Le traitement de l'arthrose de la hanche

24 avril 2017
L'arthrose de la hanche est une maladie qui persiste. Aucun traitement ne permet de la guérir, mais il est possible de soulager efficacement la douleur et de ralentir l'évolution par des mesures hygiéno-diététiques, des médicaments, de la rééducation et des exercices adaptés à chaque cas.

Le traitement médical de l'arthrose de la hanche

L'arthrose est une maladie chronique qui persiste mais dont l'évolution est ralentie, même dans les formes avancées, grâce au traitement médical et à une bonne hygiène de vie.

Le traitement de l'arthrose de la hanche repose sur l'association de plusieurs mesures :

  • une bonne hygiène de vie : des activités physiques adaptées, une perte de poids lorsqu'elle est nécessaire ;
  • le traitement médicamenteux pour soulager la douleur lors des poussées inflammatoires d'arthrose : le paracétamol est utilisé en première intention et, s'il n'est pas efficace, les anti-inflammatoires non stéroïdiens ;
  • le port d' et l'utilisation de cannes ;
  • la rééducation avec établissement d'un programme personnalisé (type d'exercices, fréquence, intensité) guidée au début par un kinésithérapeute et poursuivie ensuite par le patient seul à son domicile ;
  • si nécessaire, des infiltrations de corticoïdes qui agissent sur la douleur. Mais ces infiltrations n'ont aucun effet sur la structure du cartilage.

Les médicaments de l'arthrose de la hanche

  • Les antalgiques indispensables pour lutter contre la douleur :
    La prise des antalgiques doit avoir lieu au moment des poussées douloureuses, en ne dépassant jamais les doses maximales prescrites, même si la douleur persiste.
    Le paracétamol est prescrit en première intention.
    Lorsqu'une poussée inflammatoire douloureuse ne répond pas à ce traitement, les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont utilisés mais sur une courte durée et à la dose minimale efficace, en raison de leurs effets indésirables en particulier digestifs. Des applications locales sous forme de gel, crème...contenant des anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être utiles.
    De nombreux médicaments vendus sans ordonnance contiennent des antalgiques. Il est donc nécessaire de bien indiquer à votre médecin tous les médicaments que vous prenez. En cas de doute, demandez également conseil à votre pharmacien.
  • Que penser des antiarthrosiques symptomatiques d'action lente ?
    Ces médicaments (chondroïtine sulfate, diacerhéine, glucosamines, extraits d'avocat et de soja) n'empêchent pas la dégradation articulaire et ont pour objectif de diminuer l'intensité des douleurs. Leur action est différée et il faut attendre quelques semaines de traitement pour juger de leur efficacité. Ces médicaments peuvent avoir des effets indésirables parfois graves (diarrhée, manifestations allergiques, atteinte hépatique lors de la prise de diacerhéine par exemple) : en cas de survenue, il est important de les signaler à son médecin traitant.
    Ces médicaments dont l'efficacité paraît minime sur la douleur et la gêne n'ont pas d'intérêt dans le traitement de l'arthrose de la hanche. Ils ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie.

Le traitement chirurgical de l'arthrose de la hanche

Dans certains cas, compte tenu de l'importance des douleurs et de leur impact sur la vie quotidienne, une solution chirurgicale est étudiée. Le médecin traitant adresse alors son patient à un chirurgien.

Il existe différentes chirurgies de la hanche. Elles bénéficient toutes d’un suivi post-opératoire.

Une ou la mise en place d'une butée (greffon osseux placé près de l'articulation pour la protéger) sont des interventions réservées à des cas spécifiques.

Dans la majorité des cas, c'est la prothèse totale de hanche qui est mise en place. Elle comporte une pièce fémorale montée sur une tige, qui vient s'articuler sur une pièce cotyloïdienne en forme de cupule (voir schéma).

Il existe de nombreux modèles de prothèses. Pour que cet implant soit le plus adapté au patient, son choix tient compte de son état de santé, de son âge, de la forme anatomique de la hanche.

Tout est mis en place pour que l'évolution soit favorable. Cependant l’intervention chirurgicale et l’hospitalisation peuvent avoir des complications, plus particulièrement chez la personne âgée :

  • des complications générales favorisées par l’hospitalisation et l’alitement : phlébite, infection pulmonaire, infection urinaire, aggravation d’une maladie déjà existante (exemple : insuffisance cardiaque, aggravation d’un diabète...) ;
  • des complications orthopédiques :
  • infection osseuse ou articulaire. Elle peut se développer rapidement, lorsque la contamination se produit au cours de l’intervention chirurgicale ;
  • de la prothèse (la pièce fémorale sort de la cavité de la pièce cotyloïdienne). Cette situation survient en général peu de temps après l’intervention, suite à un mouvement accidentel ;
  • usure du ou descellement de la pièce cotyloïdienne (défaut de fixation de la prothèse à l'os) ;
  • descellement de la pièce fémorale : c'est la complication la plus fréquente qui se traduit par une reprise des douleurs.
Votre retour à domicile

Suite à votre intervention chirurgicale, l'Assurance Maladie peut vous accompagner pour préparer au mieux votre retour à domicile.
Un conseiller de l’Assurance Maladie organise votre suivi médical auprès des professionnels de santé de ville de votre choix (masseur kinésithérapeute et/ou infirmier(e) et facilite vos démarches administratives.

Les soins médicaux et de réadaptation après l’intervention

Un traitement anticoagulant est nécessaire pendant environ 6 semaines. Il est associé au port d’une contention des membres inférieurs (mi-bas de contention) pour prévenir les phlébites et les embolies pulmonaires.

Une mobilisation précoce du patient, associée à la kinésithérapie, est un facteur-clé d'une évolution favorable car elle maintient et améliore la fonction musculaire et la mobilité des articulations. Son but est de permettre au patient de retrouver ses activités de la vie de tous les jours le plus rapidement possible.

La réadaptation par le kinésithérapeute est commencée le plus tôt possible après l’intervention en milieu hospitalier. Le rééducateur explique les gestes à ne pas faire et les exercices à réaliser chez soi, entre les séances de rééducation. Ces séances ont lieu, si tout va bien, dans le cabinet du kinésithérapeute ou au domicile et plus rarement en établissement de rééducation.

Au-delà de 15 séances de rééducation pour une pose de prothèse de hanche, la prescription doit faire l'objet d'un accord préalable avec les organismes d'assurance maladie.

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Sources
  • Collège français des enseignants en rhumatologie. Arthrose. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 22 février 2016]
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Prise en charge de l'arthrose : le paracétamol en première intention. Actualités et pratiques n°57. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 22 février 2016]
  • Ribinik P, Rannou F, Coudeyre E, Revel M. Rééducation et arthrose non opérée des membres inférieurs, rééducation et prothèse totale de hanche et de genou. Recommandations françaises pour la pratique clinique. Site internet : Société française de médecine physique et de réadaptation. Paris ; 2007 [consulté le 23 février 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Évaluation des prothèses de hanche. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 14 mars 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Avis de la HAS sur les référentiels relatifs à des soins de masso-kinésithérapie (arthroplastie de hanche par prothèse totale de hanche, arthroplastie du genou par prothèse totale du genou, chirurgie réparatrice de réinsertion ou de suture simple du tendon rompu de la coiffe des rotateurs). Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 23 février 2016]