Comprendre l’asthme de l’enfant de plus de 3 ans

01 juin 2017
L’asthme est une maladie respiratoire caractérisée par une inflammation permanente des bronches. Il se manifeste par la survenue de crises pendant lesquelles la respiration devient difficile. C’est la maladie chronique la plus fréquente chez l’enfant. Les facteurs favorisants sont multiples.

Qu’est-ce que l’asthme ?

L’asthme est une maladie chronique caractérisée par une inflammation permanente des voies aériennes (bronches). Il se manifeste par des crises pendant lesquelles la respiration devient difficile. Entre les crises, la respiration est en général normale.

Lors de la respiration, l’air circule dans les bronches pour arriver aux poumons. Chez une personne asthmatique, la paroi interne de ces conduits, ou bronchique, est irritée et épaissie. Cette inflammation permanente rend les bronches très sensibles, sujettes à des réactions excessives en présence de facteurs favorisants.

Pendant une crise d’asthme, en plus de l’inflammation des bronches :

  • la sécrète une grande quantité de (substance qui protège les bronches), réduisant l’espace pour le flux d’air ;
  • les muscles qui entourent les bronches se contractent. Le passage de l’air devient alors plus difficile, surtout à l’expiration.
L’asthme de l’enfant en chiffres

Chez l’enfant, l’asthme est la plus fréquente des maladies chroniques et la première cause d’absentéisme scolaire. En France, au moins 10 % des enfants en souffrent. L’asthme concerne majoritairement les garçons jusqu’à l’âge de 15 ans. Après cet âge, l’asthme affecte davantage les femmes.

Les hospitalisations pour asthme sont en augmentation chez les enfants, atteignant près de 40 000 séjours par an.

Les facteurs favorisants de l'asthme

La survenue de l’asthme est le résultat d’une combinaison de plusieurs facteurs d’origine génétique et environnementale.

Chez un enfant prédisposé, l’asthme peut être déclenché par une réaction de défense excessive de l’organisme à des substances étrangères : les allergènes. Ceux-ci sont présents tant à l’intérieur des maisons qu’en extérieur, et sont normalement bien tolérés. On parle alors d’asthme allergique.

Quand un enfant asthmatique rencontre l’allergène auquel il est sensibilisé, ses anticorps ( - immunoglobuline E) le reconnaissent ; ils déclenchent une réaction allergique au niveau des bronches. C’est la crise d’asthme.

Les enfants asthmatiques ne sont pas tous sensibles aux mêmes facteurs. Les connaître et bien les identifier permet autant que possible de :

  • les éviter ;
  • maintenir le bon contrôle de l’asthme, en évitant notamment la survenue des crises.

Les facteurs identifiés comme prédisposant à l’asthme chez l’enfant sont les antécédents personnels ou familiaux d’atopie. C’est à dire, une prédisposition héréditaire à développer des allergies, telles que :

D’autres facteurs personnels sont en cause :

  • une prématurité ;
  • un petit poids de naissance.
    Asthme du nourrisson

    Les enfants peuvent développer de l’asthme dès leurs premiers mois de vie ; c’est l’asthme du nourrisson. Dans 60 % des cas, cette forme d’asthme guérit avant l’âge de 3 ans. Dans les autres cas, l’asthme persiste dans l’enfance et à l’âge adulte.

Les allergènes les plus présents dans un logement et pouvant provoquer des crises d’asthme sont :

  • les acariens (animaux microscopiques présents dans la poussière, la literie, la moquette, etc.) ;
  • les poils d’animaux ;
  • les cafards (ou blattes ou cancrelats) ;
  • les moisissures, dans les endroits humides et mal ventilés.

D’autres allergènes sont présents, par exemple dans certaines plantes d’intérieur.

Plus rarement, les crises d’asthme sont déclenchées par la consommation d’un alimentaire.

Asthme et allergie alimentaire

Les manifestations les plus sévères d’allergie alimentaire surviennent chez l’enfant et l’adulte asthmatique.

L’asthme constitue un facteur de risque de développer un après ingestion d’aliments. Les enfants, les adolescents et les adultes jeunes sont plus à risque. Tous les aliments peuvent être en cause, mais certains, comme l’arachide, les fruits à coque et le sésame, ont un rôle prépondérant.

Chez un asthmatique ayant une allergie alimentaire, il est recommandé de prendre toutes les mesures pour prévenir et traiter un : éviction de l’allergène causal, trousse d’urgence et carte d’allergie.

