Émilie : « Mon déménagement a été un véritable miracle »

01 février 2021
Émilie Arlettaz, adhérente du programme Sophia, tenait à partager son expérience : comment ses changements d’environnements successifs ont changé sa vie d’asthmatique.

Depuis quand êtes-vous asthmatique ?

Émilie Arlettaz. Je suis allergique depuis l’adolescence, allergique aux allergènes classiques : à la poussière de maison, aux chats, aux chiens… C’est une allergie que je vivais – je dirais – « tranquillement ». Elle se manifestait par des symptômes atypiques, surtout des maux de tête. À cette époque, je vivais dans le Loiret, dans le Berry, près d’une forêt sèche. Mes premiers symptômes d’asthme sont apparus quand j’ai déménagé à Paris pour des raisons professionnelles, à l’âge de 28-29 ans. J’ai enchaîné bronchite asthmatiforme sur bronchite asthmatiforme jusqu’à ce que mon médecin pose le diagnostic d’asthme.

Ce processus de diagnostic a-t-il été long ?

Émilie Arlettaz. Non, car j’ai eu beaucoup de chance. Je travaille pour une agence de communication en santé où travaille aussi un médecin qui suivait ce qui m’arrivait et qui m’a bien aiguillée. J’ai tout de suite été mise sous avec des corticoïdes inhalés, et des bronchodilatateurs en traitement de secours.

Mais vous avez à nouveau déménagé...

Émilie Arlettaz. Oui, dans une maison dans la forêt de Rambouillet, en région parisienne. Mon asthme n’était plus du tout contrôlé. Je faisais crise sur crise, malgré des changements de et de traitement de secours. J’ai enlevé tous les allergènes : je n’avais pas de tapis, j’ai supprimé la laine, arrêté de stocker du bois dans la maison même si nous avions un chauffage au bois... J’ai eu trois cures de corticoïdes oraux dans l’année, mais rien n’y faisait. J’étais très fatiguée : je me réveillais toutes les nuits parce que je n’arrivais plus à respirer. J’ai à nouveau déménagé pour des raisons personnelles et là, mes symptômes se sont arrêtés net. Un vrai miracle ! Ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai compris que la maison ancienne, avec ses poutres en bois, ses moisissures, et une forêt humide ne me convenaient pas. Dans mon nouvel environnement, dans cette ville de petite taille où il n’y a pas beaucoup de circulation et où les espaces verts sont importants, tout va bien.

Quels conseils donneriez-vous à d’autres patients asthmatiques ?

Émilie Arlettaz. On dit souvent aux asthmatiques de déménager à la mer, à la montagne… Ce n’est évidemment pas toujours possible, mais là, il m’a suffi de déménager dans un rayon de 10 km pour que ça change ma vie ! Ça vaut le coup. C’est dommage d’user sa santé. Je conseillerais aussi de faire du sport. Je fais de la course à pied deux fois par semaine, et aussi des entraînements HIIT (à haute intensité cardiorespiratoire) en visioconférence depuis le confinement. Bien sûr, il faut en parler à son médecin avant et prévenir le coach qu’on est asthmatique. Je fais plus de pauses que d’autres sportifs et je ne cherche pas à me mesurer à eux. C’est difficile de s’y mettre mais premièrement, ça fait vraiment du bien et, deuxièmement, ça me permet de cartonner au niveau des chiffres de spirométrie ! À ce sujet, la brochure sur le sport du programme Sophia est très bien faite, très didactique.