Le traitement de l’artérite des membres inférieurs

05 octobre 2018
En cas d’artérite des membres inférieurs, il est essentiel de limiter le risque cardiovasculaire (arrêt du tabac, traitement d’un éventuel diabète, etc.) Des médicaments sont aussi prescrits pour éviter les complications. Une intervention chirurgicale de revascularisation peut être nécessaire.

Les objectifs du traitement de l'artériopathie oblitérante des membres inférieurs

Le traitement de l’ des membres inférieurs (ou artériopathie oblitérante des membres inférieurs) poursuit plusieurs objectifs :

  • soulager les douleurs ;
  • améliorer la possibilité de marche (augmenter la distance parcourue sans gêne et sans être obligé de s’arrêter) ;
  • prévenir la survenue de complications ;
  • améliorer la qualité de vie au quotidien ;
  • freiner l'évolution de la maladie athéromateuse.

La prise en charge est coordonnée par le médecin traitant, qui collabore selon les cas avec un cardiologue, un chirurgien vasculaire, etc.

Le choix du traitement dépend du stade (ou sévérité) de la maladie, c’est-à-dire de son degré d’évolution :

  • un traitement médical est indispensable, quelle que soit l’avancée de l’artérite ;
  • la chirurgie est proposée d’emblée lorsque l'artériopathie est évoluée, et plus tôt dans l'évolution de la maladie si le traitement médical, bien conduit pendant 3 mois, est inefficace.

Le traitement médical de l’artérite des membres inférieurs

Il comprend plusieurs aspects.

  • La suppression des facteurs de risque cardiovasculaire éventuels est indispensable :
  • Il est recommandé de suivre un traitement par :
    • une statine (même en l'absence d'anomalies du bilan lipidique) pour prévenir le risque cardiovasculaire,
    • un antagoniste de l'angiotensine II (telmisartan), que l' soit responsable de symptômes ou non.
  • Un traitement antiagrégant plaquettaire est prescrit s'il existe des symptômes d', pour empêcher la formation d’un caillot de sang. Il consiste à prendre :
    • de l’acide acétylsalicylique (aspirine) à petites doses,
    • ou du clopidogrel en cas de contre–indication à l’aspirine.

Dans certaines situations, le médecin conseille aussi une rééducation dite "de reconditionnement à l’effort", avec prise en charge par une (médecin rééducateur, cardiologue, kinésithérapeute, nutritionniste, tabacologue, etc., soit en ambulatoire (hospitalisation de jour, sans hébergement de nuit), soit en hospitalisation de plusieurs jours.

Le traitement chirurgical de l’artérite des membres inférieurs

Le traitement chirurgical de l' des membres inférieurs peut faire intervenir diverses techniques, dont le choix dépend de :

  • l’endroit lésé au niveau artériel ;
  • la sévérité des lésions artérielles ;
  • l’état de santé général du patient.

La chirurgie de revascularisation comprend ainsi 3 types d’interventions.

L' : dilater l'artère et poser un si nécessaire

L’ est pratiquée sous anesthésie locale (par un cardiologue ou un radiologue dit "interventionnel"). Elle consiste à dilater l’artère au niveau de la plaque d’athérome grâce à un ballonnet gonflable monté sur une sonde, que l’on fait passer par l’artère fémorale (au pli de l’aine) jusqu'au siège des lésions.

Souvent, au niveau de l'obstruction, on pose aussi une endoprothèse (ou ) : ce petit ressort grillagé sert à maintenir l’artère suffisamment ouverte pour rétablir la circulation sanguine. Certains stents, dits "actifs", libèrent un produit visant à limiter les risques de récidive ou "resténose" (concernant 30 % des cas dans les 3 à 12 mois après l’opération).

L’endartériectomie

L’endartériectomie (ou thromboendartériectomie) permet d’enlever la plaque d’athérome. Pratiquée sous anesthésie générale par un chirurgien vasculaire, elle concerne uniquement les artères de moyen à gros calibre (iliaque, fémorale).

Le pontage artériel

Le pontage consiste à mettre en place une dérivation de l’artère pour "court–circuiter" la zone obstruée, afin de rétablir l’apport de sang aux tissus en aval. Pour cela, le chirurgien vasculaire utilise, selon les cas, une veine de la jambe (la veine saphène) ou une prothèse synthétique.

La sympathectomie lombaire

Lorsqu’une chirurgie de revascularisation (destinée à rétablir la circulation sanguine) est contre-indiquée, on peut avoir recours à la sympathectomie lombaire.

Cette opération consiste à sectionner le nerf sympathique (qui agit sur le tonus des vaisseaux), ce qui permet de dilater les artères. Elle se déroule généralement par vidéoscopie : le chirurgien suit ses propres gestes sur un écran grâce à une mini–caméra introduite dans l’abdomen à travers de petites incisions. Plus rarement, le nerf est détruit par une technique chimique (injection d’alcool ou de phénol).

Sources
  • Collège français des enseignants universitaires de médecine physique et de réadaptation. Réadaptation au cours de l'artériopathie des membres inférieurs. Site internet : Cofemer. Paris ; 2011 [consulté le 4 octobre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS) – ANSM. Recommandation : Bon usage des agents antiplaquettaires. Site internet : Ansm. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 4 octobre 2018]
  • Collège des enseignants de médecine vasculaire et de chirurgie vasculaire. Artériopathie oblitérante des membres inférieurs. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2015 [consulté le 4 octobre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide affection longue durée – Artériopathie oblitérante des membres inférieurs. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 4 octobre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations – Affection de longue durée – Artériopathie oblitérante des membres inférieurs. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 7 octobre 2018]