Après l'accident vasculaire cérébral

10 avril 2018
Après la phase aiguë de l’AVC, un suivi médical à vie est indispensable. Respectez bien les traitements et conseils donnés par les professionnels de santé. Faites-vous aider pour le quotidien par vos proches, les associations de patients…

Le suivi médical après un accident vasculaire cérébral est important

Dans les jours qui suivent l’AVC, un bilan est réalisé pour évaluer la présence éventuelle de séquelles et vous proposer la prise en charge adaptée.

Plusieurs mois, voire plusieurs années après la survenue de l’AVC, il est encore possible de récupérer.

Votre suivi médical est assuré par votre médecin traitant en collaboration avec d’autres professionnels de santé : neurologue, médecin de réadaptation physique, kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute…

Agir au quotidien sur vos facteurs de risque et prendre régulièrement votre traitement médicamenteux sont des éléments importants pour prévenir les récidives.

Après un AVC, consultez votre médecin régulièrement et :

  • respectez le rythme des consultations et votre traitement. Ne modifiez pas ou n'arrêtez pas votre traitement sans avis médical. Le traitement doit être suivi sans interruption et à vie ;
  • suivez régulièrement les séances de rééducation ou d'orthophonie prescrites ;
  • posez toutes vos questions à votre médecin traitant et pensez à les noter entre les consultations ;
  • suivez les recommandations de votre médecin sur :
    • l'hygiène de vie à adopter,
    • la suppression des facteurs de risque,
    • l'adaptation de votre lieu de vie ou de votre poste de travail, si nécessaire ;
  • faites-vous expliquer les enjeux et les bénéfices de vos traitements ;
  • signalez à votre médecin tout effet indésirable dû au traitement, pour qu'il cherche comment l’atténuer ou le prévenir ;
  • avertissez sans délai votre médecin devant tout symptôme inhabituel ou nouveau qui vous inquiète ;
  • informez tout professionnel de santé du traitement que vous prenez.

Votre médecin peut vous adresser, si nécessaire, à d'autres professionnels de santé ou vers des associations de patients qui vous aident, vous et vos proches, par l'information, l'écoute, l'échange d'expérience...

Si vous avez un trouble de l’humeur (vous vous sentez triste ou vous ne dormez pas bien) ou si vous êtes inquiet, n’hésitez pas à en parler à votre médecin ; il peut vous proposer des solutions pour surmonter ces difficultés.

Grippe et AVC

Après un AVC, il est recommandé de se faire vacciner contre la grippe tous les ans. Ce vaccin est remboursé par l'Assurance Maladie sous certaines conditions : parlez-en à votre médecin.

Des conseils spécifiques en cas de prise d’anticoagulants

Les traitements anti-coagulants évitent la formation de caillots dans le sang.

La prise d'anticoagulants antivitamine K

Ce traitement nécessite un suivi régulier grâce à un examen appelé INR. L’INR (qui signifie International Normalized Ratio) consiste à mesurer le temps nécessaire pour que le sang coagule. Il sert à évaluer l’efficacité du traitement anti-coagulant anti-vitamine K et permet à votre médecin d’ajuster le dosage du traitement si nécessaire.

En effet, une dose trop forte favorise les saignements des gencives, du nez, etc. et l’apparition de "bleus". Si le saignement est plus important, on parle d’hémorragie. À l’inverse, une dose trop faible favorise la formation de caillots. La surveillance du traitement est donc très importante.

L’efficacité d’un traitement anti-coagulant anti-vitamine K varie en fonction des personnes. Elle peut être influencée par la présence éventuelle d’une autre maladie, par la prise d’un ou de plusieurs autres traitements médicamenteux, ou encore par l’alimentation.

La prise d'anticoagulants oraux non AVK (dabigatran, rivaroxaban, apixaban), réservés à certains cas.

Ce traitement ne bénéficie pas de test biologique de surveillance.

Si vous êtes sous anticoagulants, appliquez les règles suivantes :

  • comme pour tout traitement, prenez bien les doses de médicament prescrites ;
  • ayez sur vous une carte mentionnant votre traitement ;
  • signalez la prise d'anticoagulants à tous les professionnels de santé que vous consultez (médecin, chirurgien, dentiste, pédicure, infirmière, pharmacien, biologiste, kinésithérapeute, etc.) ;
  • prenez rendez-vous avec votre médecin traitant devant tout signe vous faisant craindre une hémorragie (saignement des gencives, hématomes, selles noires). De plus, pour éviter une coupure ou une chute, ne pratiquez pas de sport violent, ni de travaux dangereux. En cas de saignement, contactez rapidement votre médecin ou rendez-vous aux urgences de l’hôpital le plus proche ;
  • respectez la surveillance imposée par votre traitement.

