Le traitement de l'AVC

24 avril 2017
Une prise en charge précoce après un AVC limite la gravité des séquelles. Une fois la phase d’urgence passée, le patient bénéficie d’une rééducation commencée le plus tôt possible et d’un traitement adapté à ses facteurs de risque.

Le traitement en urgence et médicamenteux de l'AVC

En cas d'accident vasculaire cérébral ischémique, le traitement en urgence, réalisé en milieu hospitalier dans une unité neurovasculaire ou en coordination avec elle, consiste à dissoudre le caillot qui bouche l'artère cérébrale en perfusant un médicament : on appelle ce traitement la ou la fibrinolyse.

Ce traitement doit être réalisé dans les premières heures qui suivent l'apparition des symptômes. Il va permettre de rétablir la circulation du sang et l'apport en oxygène au niveau du cerveau, et donc de limiter la lésion cérébrale et ses séquelles.

Plus ce traitement est mis en place rapidement, moins les séquelles de l'accident vasculaire ischémique seront importantes.

Le traitement médicamenteux après un AVC ischémique

Les médicaments plaquettaires sont prescrits après un AVC ischémique, sauf si un traitement anticoagulant est indiqué.

Ils empêchent les plaquettes du sang de s'agglutiner et donc les caillots de se former.

Les anticoagulants sont prescrits dans certains cas d'AVC ischémiques, notamment lorsque le caillot sanguin a migré au cerveau à partir du cœur, lors de battements du cœur irréguliers (fibrillation auriculaire) ou lors d'une maladie des .

Ils empêchent les caillots existants de grossir et, surtout, ils préviennent la formation de nouveaux caillots de sang.

Pilule et AVC

La contraception œstroprogestative (ex. : certaines pilules) est contre-indiquée après un accident vasculaire cérébral. Si un traitement hormonal de la ménopause est en cours, il est préconisé de l'arrêter.

Parlez-en à votre médecin traitant ou à votre gynécologue.

La rééducation de l'accident vasculaire cérébral

La rééducation a pour objectif de regagner le maximum d'autonomie.

Elle commence le plus rapidement possible, dès que l'état de santé le permet. Elle débute à l'hôpital, puis se poursuit à domicile ou en centre spécialisé, selon les cas.

La récupération va dépendre de la localisation de la lésion cérébrale, de l'importance de l'atteinte et de l'état général de la personne. Selon les cas, il peut y avoir une récupération totale, un handicap modéré ou la persistance d'une perte d'autonomie parfois importante.

Cette phase de rééducation est longue et éprouvante ; les encouragements des proches et les progrès réalisés vont aider le malade à persévérer.

La rééducation a trois objectifs principaux.

Le premier objectif consiste à éviter l'apparition de complications supplémentaires. En effet, sans la rééducation, un raidissement progressif des membres chez une personne paralysée peut survenir. Une sorte de tic de la parole, avec répétition automatique de mots chez une personne , peut également apparaître dès les premiers jours suivant l'accident vasculaire cérébral. Ces complications aggravent le handicap. Elles peuvent être évitées par une rééducation précoce.

Le second objectif est la récupération maximale des différentes fonctions : marche, usage de la main, langage.

Elle va nécessiter un travail de reverticalisation progressive, puis un travail de la marche elle-même. Ce travail est réalisé en utilisant un appui (canne tripode, canne anglaise, harnais suspendu) ou d'autres aides techniques ( ou chaussures orthopédiques). La marche est travaillée tous les jours : la régularité de l'entraînement est essentielle pour pouvoir remarcher.

Elle est notamment centrée sur des tâches qui sont répétées jusqu'à l'acquisition. L'objectif est de restaurer la commande volontaire des mouvements des mains par le cerveau.

Elle a pour objectif de rendre au patient sa possibilité de communiquer par la parole et l'écriture ou par d'autres intermédiaires (gestes, attitudes, etc.), si le recours au langage apparaît impossible. Cette rééducation est longue et intensive. Elle nécessite plusieurs séances par semaine.

