Les crises d’asthme

29 mars 2017
La crise d’asthme est la manifestation principale de l’asthme. Elle est rapidement soulagée par la prise d’un traitement de secours, qui dilate les bronches. L’exacerbation est une crise qui dure et s’aggrave. Elle est traitée par des corticoïdes en comprimés pendant une semaine environ.

L’asthme est une maladie respiratoire chronique, caractérisée par une inflammation (ou irritation) permanente des bronches. Elle se manifeste par des crises pendant lesquelles la respiration devient difficile.

Chez une personne asthmatique, la paroi interne de ces conduits, ou bronchique, est irritée et épaissie. Cette inflammation permanente rend les bronches très sensibles à certains facteurs, pouvant déclencher une crise d’asthme.

Qu’est-ce qu’une crise d’asthme ?

La crise d’asthme est un épisode de gêne respiratoire sifflante (dyspnée). Pendant une crise, en plus de l’inflammation des bronches :

  • les muscles qui entourent les bronches se contractent ; le passage de l’air devient plus difficile, surtout à l’expiration ;
  • la sécrète une grande quantité de (substance qui protège les bronches), réduisant l’espace pour le flux d’air.

Mieux comprendre l’asthme

Infographie : vue globale du mécanisme de l'asthme

Entre les crises, l’asthme est souvent silencieux et la respiration est normale. Il peut se manifester seulement à certaines périodes (asthme intermittent) ou être présent toute l’année (asthme persistant), et les causes sont souvent multiples.

Que ressent-on lors d’une crise d’asthme ?

Les symptômes ressentis lors d’une crise d’asthme varient d’une personne à l’autre. Généralement, un ou plusieurs de ces signes peuvent apparaître :

  • une gêne respiratoire survenant rapidement : à cause du rétrécissement des bronches, le passage de l’air est plus difficile. La respiration devient pénible, notamment à l’expiration ;
  • une sensation d’étouffement, d’oppression, de poids sur la poitrine : l'air sort difficilement des poumons et cette sensation peut être angoissante ;
  • une toux sèche : la qui tapisse l’intérieur des bronches est anormalement sensible à certains facteurs. L’irritation qu’ils entraînent peut déclencher une toux sèche ;
  • une respiration sifflante : le calibre des bronches étant rétréci, le passage de l’air dans les conduits produit un sifflement au moment de l’expiration.

Les crises d’asthme sont plus fréquentes la nuit et au petit matin : quintes de toux ou respiration sifflante au réveil et éventuellement, présence d’une sensation d’oppression au lever.

La durée et l’intensité de la crise d’asthme sont variables. Les crises peuvent durer de plusieurs minutes, voire quelques heures. Une fois la crise passée, la respiration redevient normale. Les symptômes peuvent disparaître spontanément ou en réponse au traitement de la crise. On dit qu’ils sont réversibles.

À l’inverse, si les symptômes persistent, se répètent fréquemment ou s’aggravent, on parle d’exacerbation.

Comment traiter une crise d’asthme ?

Le traitement de crise d’asthme (appelé aussi traitement de secours) permet de dilater les bronches et facilite ainsi la respiration. Les médicaments inhalés pour traiter la crise sont appelés des « bronchodilatateurs de courte durée d’action » (salbutamol, terbutaline) : ils agissent rapidement pour soulager les symptômes en quelques minutes mais leur action est de courte durée. Ils doivent être inhalés dès que la crise d’asthme apparaît.

Par précaution, il est essentiel de garder un inhalateur de traitement de secours à portée de main, au cas où une crise se déclenche.

Il est important de signaler à son médecin :

  • des symptômes d’asthme qui reviennent plus de 2 fois par semaine ;
  • des réveils nocturnes liés à l’asthme ;
  • une utilisation de votre traitement de secours plus de 2 fois par semaine ;
  • des difficultés à pratiquer vos activités quotidiennes habituelles.

La présence d’un ou plusieurs de ces signes évoque un asthme insuffisamment contrôlé.

Un traitement de fond peut alors se révéler nécessaire. Ce traitement quotidien agit sur l’inflammation des bronches. Il agit sur le long terme et permet de limiter la survenue des crises d’asthme. Il est aussi important d’identifier les facteurs favorisant les crises d’asthme, en s’appuyant sur les conseils du médecin traitant. Cela permet de prendre des mesures pour limiter le contact avec ces facteurs.

Exacerbation de l’asthme

On parle d’exacerbation lorsqu’une crise d’asthme dure plusieurs heures voire plusieurs jours, malgré la prise répétée d’un traitement de crise. Elle peut apparaître de façon soudaine et s’aggraver rapidement. Certaines circonstances jouent dans la survenue de l’exacerbation comme l’arrêt du traitement par corticoïdes inhalés, une infection virale, l’exposition massive à un ou le tabagisme.

