Vivre avec une apnée du sommeil

12 avril 2018
L’apnée du sommeil ou syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) nécessite un suivi et un traitement au long cours. Quel que soit le traitement proposé, l’observance est capitale et doit, dans tous les cas, être accompagnée de mesures hygiéno-diététiques.

Les mesures hygiéno-diététiques

Adoptez les différentes mesures hygiéno-diététiques qui peuvent diminuer vos apnées du sommeil.

  • Dormez sur le côté et mettez un oreiller dans votre dos pour éviter de vous retourner : cette position peut diminuer le nombre d’apnées du sommeil.
  • Perdez du poids, si vous êtes en surpoids, en adoptant une alimentation équilibrée et en pratiquant une activité physique.
  • Supprimez les (somnifères, anxiolytiques) qui provoquent un relâchement des muscles de la gorge et gênent le passage de l'air dans les voies respiratoires.
  • Adoptez une bonne hygiène du sommeil : évitez les excitants en fin de journée (alcool, café, thé…), ne pratiquez pas d’exercice physique juste avant de vous coucher, réduisez la lumière et le bruit dans votre chambre, allez vous coucher à la même heure.
  • Arrêtez de fumer : la fumée irrite les voies aériennes.

Le suivi médical en cas d'apnées du sommeil

Si vous souffrez d'apnées du sommeil, voici quelques conseils :

  • respectez bien le suivi médical ;
  • demandez toutes les informations qui vous sont utiles pour bien comprendre votre maladie ;
  • faites les examens de contrôle demandés (enregistrements du sommeil, bilans biologiques...) ;
  • respectez le traitement prescrit (PPC ou orthèse mandibulaire) chaque nuit et lors des sieste. En effet, votre syndrome d'apnées du sommeil ne peut s'améliorer que si vous suivez le traitement correctement.

Si vous êtes traité par orthèse d'avancée mandibulaire :

La régularité du port de l'appareil est très importante. Continuez à porter l'orthèse mandibulaire même si des effets indésirables apparaissent en début de traitement : sensibilité dentaire, douleurs articulaires ou musculaires au niveau du visage et des maxillaires ; ceux-ci sont en général transitoires. Parlez-en à votre médecin.

Si vous êtes traité par une ventilation nocturne en pression positive (PPC) :

La première prescription de ventilation nocturne en PPC est faite pour une durée de quelques mois à la fin desquels vous devrez revoir votre médecin. Vous ferez le point avec lui sur votre suivi du traitement et son efficacité. N’hésitez pas à lui parler de tous les problèmes que vous avez rencontrés.

L’observance du traitement par ventilation nocturne en PPC conditionnant son efficacité, la première mise en place de l’appareillage est donc très importante. L’utilisation de l’appareil de ventilation comporte des contraintes et nécessite un apprentissage pour en réduire les désagréments.

Le fournisseur vous fournit toutes les explications concernant le matériel et il vous apprend à vous en servir. N’hésitez pas à lui poser toutes vos questions et à le contacter si vous rencontrez des difficultés.
Demandez à votre fournisseur d’adapter minutieusement votre masque de façon à ce qu'il ne laisse pas de marques de pression sur le visage et qu'il ne laisse pas passer des fuites d'air pour éviter l’irritation des yeux.
Raccordez un humidificateur à l’appareil pour éviter le dessèchement de la nasale.

Les appareils de la nouvelle génération ont un fonctionnement relativement silencieux. Ils sont transportables en bagages à main et doivent vous accompagner dans tous vos voyages.

Si le médecin juge qu’il est nécessaire de renouveler la ventilation nocturne en pression positive (PPC), il vous fera alors une prescription renouvelable chaque année.

Apnées du sommeil et vie quotidienne

Syndrome d'apnés-hypopnées obstructives du sommeil et conduite automobile

Pour connaître votre aptitude à la conduite automobile, votre médecin peut avoir recours aux examens de la vigilance. Ces tests sont habituellement effectués pour une mesure de la somnolence diurne.
Les plus utilisés sont :

  • Les tests itératifs de latence d’endormissement (TILE) s’effectuent dans la journée. La personne est allongée dans une pièce sombre et calme et doit se laisser aller au sommeil. Après 20 minutes de sieste maximum, elle est réveillée par le technicien qui surveille l’enregistrement. Au total, la personne effectue ainsi 4 à 6 siestes, séparées par un intervalle de 2 heures. Les TILE permettent de diagnostiquer certaines maladies comme la narcolepsie, et de quantifier la rapidité à s’endormir dans des conditions favorables.
  • Les tests de maintien de la veille (TME) sont répétés toutes les 2 heures et effectués dans les conditions suivantes : la personne est en position semi-allongée, dans une ambiance calme et peu éclairée, et doit résister au sommeil pendant 20 minutes. Cet examen permet de vérifier qu’elle dispose d’une vigilance normale et permet, en particulier, de contrôler l’efficacité du traitement de la somnolence diurne.

Syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil : se faire aider au quotidien

Au quotidien, il est important de vous informer et de vous faire aider. N'hésitez pas à vous tourner vers les associations de patients. Elles sont à votre écoute, peuvent vous aider dans vos démarches administratives, vous informer sur les services médico-sociaux et sur vos droits. Elles permettent également d'échanger avec d'autres personnes touchées par le syndrome d'apnées du sommeil :

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Apnées du sommeil : de nouvelles recommandations de prise en charge des patients. Site internet : HAS. Saint-Denis La plaine (France) ; 2014 [consulté le 30 mars 2018]
  • Société française de Stomatologie, Chiurugie Maxillo-faciale et Chirurgie orale. Place de l'orthèse d'avancée mandibulaire dans le traitement du syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil de l'adulte (SAHOS). Site internet : Sfscmfco. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 30 mars 2018]
  • Viot-Blanc V. Syndrome d'apnée du sommeil en neurologie : chez qui et comment le rechercher ? Comment et pourquoi le traiter ? Neurol.com. 2009;1(3):79-83.
  • Ouayoun M-C. Syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil de l'adulte. EMC - Oto-rhino-laryngologie 2015;10(3):1-17 [Article 20-960-A-10]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Place et conditions de réalisation de la polysomnographie respiratoire dans les troubles du sommeil. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 30 mars 2018]