Asthme en cas d’allergie chez l’enfant et l’adolescent

L’asthme est une maladie qui débute tôt dans la vie et l’allergie représente une caractéristique importante de l’asthme chez l’enfant.

Les infections respiratoires, causées par des virus fréquents en collectivité, peuvent aussi  favoriser la survenue des crises d’asthme, mais également l’exercice physique (« asthme d’effort »), le froid  et le stress. Le nombre de passages des enfants aux urgences pour asthme augmente à la rentrée scolaire, en septembre.

Cependant, 80% des asthmes de l’enfant de plus de 6 ans sont d’origine allergique. Les sensibilisations précoces et multiples sont associées au développement, à la persistance et à la sévérité de l’asthme.

L’asthme de l’adolescent est aussi majoritairement allergique, et l’asthme sévère est  également caractérisé par la précocité, l’accumulation des sensibilisations et la coexistence d’autres maladies allergiques comme la  rhinite, la dermatite atopique, mais aussi l’allergie alimentaire. Toutefois, à cette période de la vie, émergent de nouveaux types d’asthme tels que l’asthme éosinophilique non allergique, l’asthme associé à de nouvelles comorbidités comme l’obésité, les problématiques psychologiques, la dyskinésie des cordes vocales, ou le syndrome d’hyperventilation. De nouveaux facteurs de risque comme le tabac, les addictions, l’exposition dans le cadre de la formation professionnelle émergent aussi.

Quels sont les symptômes les plus courants de l’allergie ?

Les manifestations cliniques de l’allergie sont plus ou moins sévères et peuvent toucher différentes parties du corps de l’enfant.

Elles peuvent être cutanées (dermatite, eczéma, urticaire), respiratoires (rhinite allergique, asthme), ORL (picotement de la gorge), oculaires, (conjonctivite) ou digestives (nausées vomissements,...) ou enfin générales.

Si ces manifestations peuvent souvent régresser spontanément avec l’âge, elles peuvent  aussi persister et s’aggraver chez certains enfants lorsqu’elles ne sont pas traitées.

Toute observation de ces manifestations surtout si elles sont fréquentes  doit amener une consultation chez un médecin allergologue.

En cas d’asthme  allergique, les symptômes sont ceux d’une crise d’asthme : elle peut associer gêne respiratoire, une sensation d'oppression au niveau de la poitrine, une toux sèche, une respiration sifflante.

 

Qui peut confirmer l’allergie ?

L’allergologue est le seul à pouvoir confirmer l’allergie en identifiant le lien de causalité entre la sensibilisation de l’enfant à certains allergènes et ses symptômes en réalisant des test cutanés, sanguins (dosage des  IGE)  puis des test de provocation (moins souvent utilisés).

 

Quels allergènes sont en cause ?

Les allergènes en cause sont multiples : acariens, blattes, moisissures, pollen, latex, alimentaire (œuf, lait de vache, fruit à coques, moutarde, poissons, crustacés), les poils d’animaux (chat, chien), les hyménoptères (abeilles, guêpes,...).
L’environnement de l’enfant doit également être étudié : tabagisme, pollution, environnement intérieur.

Quels sont les principes du traitement de l’asthme allergique ?

Chez l’enfant de 6 à 11 ans

  • Il comprend l’éviction si possible des facteurs déclenchants et aggravants ; pour les allergènes, s’ils ont été identifiés, une désensibilisation peut être proposée.
  • La pratique d’une activité physique adaptée à l’enfant  peut être proposée aussi.
  • Le traitement médical selon les dernières recommandations GINA (initiative mondiale contre l’asthme) varie en fonction des paliers de sévérité. Il peut comprendre des corticoïdes inhalés en traitement de crise ou de fond à dose faible, associé aux β2 mimétique de courte durée d’action pour les crises, pour les paliers peu sévères. Pour les asthmes très sévères polyallergiques (paliers 5) et en cas d’échec des autres traitements, le spécialiste peut proposer une adaptée.
  • L'éducation thérapeutique de l'enfant asthmatique est aussi  intégrée aux soins : reconnaissance des facteurs déclenchants, des signes de la crise, maîtrise des techniques d’inhalation (Le choix du système d'inhalation dépend de l'âge et de l'habitude de l'enfant asthmatique et de sa famille), compréhension des modalités  de traitement.
  • Enfin, le médecin peut établir avec l’enfant et ses parents un plan d’action personnalisé écrit pour les cas d’exacerbations 

Chez l’adolescent

Durant l’adolescence, et donc dès l’âge de 11 ans, l’enfant change, son asthme change. L’asthme de l’adolescent doit faire l’objet d’un suivi spécialisé. La place et le rôle des parents doit s’effacer au profit de l’adolescent qui devient progressivement acteur à part entière. Une problématique majeure est celle de l’observance, plus faible que celle des enfants plus jeunes ou des adultes. Les dernières recommandations du GINA mettent en avant le recours dès les premiers paliers des traitements combinant formotérol et corticoïde inhalé à la demande, au lieu des β2 courte durée d’action ou des corticoïdes à dose faible en .

Les biothérapies peuvent être proposées pour les asthmes très sévères mais il manque actuellement de données précises chez l’adolescent. Enfin, l’éducation thérapeutique intégrant les particularités et les enjeux de cette tranche d’âge trouve toute sa place dans une gestion globale de l’asthme.

À retenir :

L’allergie n’est pas une fatalité. Elle peut être identifiée puis prise en charge dès le plus jeune âge afin d’améliorer le quotidien de l’enfant, d’empêcher son évolution et d’éviter le développement de nouvelles allergies. Un diagnostic précoce permet des résultats rapides et facilite la vie de l’enfant au quotidien.

 

 

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