Symptômes, diagnostic et évolution de l’apnée du sommeil

01 août 2018
Ronflements, sommeil agité, troubles de la respiration nocturne, somnolence dans la journée, fatigue, sont des symptômes évocateurs d’apnée du sommeil. Le diagnostic est confirmé par un enregistrement du sommeil qui précise également le degré de sévérité du syndrome d'apnée du sommeil.

Apnée du sommeil : les symptômes

Les symptômes de l'apnée du sommeil apparaissent pendant la nuit et ont un impact important sur la journée. Plusieurs d'entre eux peuvent être présents.

Au cours de la nuit, les symptômes se manifestent par :

  • un ronflement sévère et quotidien, qui gêne souvent les proches ;
  • des épisodes de respiration haletante pendant le sommeil,
  • des réveils en sursaut avec sensation d'asphyxie ou d'étouffement ;
  • un sommeil agité, entrecoupé de micro-éveils à répétition ;
  • des cauchemars sur des thèmes d'asphyxie, de chute ou de mort imminente ;
  • un sommeil non réparateur et agité, avec des draps particulièrement défaits ;
  • un besoin d'uriner plus d’une fois au cours de la nuit (nycturie).

Pendant la journée, les conséquences des apnées et hypopnées du sommeil se traduisent par :

  • une somnolence diurne excessive, non expliquée par d'autres facteurs. Cette somnolence peut être légère avec peu de retentissement sur les activités quotidiennes : lire, regarder la télévision, être passager dans une voiture, assister à une réunion. Mais elle peut être plus grave, avec des endormissements involontaires lors de réunions, devant la télévision, lors d'un repas, de la conduite automobile...;
  • une fatigue (asthénie) ;
  • des difficultés à se concentrer, à mémoriser ;
  • des troubles de l'humeur, une certaine irritabilité ;
  • parfois, des maux de tête surtout le matin,
  • des troubles de la ou des troubles de l'érection.

Le diagnostic de l'apnée du sommeil

Le diagnostic de l'apnée du sommeil est fait en deux temps.

La consultation médicale

Lors de la consultation médicale, le médecin fait préciser au patient les troubles qu'il ressent ou que son entourage a observés. Il lui propose éventuellement de tenir un agenda  du sommeil dans lequel il précisera les horaires des perturbations nocturnes et diurnes.

Afin de poser son diagnostic de somnolence diurne, le médecin dispose de plusieurs échelles d’appréciation (dont celle d’Epworth).

Un examen otorhinolaryngologique peut être nécessaire.

Le médecin recherche des facteurs de risque cardiovasculaire souvent associés, en particulier une hypertension artérielle et un surpoids.

Le bilan du sommeil

Si l'apnée du sommeil est suspectée, le médecin demande un avis médical spécialisé et des examens complémentaires, notamment un bilan du sommeil. Celui-ci est souvent pratiqué dans des unités du sommeil, où l’on réalise diverses mesures objectives.
Pour connaître l’adresse du centre du sommeil le plus proche de chez vous, vous pouvez consulter le site de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV).

Les enregistrements du sommeil qui peuvent être réalisés selon deux techniques différentes.

La polygraphie ventilatoire nocturne : elle enregistre l'électrocardiogramme, les mouvements respiratoires et le débit d'air entrant et sortant par les narines. Elle nécessite un enregistrement qui dure au moins 6 heures, à domicile.

La polysomnographie plus complète que la polygraphie. La polysomnographie est un enregistrement du sommeil réalisé soit sur une nuit, soit sur une nuit et une journée. Il peut se faire à domicile ou durant une hospitalisation nocturne.
Cet examen permet d'obtenir un enregistrement de plusieurs paramètres, obtenu à l'aide d'électrodes placées au niveau du crâne et de différentes parties du corps.  Il étudie :

  • l'activité cérébrale (par électro-encéphalogramme),
  • l’activité musculaire (électromyogramme),
  • les mouvements oculaires (électro-oculogramme).

Simultanément, les rythmes cardiaque et respiratoire, ainsi que les mouvements des jambes, sont enregistrés afin de caractériser certains troubles ou certaines pathologies nocturnes.

Ces données vont permettre de suivre et d'identifier les différentes phases du sommeil et sa qualité : microréveils, sommeil perturbé et fragmenté, présence de pauses respiratoires, mouvements périodiques des membres inférieurs...

La polysomnographie permet de confirmer le diagnostic d'apnées du sommeil et d'en évaluer la gravité en déterminant les stades du sommeil ainsi que le nombre, la durée et la gravité des apnées et hypopnées.

L’apnée du sommeil, de légère à sévère

L'importance du syndrome d'apnées du sommeil se mesure au nombre d'apnées/hypopnées par heure de sommeil (IAH ou indice d'apnées/hypopnées).

  • Entre 5 et 15, l'apnée du sommeil est légère.
  • Entre 16 et 30, l'apnée du sommeil est modérée.
  • Si l'indice d'apnées/hypopnées (IAH) est supérieur à 30, l'apnée du sommeil est sévère.

Comment évolue l’apnée du sommeil ?

La prise en charge médicale des apnées et hypopnées du sommeil fait régresser les troubles respiratoires du sommeil et la somnolence diurne. La fatigue s'atténue et la qualité de vie du patient s'améliore.

Si le patient n’est pas traité, son état de santé se détériore. Le syndrome d'apnées-hypopnées du sommeil altère la qualité de vie en raison des troubles de la vigilance dans la journée, la somnolence diurne, la difficulté à exécuter les tâches quotidiennes, les problèmes de mémoire et de concentration et les troubles de l'humeur... Les accidents de la route, de la vie domestique et du travail sont plus nombreux.

Le SAHOS (syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil) a également des répercussions sur la santé avec un risque augmenté de problèmes cardiovasculaires.

L'apnée du sommeil chez l'enfant

Si votre enfant ronfle bruyamment la nuit et fait des pauses respiratoires, si son sommeil nocturne est perturbé et s'il est fatigué dans la journée ou au contraire plutôt irritable et hyperactif, consultez votre médecin car il souffre peut-être d’apnée du sommeil.

L'apnée du sommeil touche près de 2 % des enfants entre deux et six ans. Dans la plupart des cas, elle est associée à de grosses amygdales et à une des végétations ; parfois elle est due à des malformations des maxillaires et de la face (étroitesse des fosses nasales, maxillaire insuffisamment développé,…). L'apnée du sommeil est également fréquente chez les enfants et les adolescents en surpoids.

Le traitement de l'apnée du sommeil de l'enfant consiste d'abord à retirer les amygdales et les ou à corriger une éventuelle malformation par orthopédie dento-faciale. 

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Apnées du sommeil : de nouvelles recommandations de prise en charge des patients. Site internet : HAS. Saint-Denis La plaine (France) ; 2014 [consulté le 30 mars 2018]
  • Société française de Stomatologie, Chiurugie Maxillo-faciale et Chirurgie orale. Place de l'orthèse d'avancée mandibulaire dans le traitement du syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil de l'adulte (SAHOS). Site internet : Sfscmfco. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 30 mars 2018]
  • Viot-Blanc V. Syndrome d'apnée du sommeil en neurologie : chez qui et comment le rechercher ? Comment et pourquoi le traiter ? Neurol.com. 2009;1(3):79-83.
  • Ouayoun M-C. Syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil de l'adulte. EMC - Oto-rhino-laryngologie 2015;10(3):1-17 [Article 20-960-A-10]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Place et conditions de réalisation de la polysomnographie respiratoire dans les troubles du sommeil. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 30 mars 2018]