Aphte de la bouche : symptômes et causes

18 décembre 2020
Un aphte buccal est une ulcération douloureuse bénigne, située le plus souvent à l’intérieur des joues, qui guérit spontanément. Les aphtes surviennent dès l'enfance et leur fréquence diminue après 50 ans. Ils sont favorisés par certains aliments, la fatigue...

Qu’est-ce qu’un aphte de la bouche ?

L'aphte : une ulcération douloureuse

Un aphte buccal est une ulcération douloureuse, localisée dans la bouche.

La survenue de l'aphte est précédée d'une sensation de cuisson ou de brûlure. Une tache rouge douloureuse apparaît et très rapidement une ulcération se forme. L'ulcération mesure de 2 à 10 mm, elle est de forme arrondie ou ovale. Elle présente un fond jaunâtre ou grisâtre avec un pourtour bien net et rouge.

L'aphte ne saigne pas, mais il est douloureux surtout pendant les repas ou lors du brossage des dents.

Le plus souvent l'aphte est unique mais il peut y en avoir plusieurs (jusqu'à 6) au cours d'une poussée.

Dans la bouche, les aphtes peuvent être présents sur toutes les zones muqueuses et mobiles de la bouche :

  • sur les bords, la face inférieure ou la pointe de la langue,
  • à l’intérieur des lèvres et des joues,
  • sur le plancher de la bouche (sous la langue).

Les gencives attachées à l'os, le palais dur et le versant sec des lèvres sont épargnés par les aphtes.

La cicatrisation est spontanée : l'aphte perd de sa régularité, ses limites deviennent imprécises et la guérison a lieu en 10 à 15 jours sans cicatrice.

Les aphtes sont fréquents et ne sont pas contagieux

Les aphtes surviennent en dehors d'un contexte d'infection et ne sont donc pas contagieux. Ils ne se transmettent pas de personne à personne lors de baisers, de partage de verre ou de couverts.

Les aphtes sont des affections très fréquentes. La plupart des personnes auront au moins un aphte au cours de leur vie. Ils surviennent déjà dans l’enfance et leur fréquence diminue après 50 ans. Les personnes sujettes aux aphtes peuvent présenter plusieurs poussées par an (jusqu'à 6), parfois dès l’enfance.

Des formes particulières d'aphtes buccaux

Il existe des formes plus rares :

  • Les aphtes récidivants (plusieurs poussées par an) ou aphtose récidivante. Revenant très fréquemment, ils sont responsables d'une gêne à la vie quotidienne.
  • L'aphtose miliaire constituée d'un grand nombre d'aphtes (50 à 100) de très petite taille (moins d'un millimètre).
  • Les aphtes géants de 1 à 2 cm pouvant mettre un mois à guérir et la cicatrisation peut laisser des séquelles.

Des ulcérations de la bouche peuvent être présentes dans d'autres circonstances

Les aphtes buccaux sont à différencier des lésions ulcéreuses contagieuses survenant lors d'infections :

Des ulcérations de la de la bouche peuvent être présentes en cas de :

Les facteurs favorisant les aphtes

Si la cause des aphtes est inconnue, certains facteurs semblent jouer un rôle dans leur apparition :

  • le stress ;
  • la fatigue ;
  • certains aliments : noix, cacahuètes, gruyère, fraises, tomates, etc. ;
  • certains médicaments : anti-inflammatoires non stéroïdiens, bêtabloquants, biphosphonates, médicaments traitant les cancers... ;
  • la période des règles chez certaines femmes.

Une maladie sous-jacente en cas d'aphtes récidivants ?

Des ulcérations de la bouche récidivantes peuvent être dues à une maladie sous-jacente :

  • carence en vitamine B12 ;
  • carence en fer pouvant aussi être responsable d'une anémie ;
  • maladie cœliaque ou intolérance au gluten ;
  • maladie de Crohn ;
  • immunodéficience, traitement prolongé ;
  • maladie de Behçet associant aux aphtes buccaux des ulcérations des organes génitaux et une inflammation de l'œil (uvéite)...

  • Collège National des Enseignants de Dermatologie. Ulcération ou érosion des muqueuses orales et/ou génitales. ECN 2016-2018. Édition Elsevier Masson. Issy-les-Moulineaux (France)
  • National Health service (NHS). Mouth ulcers. Site internet : NHS. Londres ; 2020 [consulté le 18 décembre 2020].
  • Weber P, Pascal F. Aphtes et aphtoses. Traité de médecine AKOS, Elsevier Masson. 2017;12(3):1-7