Les symptômes et le diagnostic de l’asthme chez l’enfant de plus de 3 ans

07 juin 2017
L’asthme se manifeste par des crises. Si une crise dure et s’aggrave, c’est une exacerbation. Entre les crises, la respiration est normale. Le diagnostic du médecin repose sur un examen clinique et des tests respiratoires. Des tests cutanés peuvent être demandés pour rechercher une cause allergique.

Les symptômes de l’asthme chez l’enfant de plus de 3 ans

L’asthme peut se manifester seulement à certaines périodes (asthme intermittent) ou être présent toute l’année (asthme persistant). Les symptômes apparaissent de façon plus ou moins intense. Cette variation est qualifiée :

  • de crise d’asthme, lorsque l’enfant ressent une gêne respiratoire liée à divers facteurs environnementaux, infectieux, etc. ;
  • d’exacerbation, lorsqu’une crise dure et s’aggrave ;
  • d’asthme aigu grave, conséquence d’une obstruction majeure des bronches.

Chez l’enfant, d’autres symptômes moins bruyants (toux et trachéite spasmodiques) sont considérés comme des équivalents de l’asthme.

D’autres signes de l’asthme peuvent aussi apparaître lors d’un effort.

Les symptômes ressentis lors d’une crise d’asthme varient d’un enfant à l’autre. Généralement, un ou plusieurs de ces signes peuvent apparaître.

Une gêne respiratoire survenant rapidement

À cause du rétrécissement des bronches, le passage de l’air est plus difficile. La respiration devient pénible, notamment à l’expiration.

Une sensation d’étouffement, d’oppression, de poids sur la poitrine

L'air sort difficilement des poumons et cette sensation peut être angoissante.

Une toux sèche

La qui tapisse l’intérieur des bronches est anormalement sensible à certains facteurs. L’irritation entraînée peut déclencher une toux sèche qui même isolée, traduit une crise d’asthme.

Une respiration sifflante

Le calibre des bronches étant rétréci, le passage de l’air dans les conduits produit un sifflement au moment de l’expiration.

Les crises d’asthme sont plus fréquentes la nuit et au petit matin : quintes de toux ou respiration sifflante au réveil et éventuellement, présence d’une sensation d’oppression au lever.

Une crise d’asthme est de courte durée. La respiration redevient normale quand la crise est passée. Les symptômes peuvent disparaître spontanément ou en réponse au traitement de la crise. On dit qu’ils sont réversibles.

Entre les crises, l’enfant n’a pas de symptômes et la respiration est normale.

Lorsque les symptômes respiratoires persistent plusieurs heures voire plusieurs jours, malgré la prise répétée d’un traitement de crise, on parle d’exacerbation. Elle peut apparaître de façon soudaine ou progressive, et s’aggraver rapidement. Et ce, même chez un enfant ayant un asthme initialement bien contrôlé par le traitement.

Certaines circonstances favorisent la survenue de l’exacerbation comme :

  • l’arrêt d’un traitement par corticoïdes inhalés ;
  • une infection virale ;
  • l’exposition massive à un ;
  • l’exposition au tabagisme passif.

La répétition, ainsi que l’aggravation des symptômes, deviennent une gêne dans les activités quotidiennes et peuvent provoquer des réveils nocturnes.

Les exacerbations de l’asthme peuvent être plus ou moins sévères.

L’asthme aigu grave est une exacerbation qui ne répond pas au traitement ou dont l’intensité est inhabituelle. La crise d’asthme devient une urgence médicale lorsque l’enfant éprouve les symptômes suivants :

  • une grande difficulté à respirer (la poitrine ou les côtes s’enfoncent à chaque respiration) ;
  • un bleuissement des lèvres et des ongles ;
  • une dilatation des narines ;
  • des difficultés à parler ou à marcher ;
  • une confusion ou une perte de connaissance.

Il est important d’appeler le numéro d’urgence : 15 (Samu) ou 112.

La toux spasmodique, équivalent de l’asthme, se manifeste par des épisodes de toux sèche, survenant souvent :

  • en fin de nuit ;
  • lorsque l’enfant a un fou rire ;
  • lors de contrariétés et d’émotions ;
  • à l’arrêt de l’effort ;
  • quand il y a un changement de temps.

Cette toux est très sensible aux traitements antiasthmatiques. Elle est souvent associée à une dermatite atopique. Lorsque l’enfant fait des tests respiratoires, les épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR) montrent alors une hyperréactivité des bronches, comme dans l’asthme.

L’asthme d’effort résulte d’une hyperventilation prolongée provoquant un refroidissement et un assèchement des voies respiratoires. Il est induit par l’exercice physique se manifeste par un essoufflement, une toux, une oppression respiratoire et des sifflements. Ceux-ci surviennent habituellement 5 à 10 minutes après l’arrêt d’un exercice intense. Il arrive parfois que l’asthme apparaisse au cours de l’exercice.