Si vous êtes sous antivitamine K (AVK) des consignes particulières s’appliquent :

  • pensez à effectuer en temps voulu les examens sanguins (international normalized ratio ou "INR") prescrits par votre médecin ;
  • à chaque INR, veillez à bien faire remplir le carnet de traitement remis par votre médecin (résultat de l'examen, dose journalière de médicament prise depuis le précédent INR, incidents éventuels). Pensez aussi à apporter ce carnet à chaque consultation médicale ;
  • mangez sans excès les aliments contenant une grande quantité de vitamine K (asperge, brocolis, laitue, épinards, chou, chou-fleur, choux de Bruxelles). En effet, une consommation importante pourrait modifier le résultat de votre prochain INR.
Votre pharmacien vous accompagne dans le suivi de votre traitement anticoagulant

Le traitement par anticoagulant oral nécessite une vigilance particulière pour prévenir certains risques d’interactions entre médicaments. En plus du suivi médical de votre médecin traitant, vous pouvez bénéficier de l’accompagnement du pharmacien de votre choix. Ce dernier vous donne des conseils sur le bon usage de vos médicaments en tenant compte de vos habitudes de vie. Il s’assure avec vous du bon suivi de votre traitement et vous adresse à votre médecin traitant si besoin.

Si vous souhaitez bénéficier de cet accompagnement personnalisé, confidentiel et gratuit, parlez-en à votre pharmacien.

La vie au quotidien après un AVC

Quelques habitudes sont à prendre pour bien vivre après un AVC.

Agissez sur vos habitudes alimentaires, sur votre consommation de tabac et votre activité physique.

Si vous êtes une femme jeune, parlez de votre contraception à votre médecin car la contraception œstroprogestative (ex. : certaines pilules) est contre-indiquée après un accident vasculaire cérébral. Si vous êtes ménopausée, le traitement hormonal de la ménopause est contre-indiqué.

Si votre arrêt de travail est amené à se prolonger, le service social présent auprès de chaque caisse d'Assurance Maladie (CPAM), peut vous aider.

Lorsqu'une reprise de travail est envisagée :

  • votre médecin traitant peut vous orienter vers votre médecin du travail pour une visite de pré-reprise. Cette visite permet d'évaluer votre aptitude au poste de travail que vous occupez et de proposer des mesures adaptées, si nécessaire. Une reprise de travail à temps partiel pour motif thérapeutique peut être utile pour une courte durée ;
  • après une absence de plus de 30 jours, une visite de reprise auprès du médecin du travail est obligatoire dans un délai de huit jours ;
  • si nécessaire, contactez la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de votre département pour demander le statut de travailleur handicapé ou un dossier de reclassement professionnel.
Reprendre une activité progressivement

Après un arrêt de travail à temps complet, votre médecin peut demander une reprise à temps partiel pour motif thérapeutique. Il faut l'accord de l'employeur et du médecin conseil de l’Assurance Maladie. Le patient perçoit alors des indemnités journalières en complément du salaire partiel.

Si vous avez des difficultés pour prendre en charge votre santé, renseignez-vous, si besoin, auprès d'une assistante sociale, sur les aides financières possibles pour adapter au handicap votre domicile ou votre véhicule.

Des ergothérapeutes peuvent intervenir pour adapter votre domicile à votre handicap.

N'hésitez pas à contacter des associations de malades :

Le Portail national d'information pour les personnes âgées et leurs proches

Les personnes âgées et leurs proches peuvent trouver au point d'information local dédié aux personnes âgées tous les renseignements nécessaires pour faire face à leur perte d'autonomie. Pour trouver les coordonnées de ces points d'information, consultez sur l'annuaire sur ce portail.

Vous y trouverez également :

  • une information officielle et complète sur la perte d'autonomie qui vous renseigne sur les aides, les démarches et les interlocuteurs à contacter,
  • des conseils vous aidant à vivre à domicile avec votre handicap moteur.

Vous avez un handicap moteur dû à un AVC survenu avant vos 60 ans, consultez l'article "Les droits des personnes handicapées vieillissantes".

Sources
  • Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé. Retour au domicile des patients adultes atteints d'accident vasculaire cérébral. Site internet : Haute Autorité de santé. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2003 [consulté le 18 janvier 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Accident vasculaire cérébral. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 19 janvier 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations sur l'accident vasculaire cérébral. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 19 janvier 2018]