Pratiquer un sport en étant atteint d’asthme

En cette année des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris, pour lesquels l’activité physique et sportive est promue Grande Cause Nationale, il est important de rappeler qu’en cas d’asthme, celle-ci est tout à fait compatible, voire recommandée lorsque la maladie est bien contrôlée.

L’asthme n’est pas une contre-indication à la pratique sportive. Elle est même recommandée sous suivi médical lorsque l’asthme est bien contrôlé. Toutefois, avant de réaliser une activité physique, il faut pouvoir s’assurer des points suivants :

  • gêne respiratoire au maximum deux fois par semaine ;
  • recours au traitement de crise au maximum deux fois par semaine ;
  • nuit complète sans réveil à cause de son asthme ;
  • pratique de ses activités quotidiennes sans difficultés.

Qu’il s’agisse d’un loisir ou d’un sport de compétition, l’activité physique, si elle est pratiquée dans de bonnes conditions, a de nombreux effets positifs sur la santé : renforcement du cœur, de la tolérance à l’effort et du souffle. Elle apporte un bien-être physique et mental, contribuant ainsi à une meilleure qualité de vie.
L’activité physique peut aussi s’effectuer dans la vie de tous les jours : se déplacer à pied ou en vélo, monter les escaliers, jardiner, faire le ménage,…Toutes les occasions sont bonnes pour être en mouvement et améliorer sa condition physique.
En cas d’asthme, il est important de bien choisir son activité physique et de mettre en place quelques dispositions simples :

  • consulter son médecin, avant de se (re)mettre au sport, qui vérifiera que l’asthme est bien contrôlé et pourra orienter vers une activité, en tenant compte de l’environnement, des facteurs de risque, des maladies associées (cardiaques notamment) ;
  • choisir une activité qui plaît, qui correspond au budget que l’on s’est fixé, et à l’emploi du temps ;
  • limiter les risques de crise en ayant toujours sur soi son traitement de crise ( d’action rapide), en prenant 1 ou 2 bouffées avant l’effort, en tenant compte des conditions climatiques et de la qualité
  • de l’air (éviter l’air froid, le pollen) ;
  • gérer son effort en s’échauffant progressivement (pour préparer ses bronches à l’activité physique) et en accélérant petit à petit son rythme respiratoire ;
  • adapter l’intensité de son activité selon sa forme physique et récupérer progressivement après l’effort (afin que les bronches se réadaptent à une respiration de repos) ;
  • s’hydrater régulièrement pendant l’activité, sans attendre d’avoir soif.

Certaines activités sont conseillées aux personnes asthmatiques telles que la natation ou l’aquagym, les arts martiaux qui favorisent le contrôle de la respiration, ou encore le vélo et la marche à pied qui améliorent la capacité respiratoire. Il est également possible de pratiquer du sport en compétition*, si l’on est bien encadré.
Cependant, des contre-indications et limitations à l’activité physique existent pour les personnes atteintes d’asthme :

  • asthme non contrôlé ;
  • comorbidités, notamment cardio-vasculaires non stabilisées ;
  • allergie(s), selon le sport choisi (équitation, activité en pleine nature en saison pollinique, etc.) ;
  • natation dans les piscines chlorées pouvant déclencher une « bronchoconstriction induite par l’exercice » (BIE) ;
  • plongée sous-marine en scaphandre autonome (en bouteille), si plus de 6 crises par an ou si antécédent de crise grave. Cette activité nécessite une évaluation par un pneumologue, et des EFR avec test de réversibilité aux bêta-2-mimétiques.

L’asthme d’effort

Il arrive qu’une crise d’asthme soit déclenchée au cours d’un exercice physique, ou peu après.
La respiration s’accélère et les bronches se contractent : c’est ce que l’on appelle un asthme d’effort.
Il survient plus facilement en cas d’asthme sévère ou non contrôlé et peut être favorisé par un air froid et sec, la pollution atmosphérique et les pollens. Les symptômes peuvent varier : gêne respiratoire, respiration sifflante, sensation d’oppression sur la poitrine, toux…. La prévention de l’asthme d’effort repose avant tout sur :

  • un échauffement correct (respirer par le nez, ce qui réchauffe et filtre l’air avant qu’il n’arrive jusqu’aux bronches) ;
  • le port d’un foulard devant la bouche en cas de grand froid ;
  • un effort physique adapté ;
  • un arrêt progressif de l’effort.

Lorsque ces mesures ne sont pas suffisantes, un traitement médicamenteux peut être proposé.
Il s’agit du traitement de crise, utilisé 10 à 15 minutes avant l’effort.

L’asthme d’effort peut être confirmé par des tests : le médecin traitant pourra répondre aux questions et établir un diagnostic.

 

* Attention, certains médicaments utilisés dans le traitement contre l’asthme figurent sur la liste des substances interdites en sport de compétition : ils doivent faire l’objet d’une procédure d’autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT).
D’autres traitements sont autorisés, selon un dosage thérapeutique respecté et doivent être justifiés en cas de contrôle antidopage.

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