L’enfant peut ne présenter qu’une toux, souvent en quintes. Plus rarement, sa respiration devient anormalement courte, il ressent :

  • un essoufflement anormal pour l’effort produit ;
  • des douleurs thoraciques ;
  • ou une performance sportive très diminuée.

La récupération se fait dans l’heure qui suit.

Le diagnostic de l’asthme chez l’enfant de plus de 3 ans

Lors de la consultation, le médecin commence par poser des questions à l’enfant et à ses parents pour établir son diagnostic :

  • Quels sont les symptômes présentés, leur fréquence, leur évolution, les circonstances qui les déclenchent ?
  • Existe-t-il des antécédents familiaux d’asthme ou d’affections, comme un eczéma ?
  • L’enfant a-t-il eu des bronchiolites, de l’asthme du nourrisson, un eczéma atopique, une rhinite allergique, etc. ?
  • Quel traitement suit l’enfant ? Cette information a son importance car, chez quelques enfants, des médicaments (certains anti-inflammatoires par exemple) peuvent aggraver les symptômes de l’asthme.

Le médecin procède à un examen clinique.

D’autres examens et tests peuvent ensuite être réalisés pour confirmer le diagnostic et juger de la gravité de l’asthme :

  • La radiographie pulmonaire initiale. Cet examen permet de rechercher des signes liés à l’asthme (comme une distension thoracique, par exemple) et un foyer infectieux associé.
  • Les tests respiratoires ou « épreuves fonctionnelles respiratoires » (EFR). Ils sont réalisés à distance d’une crise d’asthme. Ils permettent d’apprécier objectivement l’état respiratoire. Les tests les plus utilisés sont la spirométrie et la pléthysmographie.
  • Les tests cutanés. Ils permettent d’évaluer le terrain atopique en cas d’asthme allergique.

La spirométrie consiste à mesurer pendant plusieurs respirations la quantité d’air que :

  • peuvent contenir les poumons (volume) ;
  • l’enfant est capable d’inspirer ou de souffler en un temps donné (débit).

Ce test est ensuite répété après inhalation d’un bronchodilatateur d’action rapide. Ce médicament permet d’ouvrir les bronches et de faciliter le passage de l’air dans les poumons. C’est le test de réversibilité.

La spirométrie aide au diagnostic d’asthme en montrant qu’il existe une obstruction des bronches qui diminue sous traitement par .

Les enfants de plus de 6 ans sont capables de réaliser une spirométrie.

La pléthysmographie est un test respiratoire qui permet une évaluation plus complète des capacités respiratoires de l’enfant.

Cet examen totalement indolore se déroule dans une cabine vitrée où l’enfant est assis et souffle dans un embout, comme dans un spiromètre.

La pléthysmographie est plus aisée pour les enfants entre 3 et 6 ans.

Pour procéder à une évaluation du terrain atopique de l’enfant, il est nécessaire d’entreprendre des tests cutanés. Des tests par piqûres (prick-tests) permettent de préciser si l'asthme est supposé d'origine allergique. Ils sont couramment pratiqués et permettent de retrouver l’allergène en cause.

À partir des données recueillies lors de l’interrogatoire, le médecin dépose des gouttes de chaque suspecté sur la peau. Il pique à travers la goutte pour la faire légèrement pénétrer. La réaction provoquée est évaluée en mesurant la rougeur et le gonflement qui en résultent.

Si nécessaire, ces tests peuvent être complétés par des analyses sanguines afin d’effectuer un dosage des éosinophiles (variété de globules blancs dont le taux augmente en cas d’allergie) et des (anticorps immunoglobuline E) spécifiques à certains allergènes.

L’asthme de votre enfant peut être reconnu comme ALD

En lien avec le pneumologue ou l’allergologue, votre médecin traitant peut, dans certains cas, demander la reconnaissance de l’asthme de votre enfant au titre d'une affection de longue durée (ALD).

Les examens et les soins en rapport avec l’asthme sont pris en charge à 100 %, selon les tarifs de l’Assurance Maladie.

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
Sources
  • De Blic J. Asthme de l'enfant et du jeune enfant. EMC - Pédiatrie - Maladies infectieuses 2015;11(1):1-15
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Asthme. Site internet : INSERM. Paris ; 2015 [consulté le 8 mars 2017]
  • Marguet C. Prise en charge de la crise d’asthme de l’enfant (nourrisson inclus) - Recommandations pour la pratique clinique. Rev Mal Respir 2007;24 :427-439
  • Société de pneumologie de langue française (SPLF). Recommandations de la SPLR sur asthme et allergie. Rev Mal Respir 2007;24 :221-32
  • Campus de Pédiatrie - Collège National des Pédiatres Universitaires (CNPU). Asthme chez l’enfant. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes (France) ; 2010-2011 [consulté le 8 mars 2017]