Artérite des membres inférieurs : définition, causes et facteurs de risque

09 mars 2017
L’artérite des membres inférieurs est une affection touchant les artères. Elle est presque toujours due au dépôt de cholestérol dans les artères, qui perturbe la circulation sanguine et réduit l’apport d’oxygène aux muscles.

Qu’est-ce que l’artérite des membres inférieurs ?

L’ des membres inférieurs (aussi appelée artériopathie oblitérante des membres inférieurs ou AOMI) correspond à une obstruction partielle ou totale des artères des membres inférieurs (c’est–à–dire que celles-ci sont plus ou moins bouchées). Cette affection diminue l’apport de sang et d'oxygène dans les membres ; les muscles ne sont alors plus suffisamment oxygénés : c'est l'ischémie. L’artérite des membres inférieurs peut atteindre une partie ou l’ensemble des membres inférieurs : pied, jambe et cuisse.

En France, près de 3 % de la population présente une des membres inférieurs. Parmi les plus de 60 ans, environ une personne sur 5 est atteinte. La maladie est présente plus souvent chez les hommes de plus de 50 ans.

Cette maladie reste longtemps asymptomatique avant de se manifester. Elle est parfois à l'origine de complications sévères.

Pour contrôler son évolution et améliorer la qualité de vie des personnes atteintes, il est indispensable de limiter les facteurs de risque (susceptibles de déclencher ou aggraver la maladie) et de mettre en place un traitement précoce.

L’athérosclérose : la principale cause d’artérite des membres inférieurs

Dans 90 à 95 % des cas, cette affection résulte de l’accumulation essentiellement de cholestérol dans certaines artères. Ces dépôts forment des plaques d’athérome au niveau de la paroi interne de l’artère, et provoquent une réaction inflammatoire (c’est l’athérosclérose). Les artères des différents organes peuvent être atteintes :

  • les coronaires, au niveau du cœur ;
  • les carotides, au niveau du cou en direction du cerveau ;
  • l’aorte abdominale, ainsi que les artères digestives et rénales ;
  • les artères des membres inférieurs.

Peu à peu, la plaque grossit et diminue le calibre (diamètre) de l’artère, ce qui gêne la circulation du sang. Il en résulte une ischémie progressive des tissus situés en aval de la zone artérielle lésée, car ces tissus reçoivent moins d’oxygène. À ce stade, les symptômes de l’artérite apparaissent.

Parfois, une plaque d’athérome se fissure et s’ulcère (se creuse) : des fragments (embols) se détachent. Ils risquent alors de migrer vers d’autres artères provoquant des accidents ischémiques (comme un AVC, par exemple).

Par ailleurs, si des éléments inflammatoires de la plaque entrent en contact avec des globules rouges et des plaquettes, un caillot de sang peut se former et obstruer complètement l'artère : c’est la artérielle.

Les artères du cerveau, du cœur et des jambes et l'athérosclérose

Schéma : les artères du cerveau, du cœur et des jambes et l'athérosclérose

Des maladies plus rares sont parfois en cause. Ainsi, l’artérite peut aussi être causée par :

  • des pathologies inflammatoires, comme la maladie de Buerger (ou "thromboangéite oblitérante"), qui atteint plutôt les hommes de 25 à 40 ans, gros fumeurs, et la maladie de Takayasu, inflammation et altération chronique de la paroi des artères, plus fréquente chez les jeunes femmes ;
  • des affections auto-immunes telles que le lupus érythémateux disséminé ou la périartérite noueuse (inflammation de certains vaisseaux sanguins gênant l’arrivée du sang dans divers organes) ;
  • des pathologies dégénératives, comme la médiacalcinose (dépôt de calcium sur la zone centrale de la paroi des artères).

Les facteurs de risque de l’artérite des membres inférieurs

L’apparition de l’artérite due à l’athérosclérose est favorisée par l’existence d’un certain nombre de facteurs de risque cardiovasculaire :

  • le tabac, majoritairement impliqué ;
  • l’excès de cholestérol (hypercholestérolémie) ;
  • le diabète ;
  • l’hypertension artérielle ;
  • le surpoids et l’obésité ;
  • l'absence d’activité physique et la sédentarité (moins de 30 minutes d’exercice physique par jour), sachant qu’une demi–heure de marche par jour peut suffire à réduire le risque cardiovasculaire ;
  • la consommation excessive d'alcool (plus de 3 verres de boissons alcoolisées/jour chez l'homme et 2 chez la femme) ;
  • l’âge (la probabilité d’accident cardiovasculaire augmente nettement après 50 ans chez l’homme et après 60 ans chez la femme) ;
  • le sexe masculin ;
  • l’hérédité joue aussi un rôle. En effet, le risque de présenter une maladie cardiovasculaire augmente si l’un de vos proches (père, mère, frère ou sœur) a présenté une maladie cardiovasculaire à un âge précoce :
    • un infarctus du myocarde ou la mort subite du père ou d’un frère avant 55 ans, ou de la mère ou d’une sœur avant 65 ans (sachant qu’environ 80 % des morts subites ont pour origine une rupture de plaque d’athérome) ;
    • un accident vasculaire cérébral (AVC) d’un parent proche avant 45 ans.

Ainsi, l’éventualité de développer une des membres inférieurs est :

Sources
  • Collège des Enseignants de Médecine vasculaire et de Chirurgie vasculaire. Artériopathie oblitérante de l'aorte et des membres inférieurs. Site internet : UNF3S. Lille (France) ; 2011 [consulté le 2 octobre 2015]
  • Marchand C. Artériopathie chronique obstructive des membres inférieurs (ACOMI). Site internet : Besançon–cardio.org. Besançon (France) ; 2001 [consulté le 2 octobre 2015]