Le troisième objectif est d'apprendre à la personne, quel que soit son degré de récupération, à utiliser au mieux ses fonctions restantes dans les situations de la vie quotidienne (toilette, habillage, préparation des repas, conduite de la voiture...). C'est le rôle de l'ergothérapeute : il conseille sur la manière de faire et propose, si nécessaire, des aides techniques.

La correction des facteurs de risque cardiovasculaire

Le contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire a pour objectif d'éviter un nouvel accident vasculaire cérébral ou la survenue d'autres maladies cardiovasculaires.

Arrêter de fumer

L'arrêt du tabac est fortement recommandé : il permet de diminuer le risque de faire un nouvel accident vasculaire cérébral ou une maladie cardiovasculaire, comme un infarctus du . Il existe des aides efficaces pour arrêter de fumer.

Limiter sa consommation d'alcool

La consommation quotidienne d'alcool doit être limitée à moins de trois verres de vin pour les hommes et deux verres de vin pour les femmes.

Lutter contre le surpoids ou l'obésité

On parle de surpoids si l'indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 25, et d'obésité s'il est supérieur à 30.

Pour calculer votre indice de masse corporelle, utilisez notre calculateur ci-dessous.

Autre élément important : la répartition des graisses corporelles. Si l'excès de graisse se situe au niveau de la taille et du ventre (obésité abdominale), le risque cardiovasculaire est plus élevé. On parle d'obésité abdominale lorsque le tour de taille dépasse 88 cm chez la femme et 102 cm chez l'homme.

Pratiquer une activité physique

Si possible, pratiquez régulièrement une activité physique adaptée au handicap, à raison de 30 minutes par jour.

Surveiller son cholestérol

En cas de taux élevé de cholestérol, un régime alimentaire et un traitement par statines, qui permet de freiner la fabrication du cholestérol par le foie, sont nécessaires.

Surveiller sa tension

L'hypertension artérielle est le principal facteur de risque associé aux accidents vasculaires cérébraux. On parle d'hypertension artérielle quand, à plusieurs reprises, la pression systolique est supérieure à 140 mmHg (14 cmHg) et/ou la pression diastolique est supérieure à 90 mmHg (9 cmHg).

En cas d'hypertension, le médecin conseillera notamment une réduction de la consommation de sel et un traitement par médicaments.

Surveiller son diabète

Le diabète correspond à un excès de sucre dans le sang. Il nécessite un régime et un traitement médicamenteux spécifique.

Le traitement de la cause possible de l'AVC

Il est parfois nécessaire de traiter chirurgicalement la cause de l'accident vasculaire cérébral et d'éviter ainsi un nouvel AVC. Il peut s'agir de retirer (ablation) une plaque d' au niveau d'une artère du cou à l'origine d'un AVC ischémique ou de corriger une à l'origine d'un AVC hémorragique.

En cas de fibrillation auriculaire (battements de cœur rapides et irréguliers), un traitement anticoagulant qui évite la formation de caillots est souvent prescrit par le médecin.

Bien suivre son traitement anticoagulant permet de prévenir la survenue d'un AVC.

L’AVC, une affection de longue durée ?

Votre médecin traitant, en lien avec le médecin hospitalier, peut demander la reconnaissance de votre maladie au titre des affections exonérant du ticket modérateur.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Synthèse des recommandations de bonne pratique : accident vasculaire cérébral : prise en charge précoce. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 20 août 2013]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Accident vasculaire cérébral. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 20 août 2013]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Sténoses carotidiennes : place de la chirurgie et de l'angioplastie. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 20 août 2013]
  • Haute Autorité de santé (HAS). La prise en charge de votre fibrillation auriculaire. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 20 août 2013]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Prévention vasculaire après un infarctus cérébral ou un accident ischémique transitoire. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 19 janvier 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Pour un bon usage des statines. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 19 janvier 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Rééducation motrice après un AVC : à déclencher dès que possible. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 19 janvier 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Accident vasculaire cérébral : méthodes de rééducation de la fonction motrice de l'adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 20 août 2013]