Sommaire : Asthme de l'adulte au quotidien

Asthme et environnements : identifier et se protéger des facteurs déclenchant des crises d’asthme

De nombreux facteurs au sein de différents environnements peuvent déclencher des crises d'asthme. Retrouvez nos conseils pour apprendre à les identifier et aménager votre domicile et votre lieu de travail en conséquence. Découvrez aussi comment vous protéger des allergènes en extérieur.

Asthme et environnements : savoir identifier et se protéger des facteurs déclenchant des crises d’asthme

De nombreux facteurs au sein de différents environnements peuvent déclencher des crises chez les personnes atteintes d’asthme. Afin de les éviter, retrouvez nos conseils pour apprendre à identifier les facteurs auxquels vous êtes sensible et aménager votre domicile et votre lieu de travail en conséquence. Découvrez également comment vous protéger des allergènes en extérieur.

Identifier les facteurs déclenchant les crises d’asthme

Les facteurs susceptibles de déclencher ou d’aggraver des crises d’asthme sont nombreux et peuvent varier d’une personne à l’autre : acariens, poussières, pollens, fumée du tabac, pollution atmosphérique, virus.... Le stress ou l’activité physique intense peuvent aussi les déclencher.

Pour identifier ces facteurs, votre médecin recherchera les circonstances de survenue de vos crises (lieu, type d’activité pratiquée, conditions météorologiques, etc.). Si un facteur particulier est soupçonné, il pourra éventuellement procéder à des examens complémentaires afin de confirmer son diagnostic.

Agir efficacement sur son environnement nécessite de bien connaître son asthme.

Comment se protéger des facteurs déclenchant une crise d'asthme ?

Chez soi

Améliorez la qualité de l’air à votre domicile en réduisant la quantité d’allergènes qui déclenchent vos crises :

  • Contre les acariens : choisissez des oreillers et couettes en matière synthétique plutôt qu’en duvets ou plumes et recouvrez votre matelas d’une housse hermétique. Préférez des sols lisses (carrelages, parquets) aux moquettes ou tapis, dépoussiérez vos meubles avec un chiffon humide
  • Contre les moisissures : conservez une température ambiante inférieure à 20 °C. N’oubliez pas d’aérer quotidiennement votre habitation et de ventiler les pièces produisant de l’humidité, notamment la cuisine et la salle de bain. Si des taches d’humidité apparaissent, nettoyez-les à l’eau de javel, et cherchez les causes. Supprimez les bacs à réserve d’eau des plantes d’intérieur si vous en avez.
  • Certains poils d’animaux peuvent aussi être source d’allergies et de crises d’asthme. Si vous possédez un chien par exemple, il est conseillé de le laver régulièrement et de le brosser à l’extérieur.
  • Contre les cafards : ils prolifèrent sous les éviers ou lavabos, dans les plinthes, les ordures, les placards…aussi , jetez vos sacs-poubelle et les cartons d’emballage alimentaire dès que possible, et privilégiez les boîtes hermétiques pour stocker vos aliments.
  • D’autres facteurs irritants peuvent aggraver votre asthme, quelles que soient leurs origines : la fumée de tabac, les composés organiques ou encore les gaz de combustion. Restez donc vigilants en entretenant vos appareils à gaz ou optez plutôt pour des plaques électriques.

Sur son lieu de travail

Si votre asthme est déclenché ou aggravé sur votre lieu de travail, cela peut être un asthme professionnel. Dans ce cas, rapprochez-vous de votre médecin du travail qui établira le diagnostic et la conduite à tenir.

À l’extérieur

Même s’il est difficile de contrôler la qualité de l’air, il est possible de se protéger des allergènes présents. Afin de prévenir l’arrivée de la saison des pollens, aérez votre logement tôt le matin et tard le soir, secouez vos vêtements à l’extérieur après une sortie pour éviter d’en introduire chez vous. Pensez aux lunettes de soleil pour limiter le contact des pollens avec vos yeux, ainsi qu’au port d’un chapeau. Vous pouvez également vous renseigner sur la quantité des pollens présents et contrôler la qualité de l’air avant de sortir de chez vous (pour être informé en temps réel sur les pics de pollinisation dans votre région et connaître les végétaux « à risque », consultez la carte de vigilance aux pollens sur le site pollens.fr). Par ailleurs, Il est déconseillé de pratiquer une activité physique Si l’air est froid et sec, et en cas de pollution.

