Asthme du nourrisson : symptômes, diagnostic et évolution

25 septembre 2018
En présence de symptômes d’asthme chez un nourrisson, un avis médical est nécessaire. Le médecin examine le bébé, et recherche dans son environnement d’éventuels facteurs déclenchant ou favorisant la maladie. Il prescrit aussi une radiographie des poumons. La prise en charge de l'asthme atténue les symptômes.

Les symptômes de l’asthme du nourrisson

La "crise d’asthme" survient chez le nourrisson, fréquemment après un épisode de rhinopharyngite.

Elle se caractérise par des difficultés respiratoires (ou "dyspnée aiguë") survenant assez brutalement, généralement la nuit :

  • Le nourrisson présente une toux sèche, une respiration rapide et sifflante, et ses narines ont des battements rapides. Il peut aussi lutter pour respirer : lors de l’inspiration, les espaces entre ses côtes et au-dessus de ses clavicules se creusent, et son thorax est distendu même quand il expire.
  • Il est très pâle, ses lèvres comme ses doigts peuvent bleuir.
  • Il mange et boit difficilement, il est fatigué.

Devant un ou plusieurs de ces symptômes, il faut consulter immédiatement son médecin ou les services d’urgence.

Chez le très jeune enfant, ces signes peuvent être similaires à ceux d’une bronchiolite. C’est la répétition de ces épisodes qui conduit au diagnostic d’asthme du nourrisson.

Cependant, l’asthme peut se manifester par des symptômes beaucoup moins évocateurs chez un tout-petit :

  • des sifflements sans toux, persistant en dehors des crises, sans retentissement sur l’état général ou l’activité de l’enfant,
  • une toux induite par l’exercice (quand le bébé marche ou s’agite),
  • une toux survenant la nuit,
  • une toux chronique ou des épisodes de toux  récidivants,
  • une toux perdurant après une bronchiolite.

Dans le langage courant, pour évoquer un asthme du nourrisson, on parle de "bronchite asthmatiforme", "toux asthmatiforme", "bronchiolites à répétition", etc.

Mon bébé respire-t-il trop vite ?

Il est normal que votre bébé respire vite à la naissance. Sa respiration ralentit progressivement lorsqu'il grandit :

  • chez les nouveau-nés, on observe 30 à 60 respirations par minute,
  • à l’âge d’un an, 20 à 40,
  • puis, à l’âge de 2 ans, 20 à 30 par minute.

La consultation médicale et le diagnostic d'asthme du nourrisson

Le médecin traitant ou le pédiatre examine le nourrisson pour rechercher des symptômes d’asthme. Au moment de la crise, il perçoit notamment des sifflements quand il ausculte les poumons. En dehors des épisodes aigus, l’examen est généralement normal.

Le médecin interroge aussi les parents sur :

Par ailleurs, le médecin prescrit une radiographie des poumons : celle-ci est normale en cas d’asthme du nourrisson. Des anomalies radiologiques sont en revanche présentes au cours de maladies à ne pas confondre avec un asthme du nourrisson : inhalation d'un corps étranger, infection pulmonaire, mucoviscidose...

Enfin, le médecin peut demander l’avis d’un pédiatre spécialisé en pneumologie, pour :

  • confirmer l’absence d’un autre problème de santé ;
  • procéder à des examens plus approfondis.

Le diagnostic d'asthme n'est posé que si au moins trois épisodes aigus de difficultés respiratoires sont survenus depuis la naissance. Un traitement de l'asthme est alors mis en place. Son efficacité est un élément important dans la confirmation du diagnostic.

Enquête allergologique dans certains cas d'asthme du nourrisson

Pour les enfants de moins de 3 ans, une enquête allergologique peut être nécessaire en cas d’asthme persistant ou sévère malgré le traitement, ou si une origine allergique est suspectée.

Plusieurs tests sont possibles.

Les "prick-tests" étudient la réaction de l’organisme en présence de différents allergènes.

Les allergènes sont d’abord déposés sur la peau. Puis, à l’aide d’une minuscule pointe, le médecin fait un tout petit trou dans l’épiderme (1 mm de profondeur), à l’endroit où se trouve chaque substance. Cela permet aux allergènes de pénétrer sous la peau.

Au bout de 20 minutes, on obtient les résultats du test : ils sont positifs si une rougeur, un chatouillement ou un gonflement apparaissent, là où une ou plusieurs substances données ont été appliquées.

Ainsi, il est possible de savoir les nombres d'allergènes en cause dans l'allergie et leur nature.

Les tests multi-allergéniques à réponse" globale permettent aussi d’analyser les réactions allergiques et sont indiqués en cas d’impossibilité de réaliser des prick-tests.

Ils consistent à fixer sur un support un mélange d’allergènes, auxquels on ajoute du sérum sanguin du patient (liquide issu du sang, dépourvu notamment de globules rouges et blancs).

Le résultat peut être positif ou négatif, et il est global (une seule réponse pour tous les allergènes du mélange). Aussi, si le test est positif, l’enquête allergologique doit être poursuivie, notamment pour mieux préciser le type d’allergène en cause.

L’évolution de l’asthme du nourrisson

D’un nourrisson à l’autre, l’asthme peut être plus ou moins grave. Au fil du temps, le médecin apprécie l’évolution de la maladie selon :

  • la fréquence des crises d'asthme ;
  • la présence d’éventuelles exacerbations (symptômes aigus perdurant plus de 24 heures ou nécessitant soit un changement de , soit la prise de corticoïdes oraux, voire une hospitalisation) ;
  • l’absence ou la présence de symptômes respiratoires entre les crises, en particulier pendant la nuit.

On distingue ainsi :

  • L’asthme intermittent du nourrisson le plus fréquent
    Il se manifeste par des crises plus ou moins intenses et fréquentes, déclenchées généralement par un rhume ou une autre infection virale. Entre les crises, l’enfant ne présente aucun symptôme, et son asthme n’a pas de retentissement sur ses activités quotidiennes.
  • L’asthme persistant du nourrisson
    Il persiste entre les crises une gêne respiratoire continuelle, voire des symptômes respiratoires intermittents, présents surtout la nuit (toux, encombrement, sifflements). Cette forme de la maladie peut perturber les activités du quotidien.

Comment évolue l'asthme du nourrisson après 3 ans

L’asthme du nourrisson peut évoluer différemment au fil des années :

  • dans la majorité des cas, les enfants ont de l’asthme à l’âge de quelques mois et ne sifflent plus après l’âge de 3 ans : ce sont les enfants "siffleurs précoces transitoires". L’asthme a disparu à l’âge de 3 ans ;
  • tandis que d’autres continuent à siffler après l’âge de 3 ans : ce sont les enfants "siffleurs persistants". L’asthme persiste au-delà des 3 ans de l’enfant.

La persistance de l’asthme après l’âge de 2 ans est globalement plus probable lorsque l’enfant :

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Asthme de l'enfant de moins de 36 mois : diagnostic, prise en charge et traitement en dehors des épisodes aigus. Site internet : HAS. Saint-Denis-La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 25 septembre 2018]
  • De Blic J. Asthme de l’enfant et du nourrisson.Traité de médecine AKOS. Elsevier Masson. 2013;8(2):1-13
  • Asthma and Allergy Foundation of America (AAFA). Asthma in Infants. Site internet : AAFA. Landover (États-Unis) ; 2015 [consulté le 25 septembre 2018]