Activité physique et asthme

11 mars 2017
La pratique régulière d’une activité physique est bénéfique pour toute personne asthmatique. Avant de débuter une activité, il est recommandé de voir son médecin pour s’assurer du contrôle de l’asthme et se faire aider dans le choix d’une activité. La survenue d’un asthme d’effort peut être prévenue.

Pourquoi pratiquer une activité physique ?

La pratique d’une activité physique régulière est recommandée à tous. Et contrairement aux idées reçues, il en va de même pour les personnes asthmatiques. La seule condition pour la pratique d’une activité physique de loisir ou d’un sport, même en compétition, est d’avoir un asthme bien contrôlé.

Les bénéfices de l’activité physique régulière sont nombreux. En plus du plaisir qu’elle procure, elle contribue au bon contrôle de son asthme et augmente progressivement la tolérance à l’effort. Elle renforce aussi le cœur et aide à diminuer son stress.

Bouger ne veut pas dire uniquement « faire du sport »

L’activité physique se pratique dans la vie de tous les jours. Ce n’est pas seulement pratiquer un sport. Faire ses courses à pied, jardiner, tondre la pelouse, faire le ménage, promener le chien, jouer au parc avec les enfants, etc. sont des activités bénéfiques.

Il est recommandé de pratiquer l’équivalent de 30 minutes d’activité physique modérée par jour. Et des changements d’habitudes permettent aussi de bouger et d’améliorer son souffle : préférer les escaliers à l’ascenseur, effectuer vos déplacements quotidiens à pied ou à vélo plutôt qu’en voiture ou en transport, descendre un arrêt de bus avant sa destination, multiplier les balades à pied ou à vélo, etc.

Toutes les occasions sont bonnes pour bouger et améliorer votre condition physique.

Asthme d’effort

Lors de la pratique d’une activité physique, il arrive que les bronches se contractent, ce qui peut entraîner des symptômes variables d’une personne à l’autre : toux, essoufflement ou gêne respiratoire, sensation d’oppression sur la poitrine. On parle alors d’asthme d’effort qui peut survenir pendant ou après l’effort physique (asthme post-exercice).

Une visite chez le médecin traitant permet de confirmer ce diagnostic ; ses conseils seront bénéfiques pour le prévenir. D’autant que l’asthme d’effort survient plus fréquemment si l’asthme n’est pas contrôlé. Et il ne se manifeste pas chez toutes les personnes asthmatiques, ni à chaque effort.

Les signes sont rapidement soulagés par le traitement de crise.

Facteurs favorisants l’asthme d’effort

Lors de la pratique d’une activité physique, les muscles ont besoin de plus d’oxygène. Pour répondre à ce besoin, la respiration s’accélère et se fait par la bouche. Cela permet l’arrivée d’un air froid et sec directement au niveau des bronches, qui provoque leur contraction. De plus, la respiration par la bouche ne permet pas de filtrer certains facteurs allergiques (les pollens) ou irritants (pollution atmosphérique) qui atteignent directement les bronches et favorisent la survenue d’une crise d’asthme.

Ainsi, l’asthme d’effort est favorisé par :

  • un effort très long ou très intense ;
  • un air froid et sec ;
  • la pollution atmosphérique ;
  • les pollens, en cas de sensibilité ;
  • un asthme mal contrôlé avec une importante inflammation des bronches, qui les rend très réactives aux facteurs favorisants.

Prévenir l’asthme d’effort

L’asthme d’effort ne doit pas faire renoncer à la pratique d’une activité physique. Il peut être prévenu :

  • par un échauffement progressif ;
  • en adaptant l’intensité de son effort et en s’hydratant régulièrement pendant son activité ;
  • enfin, il est important d’arrêter progressivement l’effort.

Si nécessaire, votre médecin vous conseillera de prendre une ou deux bouffées de traitement de crise 10 à 15 minutes avant l’effort, afin de limiter le risque de crise d’asthme pendant votre exercice physique.