Pendant la saison des pollens, ceux-ci sont transportés par le vent et présents en grande quantité dans l’air extérieur. Les crises d’asthme peuvent être déclenchées par des pollens de plusieurs origines :

  • les arbres (noisetiers, bouleaux, frênes, cyprès, platanes…) ;
  • les (foin, avoine, seigle…) ;
  • les herbes (ambroisie, oseille, plantain…)

Les facteurs irritants de l’asthme

D’autres facteurs, dits irritants, peuvent provoquer des crises d’asthme chez les enfants sensibles. Ces facteurs sont d’ordre environnementaux, mais peuvent aussi être comportementaux, liés à une activité physique, à une infection passagère ou à la prise de certains médicaments.

En cas de risque d’exposition à ces facteurs et si votre enfant est sous traitement, il est possible de l’adapter pour prévenir les crises. N’hésitez pas à en parler avec son médecin traitant.

Une mauvaise qualité de l’air est un facteur irritant pour les bronches. L’air extérieur est autant concerné que celui respiré en intérieur.

En extérieur

Dehors et en particulier dans les villes, la qualité de l’air est affectée par la pollution automobile et industrielle, notamment par les particules fines. C’est la pollution extérieure.

Les conditions climatiques ont des conséquences négatives ; certains facteurs météorologiques peuvent avoir une influence sur l’asthme. Notamment par temps très froid, quand il y a des pics de pollution ou lorsque l’air est trop humide. Il est alors préférable d'éviter les activités physiques intenses en plein air et de rester en intérieur.

À l’intérieur

Dans les habitations, de nombreuses substances chimiques contenues dans les peintures, les colles, les produits d’entretien, les aérosols, les parfums, les bougies, l’encens, etc. s’évaporent dans l’air ambiant. On parle alors de pollution intérieure.

Enfin, le tabagisme passif est néfaste. Les enfants sont très sensibles à la fumée de tabac, qui est un puissant irritant.

Chez les personnes asthmatiques, le stress peut aggraver les symptômes de l’asthme et diminuer la qualité de vie.

Le stress est une réaction de l’organisme face à certains événements de la vie. Il peut s’agir :

  • D’un stress de courte durée. On parle alors de stress aigu, traduction d’une contrariété, d’une émotion chez l’enfant qui peut apparaître à des moments précis de sa vie et déclencher une crise d’asthme. Par exemple : la rentrée des classes, le passage d’un examen scolaire, un voyage, un retour de vacances, une participation à une fête, etc.
  • D’un stress qui s’installe dans la durée. Il s’agit alors d’un stress chronique. Il perturbe la régulation de l’inflammation des bronches et peut ainsi aggraver l’asthme. Ses causes sont multiples : difficultés familiales et/ou scolaires, surcharge de travail, etc.

Cependant, l’asthme est aussi responsable de stress, notamment au moment des crises. Afin de limiter ces réactions, il est important de bien contrôler son asthme et d’éviter ainsi les crises.

L'activité physique peut déclencher une crise d’asthme chez les jeunes enfants.

On parle d’asthme d’effort. Il résulte d’une hyperventilation prolongée lors de l’effort, provoquant un refroidissement et un assèchement des voies respiratoires. Les symptômes surviennent habituellement 5 à 10 minutes après l’arrêt d’un exercice intense. Il arrive parfois que l’asthme apparaisse au cours de l’exercice.

Les infections respiratoires, dues le plus souvent à un virus, entraînent une inflammation des voies respiratoires. Celle-ci favorise le déclenchement des crises d’asthme et plus particulièrement chez l’enfant. Elle peut toucher :

  • la du nez. On parle alors de rhinite ou de rhume ;
  • les sinus. L’inflammation se traduit en sinusite ;
  • les bronches. L’enfant se voit alors diagnostiquer une bronchite.

Votre enfant peut aussi avoir une crise d’asthme lors de la prise de certains médicaments, comme les anti-inflammatoires.

Sources
  • De Blic J. Asthme de l'enfant et du jeune enfant. EMC - Pédiatrie - Maladies infectieuses 2015;11(1):1-15
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Asthme. Site internet : INSERM. Paris ; 2015 [consulté le 8 mars 2017]
  • Marguet C. Prise en charge de la crise d’asthme de l’enfant (nourrisson inclus) - Recommandations pour la pratique clinique. Rev Mal Respir 2007;24 :427-439
  • Société de pneumologie de langue française (SPLF). Recommandations de la SPLR sur asthme et allergie. Rev Mal Respir 2007;24 :221-32
  • Campus de Pédiatrie - Collège National des Pédiatres Universitaires (CNPU). Asthme chez l’enfant. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes (France) ; 2010-2011 [consulté le 8 mars 2017]
  • Fuhrman C, Nicolau J, Rey G, Solet JL, Quénel P, Jougla E & al. Asthme et BPCO : taux d’hospitalisation et de mortalité dans les départements d’outre-mer et en France métropolitaine, 2005-2007. BEH. 2011;13-14:168-172