Agir sur votre environnement vous permet de limiter vos crises et vous aide à mieux contrôler votre pathologie. Une fois que vous avez identifié les facteurs auxquels vous êtes sensible, vous pouvez mettre en place les différentes méthodes qui viendront les diminuer.

Se protéger de la grippe

La grippe est une maladie qui peut entraîner une inflammation des voies respiratoires favorisant l’apparition de crises d’asthme. Il est conseillé à toutes les personnes asthmatiques de se faire vacciner chaque année afin de mieux se protéger.

Comment consulter un conseiller en environnement intérieur

Le médecin traitant, le pneumologue ou l’allergologue prescrit un bilan afin de déterminer les allergènes auxquels le patient est sensible. Avec ce diagnostic, le conseiller en environnement intérieur saura ce qu’il faut rechercher dans le logement.

Dans ce cadre, la visite est gratuite lorsque le conseiller est rattaché à une structure officielle : association, un service d’hygiène de la ville, un hôpital.

Le site Conseillers médicaux en environnement intérieur (CMEI) recense tous les conseillers en environnement intérieur qui interviennent en France.

Émilie : « Mon déménagement a été un véritable miracle »

Émilie Arlettaz, adhérente du programme Sophia, tenait à partager son expérience : comment ses changements d’environnements successifs ont changé sa vie d’asthmatique.

Depuis quand êtes-vous asthmatique ?

« Je suis allergique depuis l’adolescence, allergique aux allergènes classiques : à la poussière de maison, aux chats, aux chiens… C’est une allergie que je vivais – je dirais – « tranquillement ». Elle se manifestait par des symptômes atypiques, surtout des maux de tête. À cette époque, je vivais dans le Loiret, dans le Berry, près d’une forêt sèche. Mes premiers symptômes d’asthme sont apparus quand j’ai déménagé à Paris pour des raisons professionnelles, à l’âge de 28-29 ans. J’ai enchaîné bronchite asthmatiforme sur bronchite asthmatiforme jusqu’à ce que mon médecin pose le diagnostic d’asthme.»

Ce processus de diagnostic a-t-il été long ?

« Non, car j’ai eu beaucoup de chance. Je travaille pour une agence de communication en santé où travaille aussi un médecin qui suivait ce qui m’arrivait et qui m’a bien aiguillée. J’ai tout de suite été mise sous avec des corticoïdes inhalés, et des bronchodilatateurs en traitement de secours.»

Mais vous avez à nouveau déménagé...

« Oui, dans une maison dans la forêt de Rambouillet, en région parisienne. Mon asthme n’était plus du tout contrôlé. Je faisais crise sur crise, malgré des changements de traitement de fond et de traitement de secours. J’ai enlevé tous les allergènes : je n’avais pas de tapis, j’ai supprimé la laine, arrêté de stocker du bois dans la maison même si nous avions un chauffage au bois... J’ai eu trois cures de corticoïdes oraux dans l’année, mais rien n’y faisait. J’étais très fatiguée : je me réveillais toutes les nuits parce que je n’arrivais plus à respirer. J’ai à nouveau déménagé pour des raisons personnelles et là, mes symptômes se sont arrêtés net. Un vrai miracle ! Ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai compris que la maison ancienne, avec ses poutres en bois, ses moisissures, et une forêt humide ne me convenaient pas. Dans mon nouvel environnement, dans cette ville de petite taille où il n’y a pas beaucoup de circulation et où les espaces verts sont importants, tout va bien.»

Quels conseils donneriez-vous à d’autres patients asthmatiques ?

« On dit souvent aux asthmatiques de déménager à la mer, à la montagne… Ce n’est évidemment pas toujours possible, mais là, il m’a suffi de déménager dans un rayon de 10 km pour que ça change ma vie ! Ça vaut le coup. C’est dommage d’user sa santé. Je conseillerais aussi de faire du sport. Je fais de la course à pied deux fois par semaine, et aussi des entraînements HIIT (à haute intensité cardiorespiratoire) en visioconférence depuis le confinement. Bien sûr, il faut en parler à son médecin avant et prévenir le coach qu’on est asthmatique. Je fais plus de pauses que d’autres sportifs et je ne cherche pas à me mesurer à eux. C’est difficile de s’y mettre mais premièrement, ça fait vraiment du bien et, deuxièmement, ça me permet de cartonner au niveau des chiffres de spirométrie ! À ce sujet, la brochure sur le sport du programme Sophia est très bien faite, très didactique.»

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