Choisir son sport quand on est asthmatique

La pratique régulière d’une activité physique est bénéfique chez les personnes asthmatiques, mais il peut être utile de demander conseil à son médecin. Le choix de l’activité se fera en fonction de ses capacités, des envies, mais aussi de l’effort à fournir (limiter la respiration rapide), des conditions environnementales (risques liés aux pollens, la pollution ou le froid par exemple).

Le plus important est de porter son choix sur un sport qui plait. Quelques exemples d’activités conseillées aux personnes asthmatiques :

  • la natation et l’aquagym ;
  • les arts martiaux (yoga, tai-chi, etc.), le yoga qui favorisent le contrôle de la respiration ;
  • le vélo, la randonnée, le roller qui améliorent la capacité respiratoire ;
  • certains sports collectifs comme le volley-ball ou le handball, etc. ;
  • la danse, le tennis, la gymnastique, l’escalade, l’aviron, etc.

L’équitation est déconseillée uniquement chez certaines personnes asthmatiques ayant une allergie au cheval ou au foin.

La plongée sous-marine avec bouteilles est maintenant possible, en cas d’asthme non sévère et bien contrôlé. Seul un médecin de la Fédération française d’études et de sports sous-marins peut délivrer un certificat permettant la pratique de ce sport.

Sport de compétition et asthme

Comme l’ont prouvé de nombreux sportifs célèbres (Mark Spitz et Amy Van Dyken en natation, Jackie Joyner-Kersee en athlétisme, etc.), il est possible de concilier asthme et sport de compétition.

Pour les personnes asthmatiques pratiquant un sport de compétition, un formulaire d’autorisation d’usage à des fins thérapeutiques peut être nécessaire. Ce document est complété par son médecin pour justifier l’utilisation de certains médicaments anti-asthmatiques.

Précautions à prendre pour pratiquer une activité physique

Afin de profiter pleinement de ses activités physiques et sportives, il est essentiel que l’asthme soit bien contrôlé.

Par ailleurs, quelques précautions sont à prendre pour limiter tout risque de crise, en prêtant une attention particulière aux bronches :

  • Toujours avoir avec soi son d’action rapide ; dans la poche ou dans le sac à dos, le traitement de crise agit rapidement dès que les premiers signes de crise apparaissent, et être ainsi plus efficace.
  • En cas d’asthme d’effort et sur conseil du médecin, prendre une à deux bouffées du traitement de crise 10 à 15 minutes avant l’effort.
  • Prendre le temps de s’échauffer. L’échauffement permet de préparer ses bronches à l’activité physique en accélérant petit à petit le rythme respiratoire.
  • Adapter l’intensité de son activité à sa forme du jour. Une fatigue passagère ou un rhume peuvent affecter la fonction respiratoire. Ne pas hésiter à se reposer et à ajuster l’intensité de l’activité physique.
  • Après l’effort, laissez également le temps aux bronches de se réadapter à un rythme normal, en diminuant progressivement l’intensité de l’effort, sans s’arrêter brutalement.

À l’air environnant :

  • Tenir compte des conditions climatiques et de la qualité de l’air : il peut être préférable de pratiquer son activité à l’intérieur en hiver (pour éviter l’air froid), pendant la période des pollens (en cas d’allergie) et pendant les pics de pollution.
  • La qualité de l’air dans la salle de sport est aussi à prendre en compte en cas d’allergie aux acariens, présents dans la poussière, ou à certains produits d’entretien.

Enfin, il est important de s’hydrater régulièrement pendant l’activité, sans attendre d’avoir soif. La déshydratation peut faciliter le déclenchement des crises.

Sources
  • Global intiative for asthma (GINA). Global Strategy for Asthma Management and Prevention (2016 update). Site internet : Ginasthma. Bethesda (Etats-Unis), Genève (Suisse) ; 2016 [consulté le 12 septembre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Education thérapeutique du patient asthmatique - Adulte et adolescent. Recommandations pour la pratique clinique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2001 [consulté le 12 septembre 2016]
  • Kippelen P, Friemel F, Godard P. L’asthme chez les athlètes. Rev Mal Respir. 2003;20(3):385-97
  • Mise à jour des recommandations SPLF pour la prise en charge et le suivi des patients asthmatiques adultes et adolescents (2015)