L'appendicite aiguë : symptômes, diagnostic et évolution

20 février 2019
Une appendicite se manifeste par des symptômes tels que des douleurs abdominales, de la fièvre ou des troubles digestifs. Pour poser le diagnostic, le médecin complète son examen clinique par des examens : analyse de sang, échographie et parfois scanner.

Les symptômes de l'appendicite aiguë

Appendicite : une douleur abdominale pratiquement toujours présente

La douleur de l'appendicite est d'abord ressentie autour de l'ombilic ou même dans la région épigastrique. Elle devient continue et se déplace de l'épigastre dans la droite (en bas à droite du nombril).

Si l'appendice n'est pas à sa position normale (appendice ectopique), les douleurs ne sont pas dans la droite, mais, elles sont, selon l'emplacement de l'appendice, plus hautes, plus à gauche ou plus basses dans la région pelvienne.

L’intensité de la douleur, qui s’apparente à une torsion ou à une crampe, augmente progressivement pendant les 24 premières heures. Cette douleur est souvent forte et continue. Elle oblige la personne à rester immobile les jambes pliées. La douleur est augmentée par la toux et les mouvements de la cuisse droite.

Une fièvre peu élevée

Une température comprise entre 37,5 °C et 38,5 °C est présente dans environ 60 % des cas.

Des symptômes digestifs variables

Les signes digestifs les plus fréquents sont une perte d'appétit, des nausées, présentes dans 50 % des cas. Des vomissements, une constipation inhabituelle, peuvent exister dans un tiers des cas. La langue peut être recouverte d'un enduit blanc et l'haleine est parfois désagréable.

Les différentes régions de l’abdomen

Schéma : les différentes régions de l'abdomen

Le diagnostic de l’appendicite aiguë

En présence de ces symptômes, une consultation médicale est nécessaire.
Le médecin traitant :

  • réalise un examen clinique destiné à préciser le diagnostic ;
  • effectue une bandelette urinaire pour éliminer une infection urinaire ;
  • prescrit des examens sanguins à la recherche de signes d’infection :
    • augmentation des globules blancs (plus de 10 000 globules blancs par mm 3 ), avec une augmentation important des globules blancs de type polynucléaires neutrophiles (ils représentent 75 % à 90 %des globules blancs);
    • une protéine C-réactive ou CRP anormalement élevée ;
    • un examen cytobactériologique des urines (ECBU) si une infection urinaire est suspectée à l'examen de la bandelette urinaire ;
  • demande des examens complémentaires, comme une échographie de l’abdomen ou, dans un deuxième temps un scanner abdomino-pelvien si les examens précédents sont insuffisamment évocateurs ou en présence d'une appendicite compliquée.

Si le diagnostic de l’appendicite est posé sur un ensemble d'éléments évocateurs, une hospitalisation est nécessaire en vue d’une intervention chirurgicale (appendicectomie).

En cas de doute, le médecin peut proposer une surveillance à domicile ou une hospitalisation pour suivre l’évolution des symptômes, préciser le diagnostic et éviter une intervention inutile.
En effet, d’autres maladies peuvent causer des douleurs au niveau de la droite :

L’évolution des symptômes et la réalisation d’autres examens permettent donc de préciser le diagnostic.

Un diagnostic d'appendicite parfois difficile

Selon l’âge ou l’état physiologique, l’appendicite peut être atypique et prendre d’autres formes :

  • chez l’enfant de moins de trois ans, insomnie, agitation, diarrhée, perte d’appétit et fièvre élevée sont parfois au premier plan ;
  • chez la personne âgée, comme la douleur abdominale est souvent moins marquée, le diagnostic peut se faire au stade d’abcès ;
  • chez la femme enceinte, à partir du second trimestre, l’appendice est repoussé par l’utérus et les douleurs peuvent être confondues avec une colique hépatique. Dans ce cas, l’échographie apporte une aide essentielle au diagnostic.

L'évolution de l'appendicite

L’appendicectomie (retrait ou ablation de l’appendice) permet la guérison.

Les complications post-opératoires sont rares :

  • infection post opératoire (abcès de paroi, abcès intra-abdominal ou péritonite),
  • hématome de la paroi abdominale,
  • syndrome occlusif avec difficulté à la reprise du transit (absence d’émission de gaz et de selles),
  • phlébite,
  • embolie pulmonaire

Lorsque le traitement chirurgical n'est pas assez précoce, l’appendicite peut se compliquer en :

  • abcès appendiculaire : une cavité remplie de pus se forme au niveau de l’appendice. La fièvre est alors très élevée et l’état général altéré. L’abcès doit être drainé très rapidement.
  • péritonite : l’abcès se rompt dans le (membrane qui entoure les organes abdominaux). La douleur augmente et s’étend à tout l’abdomen et l'état général s'altère (fièvre élevée, grande fatigue). L’examen clinique retrouve souvent des signes typiques d’atteinte du ( très douloureux et dur à la palpation). Un traitement chirurgical doit être pratiqué en urgence.

  • Haute Autorité de santé (HAS). Appendicectomie. Eléments décisionnels pour une indication pertinente. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 7 décembre 2018]
  • Montali I, Von FLüe M. L’appendicite aiguë aujourd’hui. Forum Med Suisse. 2008;8(24):451-55.
  • Collège hospitalier et universitaire de chirurgie pédiatrique. Appendicite de l’enfant. Site internet : Collège hospitalier et universitaire de chirurgie pédiatrique. Paris ; 2014 [consulté le 7 décembre 2018]
  • Collège français des Pathologistes. Appendicite de l'enfant et de l'adulte. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 7 décembre 2018]