anomalie préexistante de l'artère : un ou une .

Les facteurs de risque d'AVC

Certains facteurs de risque d'accident vasculaire cérébral peuvent être prévenus, d’autres non.

Il existe deux types de facteurs de risque d'AVC qu’il est impossible de prévenir.

L'âge

Le risque d'AVC augmente avec l'âge, après 50 ans chez l'homme et après 60 ans chez la femme.

Les antécédents familiaux d'accident vasculaire cérébral ou de maladie cardiovasculaire

Le risque augmente si, dans votre famille :

  • un parent proche (père, mère, frère, sœur) a présenté un accident vasculaire cérébral (AVC) avant 45 ans ;
  • votre père ou votre frère a présenté une maladie cardiovasculaire (infarctus du myocarde ou mort subite) avant 55 ans ;
  • votre mère ou votre sœur a présenté une maladie cardiovasculaire (infarctus du ou mort subite) avant 65 ans.

Apprenez à identifier les facteurs de risque cardiovasculaire en cause dans la survenue des AVC pour ne pas les sous-estimer.

Le diabète

On parle de diabète lorsque la glycémie (taux de sucre ou glucose) est supérieure à 1,26 g/l à jeun lors de deux mesures. Si vous souffrez d'un diabète mal contrôlé, l'excès de glucose dans votre sang peut endommager les parois de vos artères.

L'hypertension artérielle

On parle d'hypertension artérielle (HTA) si :

  • la pression artérielle systolique est supérieure à 140 mmHg ou 14 cmHg ;
  • et/ou la pression artérielle diastolique est supérieure à 90 mmHg ou 9 cmHg.

La fibrillation auriculaire

La fibrillation auriculaire (les du cœur battent très vite) est un facteur qu'il est possible de traiter.

Le tabagisme

Le tabac favorise le rétrécissement des artères, la formation de caillots et l'apparition de troubles du rythme cardiaque. Le tabagisme multiplie par 2 le risque d'AVC.

Un taux élevé de cholestérol

On distingue le mauvais cholestérol (LDL cholestérol) du bon cholestérol (HDL cholestérol). Si vous mangez trop gras, si vous souffrez d'obésité ou si vous ne pratiquez pas d'activité physique, le mauvais cholestérol augmente et s'accumule sur les parois de vos artères sous forme de dépôts graisseux. Avec le temps, ces dépôts peuvent ralentir et bloquer la circulation du sang : c'est l'athérosclérose.

L'obésité et le surpoids

On parle de surpoids si l'indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 25 et d'obésité s'il est supérieur à 30.

La présence de graisse au niveau abdominal est un facteur de risque. On parle d'obésité abdominale lorsque le tour de taille dépasse 88 cm chez la femme et 102 cm chez l'homme.

La sédentarité et le manque d'activité physique

C'est-à-dire si vous faites moins de 30 minutes d'exercice physique par jour.

L'alcool

La consommation d'alcool, quel que soit son niveau accroît le risque d'AVC hémorragique. Une consommation de plus de 30 verres par mois et/ou la pratique du binge drinking augmentent le risque d'AVC ischémique.

Les facteurs de risque d'AVC chez la femme

L'hypertension artérielle, et la fibrillation auriculaire sont des facteurs de risque plus fréquents chez les femmes que chez les hommes.
Le risque lié à la contraception orale ou l'hormothérapie substitutive de la ménopause est potentialisé par d'autres facteurs de risque cardiovasculaire comme le tabagisme.
L'éclampsie est la principale cause d'AVC pendant la grossesse et il a été montré que la survenue d’une hypertension au cours de la grossesse augmentait le risque d’AVC de nombreuses années après la grossesse.

Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Accident vasculaire cérébral. Site internet : INSERM. Paris ; 2013 [consulté le 17 janvier 2018]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). L’accident vasculaire cérébral, une (autre) inégalité homme-femme ? Paris ; 2017 [consulté le 17 janvier 2018]
  • Ministère des solidarités et de la santé. AVC. Site internet : ministère des solidarités et de la santé. Paris ; 2017 [consulté le 17 janvier 2018]
  • Lecoffre C, de Peretti C, Gabet A, Grimaud O, Woimant F, Giroud M, et al. L’accident vasculaire cérébral en France : patients hospitalisés pour AVC en 2014 et évolutions 2008-2014. Bull Epidémiol Hebd. 2017;(5):84-94.
  • Lamy C. Accidents vasculaires cérébraux chez la femme. EMC - Neurologie 2016;13(3):1-12 [Article 17-046-R-20]
  • Daubail B, Legris N, Serradj D, Honnart D, Tissier C, Freysz M, et al. Prise en charge des accidents vasculaires cérébraux en urgence. EMC - Urgences 2017;12(4):1-13 [Article 24-002-C-10]
  • Haute Autorité de santé. Prise en chaérge précoce des accidents vasculaires cérébraux ischémiques : permettre à tous un accès à la thrombectomie mécanique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 13 novembre 2018]