Vivre avec une artérite des membres inférieurs

13 octobre 2017
En cas d’artérite des membres inférieurs, des examens de suivi sont prévus régulièrement. Pour éviter une aggravation de la maladie, veillez à respecter les prescriptions médicales et conservez un mode de vie sain. Si vous devez être opéré, un arrêt de travail vous sera prescrit.

Le suivi médical en cas d’artérite des membres inférieurs

Les consultations et examens de surveillance

Pour suivre l’évolution de votre affection et contrôler l’efficacité du traitement prescrit, certains examens doivent être réalisés régulièrement :

  • une visite médicale avec palpation des pouls et mesure de l’index de pression systolique (IPS) ;
  • un électrocardiogramme de repos (enregistrement de l’activité électrique du cœur au repos) ;
  • une prise de sang pour évaluer la fonction rénale, une glycémie à jeun et un bilan lipidique ;
  • un examen des urines à la recherche d’une protéinurie (présence de protéines dans les urines).

En fonction de l’évolution de l’artérite ou dans le cadre du suivi de l’athérosclérose, d’autres examens peuvent être recommandés :

  • un artériel des membres inférieurs ;
  • un artériel d’autres artères si nécessaire (cou, cœur…)

Par ailleurs, après une opération chirurgicale de revascularisation, un suivi rapproché (examen clinique et échodoppler des membres inférieurs) est programmé 1, 3, 6 et 12 mois après l’intervention et par la suite, tous les ans. Cela permet de détecter au plus tôt une éventuelle resténose (récidive de rétrécissement de l’artère).

Contribuez au bon déroulement de votre suivi

Pour participer à votre surveillance médicale, essayez d’appliquer les conseils suivants.

  • Respectez le rythme préconisé des consultations et examens.
  • Posez toutes vos questions à votre médecin traitant, et n’hésitez pas à les noter entre deux consultations.
  • Ne modifiez pas votre traitement et ne l'arrêtez pas sans avis médical.
  • Suivez les recommandations de votre médecin sur :
    • l'hygiène de vie à adopter,
    • la suppression des facteurs de risque cardiovasculaire,
    • l'adaptation de votre lieu de vie ou poste de travail, si nécessaire,
    • les activités sportives qui vous sont autorisées.
  • Apprenez à reconnaître les signes d'aggravation ou de complication de l’artérite des membres inférieurs. Devant tout symptôme inhabituel ou nouveau qui vous inquiète, avertissez sans délai votre médecin.
  • Faites–vous expliquer les objectifs et bénéfices de vos traitements, et signalez à votre médecin tout effet secondaire. Il pourra chercher avec vous comment l’atténuer ou le prévenir.
  • Indiquez à chaque professionnel de santé que vous prenez un traitement contre l’artérite.
Soyez à jour dans vos vaccinations

Les troubles trophiques (de la nutrition des tissus) liés à l’ischémie chronique des membres accentuent le risque d’infection en cas d’ulcères ou de . C’est pourquoi il est fortement recommandé de mettre à jour votre vaccination contre le tétanos. Parlez–en avec votre médecin.

Vivre au quotidien avec une artérite des membres inférieurs

Pour bien vivre au quotidien, adoptez de nouvelles habitudes.

Une bonne hygiène de vie permet de lutter contre les facteurs responsables de la survenue et de l’aggravation de l’artérite des membres inférieurs. Les règles hygiéno–diétiques à respecter sont les suivantes.

  • Arrêtez totalement et définitivement le tabac, même si vous suivez un traitement médical ou après une opération chirurgicale.
  • Adoptez une alimentation équilibrée.
  • Pratiquez une activité physique (essentiellement de la marche), quotidiennement (30 min/jour) ou au moins 3 fois par semaine, sans atteindre le seuil de la douleur. Cela vous permettra de lutter contre la sédentarité et d’améliorer votre périmètre de marche.
  • Prenez soin de vos pieds et surveillez-les. Signalez à votre médecin l'apparition de toute plaie.

Après toute intervention de revascularisation (visant au rétablissement de la circulation sanguine dans le membre touché), surélevez votre jambe au repos pour diminuer le gonflement (œdème).

Par ailleurs, reprenez la marche très progressivement. Quant à la pratique d’activités sportives, elle doit avoir lieu avec l’autorisation de votre médecin qui vous précisera les activités possibles.

Si vous n’avez pas été opéré, le suivi de votre maladie ne nécessite pas obligatoirement d’interruption de votre travail, surtout si celui–ci est sédentaire. En revanche, en cas d’intervention artérielle (revascularisation par , endartériectomie ou pontage), le médecin vous prescrit un arrêt de travail.

Sa durée dépend des conditions dans lesquelles vous exercez votre métier :

  • profession sédentaire ou physique (port de charges lourdes ou non, tâches en station debout ou assise…) ;
  • nécessité ou non de nombreux déplacements (trajet court ou long entre domicile et lieu travail, conduite d’un véhicule ou non).

La gravité de votre maladie et son évolution (complications éventuelles), votre état de santé général, ainsi que les actes thérapeutiques réalisés, sont aussi pris en compte. La durée de l’arrêt de travail varie donc de :

  • 1 à 4 semaines après une avec ou sans pose de (petit ressort grillagé qui maintient l’artère suffisamment ouverte pour rétablir la circulation sanguine) ;
  • 2 à 6 semaines après une endartériectomie ;
  • 8 à 12 semaines après un pontage aorto–ilio–fémoral.

Votre médecin traitant peut vous orienter vers votre médecin du travail pour une visite de pré–reprise. Celle–ci permet d'évaluer votre aptitude au poste que vous occupez, et de proposer des mesures adaptées, si nécessaire. Par exemple, une reprise à temps partiel pour motif thérapeutique peut être utile, pour une courte durée.

Dans tous les cas, si vous êtes arrêté plus d’un mois, une visite auprès du médecin du travail est obligatoire au plus tard 8 jours après votre retour.

Sources
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Guide affection longue durée – Artériopathie oblitérante des membres inférieurs. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 2 octobre 2015]
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Avis n° 2014.0086/AC/SEESP du 23 juillet 2014 du collège de la Haute Autorité de Santé relatif au référentiel concernant la durée d’arrêt de travail dans le cas de l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs au stade de claudication intermittente (revascularisation artérielle). Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 2 octobre 2015]
  • Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). Arrêt de travail. Artériopathie oblitérante des membres inférieurs au stade de claudication intermittente : revascularisation artérielle après avis de la Haute Autorité de Santé. Site internet : ameli.fr. Paris ; 2015 [consulté le 24 août 2015]