Le traitement de l’artérite des membres inférieurs

09 mars 2017
En cas d’artérite des membres inférieurs, il est essentiel de limiter le risque cardiovasculaire (arrêt du tabac, traitement d’un éventuel diabète, etc.) Des médicaments sont aussi prescrits pour éviter les complications (formation d’un caillot de sang par exemple).

Les objectifs du traitement

Le traitement de l’ des membres inférieurs poursuit plusieurs objectifs :

  • soulager les douleurs ;
  • améliorer la possibilité de marche (augmenter la distance parcourue sans gêne et sans être obligé de s’arrêter) ;
  • prévenir la survenue de complications ;
  • améliorer la qualité de vie au quotidien.

La prise en charge est coordonnée par le médecin traitant, qui collabore selon les cas avec un cardiologue, un chirurgien vasculaire, etc.

Le choix du traitement dépend du stade (ou sévérité) de la maladie, c’est-à-dire de son degré d’évolution :

  • un traitement médical est indispensable, quelle que soit l’avancée de l’artérite ;
  • la chirurgie est proposée d’emblée aux stades III et IV, et au stade II fort si le traitement médical, bien conduit pendant 3 mois, est inefficace.

Le traitement médical de l’artérite des membres inférieurs

Il comprend plusieurs aspects.

  • La suppression des facteurs de risque cardiovasculaire éventuels est indispensable :
    • arrêt total et définitif du tabac,
    • réduction de l’excès de cholestérol par la prise d’un médicament de la famille des statines,
    • traitement visant à l’équilibre du diabète,
    • traitement d’une hypertension artérielle,
    • respect des règles hygiéno–diététiques en cas de surpoids ou d’obésité.
  • Un traitement antiagrégant plaquettaire est aussi instauré dès le stade II, pour empêcher la formation d’un caillot de sang. Il consiste à prendre de l’acide acétylsalicylique (aspirine) à petites doses. En cas de contre–indication à l’aspirine, on prescrit du clopidogrel.
  • Un traitement complémentaire par vasodilatateur périphérique (buflomédil, pentoxifylline ou naftidrofuryl) peut aussi être prescrit, pour augmenter le calibre des vaisseaux sanguins.

Dans certaines situations, le médecin conseille aussi une rééducation dite "de reconditionnement à l’effort", avec prise en charge par une (médecin rééducateur, cardiologue, kinésithérapeute, nutritionniste, tabacologue, etc. :

  • soit en ambulatoire (hospitalisation de jour, sans hébergement de nuit) ;
  • soit en hospitalisation de plusieurs jours.

Le traitement chirurgical de l’artérite des membres inférieurs

Il peut faire intervenir diverses techniques, dont le choix dépend de :

  • l’endroit lésé au niveau artériel ;
  • la sévérité des lésions ;
  • l’état de santé général du patient.

La chirurgie restauratrice comprend ainsi 3 types d’interventions.

L’ est pratiquée sous anesthésie locale (par un cardiologue ou un radiologue dit "interventionnel"). Elle consiste à dilater l’artère au niveau de la plaque d’athérome grâce à un ballonnet gonflable monté sur une sonde, que l’on fait passer par l’artère fémorale (au pli de l’aine) jusqu'au siège des lésions.

Souvent, au niveau de l'obstruction, on pose aussi une endoprothèse (ou ) : ce petit ressort grillagé sert à maintenir l’artère suffisamment ouverte pour rétablir la circulation sanguine. Certains stents, dits "actifs", libèrent un produit visant à limiter les risques de récidive ou "resténose" (concernant 30 % des cas dans les 3 à 12 mois après l’opération).

L’endartériectomie (ou thromboendartériectomie) permet d’enlever la plaque d’athérome. Pratiquée sous anesthésie générale par un chirurgien vasculaire, elle concerne uniquement les artères de moyen à gros calibre (iliaque, fémorale).

Le pontage consiste à mettre en place une dérivation de l’artère pour "court–circuiter" la zone obstruée, afin de rétablir l’apport de sang aux tissus en aval. Pour cela, le chirurgien vasculaire utilise, selon les cas, une veine de la jambe (la veine saphène) ou une prothèse synthétique.

Lorsqu’une chirurgie de revascularisation (destinée à rétablir la circulation sanguine) est contre–indiquée, on peut avoir recours à la sympathectomie lombaire. Cette opération consiste à sectionner le nerf sympathique (qui agit sur le tonus des vaisseaux), ce qui permet de dilater les artères. Elle se déroule généralement par vidéoscopie : le chirurgien suit ses propres gestes sur un écran grâce à une mini–caméra introduite dans l’abdomen à travers de petites incisions. Plus rarement, le nerf est détruit par une technique chimique (injection d’alcool ou de phénol).

Sources
  • Collège français des enseignants universitaires de médecine physique et de réadaptation. Artériopathie oblitérante de l'aorte et des membres inférieurs. Site internet : Cofemer. Paris ; 2005 [consulté le 2 octobre 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Recommandation pour la pratique clinique – Prise en charge de l’artériopathie chronique oblitérante athéroscléreuse des membres inférieurs (indications médicamenteuses, de revascularisation et de rééducation). Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2006 [consulté le 2 octobre 2015]
  • Grumeaux V, Laurent Y, Casillas JM. Réadaptation au cours de l'artériopathie des membres inférieurs. Site internet : Cofemer. Paris ; 2008 [consulté le 2 octobre 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS) – ANSM. Recommandation : Bon usage des agents antiplaquettaires. Site internet : ANSM. Saint–Denis (France) ; 2012 [consulté le 2 octobre 2015]
  • Collège des Enseignants de Médecine vasculaire et de Chirurgie vasculaire. Artériopathie oblitérante de l'aorte et des membres inférieurs. Site internet : UNF3S. Lille (France) ; 2011 [consulté le 2 octobre 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide affection longue durée – Artériopathie oblitérante des membres inférieurs. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 2 octobre 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations – Affection de longue durée – Artériopathie oblitérante des membres inférieurs. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 2 octobre 2015]