La répétition, ainsi que l’aggravation des symptômes, deviennent une gêne dans les activités quotidiennes et peuvent provoquer des réveils nocturnes.

Au cours d’une exacerbation de l’asthme, la mesure du souffle par débitmètre de pointe ou explorations fonctionnelles respiratoires, lorsqu’elle est réalisable, montre une aggravation de l’obstruction des bronches.

Les exacerbations de l’asthme peuvent être plus ou moins sévères. Elles sont traitées selon les cas, à domicile ou en hospitalisation. Le recours aux urgences) (15 depuis un poste fixe, 112 depuis un téléphone mobile) est nécessaire si le patient éprouve des signes d’exacerbation qu’il ressent comme graves.

Le traitement des exacerbations d’asthme repose sur l’utilisation répétée de bronchodilatateurs inhalés de courte durée d’action à doses plus importantes que celles utilisées lors d’une crise d’asthme. Ils permettent la dilatation des bronches. En fonction de l’évolution des signes et de la mesure du souffle du patient, le médecin détermine :

  • le nombre de bouffées inhalées ;
  • la fréquence du renouvellement de la prise du traitement de secours ;
  • la durée du traitement.

L’utilisation d’une chambre d’inhalation ou d’un nébulisateur pour la prise du traitement de secours peut être utile en cas d’exacerbation.

En cas de gêne respiratoire importante ou de signes persistants malgré la prise répétée du traitement de secours, le médecin prescrit de la (ou corticoïdes) en comprimés sur 7 jours environ, pour lutter contre l’inflammation des bronches.

Lorsque la réponse aux traitements est insuffisante, l’exacerbation sévère doit conduire à une hospitalisation.

Dans tous les cas, le suivi médical est renforcé suite à une exacerbation. Lors des consultations, le médecin traitant réévalue le en fonction des signes cliniques, de la mesure du souffle et recherche la ou les cause(s) à l’origine de l’exacerbation.

Des mesures permettent de maintenir le contrôle de l’asthme, et ainsi de limiter la survenue des crises et des exacerbations :

  • la prise quotidienne du prescrit par le médecin ;
  • une utilisation correcte de l’inhalateur, sur conseils du médecin traitant ou du pharmacien ;
  • limiter les effets des facteurs favorisants (la vaccination contre la grippe, l’arrêt du tabac, etc.) ;
  • apprendre à évaluer le contrôle son asthme.
Le plan d’action personnalisé

En cas d’exacerbation, un plan d’action personnalisé écrit peut s’avérer utile. C’est un support écrit, établi avec votre médecin, qui détaille la conduite à tenir en termes de prises des médicaments et d’appel du médecin ou des urgences en fonction de la gravité des symptômes ressentis.

L’asthme aigu grave

L’asthme aigu grave est une crise intense et inhabituelle, déclenchée suite à l’exposition à une forte concentration de facteurs allergènes ou irritant. Il peut avoir un début brutal ou faire suite à l’évolution défavorable d’une exacerbation.

L’asthme aigu grave est lié à une très forte réactivité des bronches, qui entraîne une obstruction complète : l’air ne passe plus. Cela entraîne un effort intense, pour inspirer et pour expirer, sans réussir à respirer efficacement.

Les signes d’asthme aigu grave :

  • une grande difficulté à respirer (respiration rapide et courte, espace entre les côtes et au-dessus des clavicules se creuse) ;
  • les lèvres et les ongles bleuissent ;
  • des difficultés à parler ou à marcher ;
  • une confusion ou une perte de connaissance.

Il s’agit d’une urgence vitale : si vous êtes en présence d’une personne présentant ces symptômes, il est important d’appeler son médecin traitant ou de composer le numéro d’urgence (15 depuis un poste fixe, 112 depuis un téléphone mobile).

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
Sources
  • Global intiative for asthma (GINA). Global Strategy for Asthma Management and Prevention (2016 update). Site internet : Ginasthma. Bethesda (Etats-Unis), Genève (Suisse) ; 2016 [consulté le 26 août 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Recommandations pour le suivi médical des patients asthmatiques adultes et adolescents. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2004 [consulté le 26 août 2016]
  • Montani D, Cavailles A, Bertoletti L, Botelho A, Cortot A, Taillé T, et al. Les exacerbations de l’asthme de l’adulte en questions. Rev Mal Respir.2010;(27):1175-94.
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Asthme. Site internet : INSERM. Paris ; 2015 [consulté le 26 août 2016]
  • Mise à jour des recommandations SPLF pour la prise en charge et le suivi des patients asthmatiques adultes et adolescents (2015)