Soigner l’anorexie mentale

01 avril 2019
La prise en charge précoce de l'anorexie mentale est un facteur déterminant de guérison. Elle permet d'éviter la survenue de complications ou une évolution vers la chronicité. Le traitement porte à la fois sur l'aspect médical et psychologique de la maladie.

Anorexie mentale : un bilan avant la mise en route du traitement

Lors de la prise en charge initiale de l’anorexie mentale, une évaluation globale de la personne anorexique est recommandée, associant une évaluation somatique, nutritionnelle et psychique, incluant aussi la dynamique familiale et sociale.

Ce bilan, qui peut être répété permet de déterminer les signes de gravité et de suivre l’évolution de l’état du patient dans le temps.

Lors des premières consultations, le médecin établit avec le patient les objectifs à atteindre concernant l'arrêt de la perte de poids, puis le gain progressif de poids. Pour la plupart des patients, un arrêt de la perte de poids est le premier objectif à atteindre avant d’envisager un gain de poids.

Le traitement de l'anorexie mentale

Une équipe médicale pluridisciplinaire pour aider la personne anorexique

L'équipe médicale prend en compte l’ensemble des aspects de la maladie et assure une prise en charge à la fois sur le plan somatique et sur le plan psychologique.

Elle peut se composer :

  • du médecin traitant, d'un médecin spécialiste, ou d'un pédiatre ;
  • d'un psychiatre ou pédopsychiatre ou psychologue.

Dans cette équipe, un médecin coordinateur assure l'organisation de l'ensemble des intervenants pour traiter à la fois les aspects nutritionnels, psychologiques et médicaux.

Les soins, mis en place le plus précocement possible, ne se conçoivent que dans la durée. Ils nécessitent l'adhésion du malade, parfois longue à obtenir, et celle de sa famille... En effet, dans l’anorexie mentale, il y a toujours une phase de déni durant laquelle le malade ne comprend pas où est le problème et ne reconnait pas sa maladie. Les proches jouent un grand rôle dans l’acceptation par le malade de la nécessité d’une prise en charge médicale et peuvent être aidés par le médecin dans cette prise de conscience.

Anorexie : une adaptée

Il n'y a pas de traitement médicamenteux spécifique de l'anorexie.

En revanche, dès que possible, une adaptée est commencée.

Les soins psychologiques aident la personne anorexique à :

  • adhérer aux soins et accepter la nécessité de prendre du poids ;
  • modifier ses comportements pour tendre vers une alimentation équilibrée, prise avec plaisir et vers un gain de poids ;
  • renforcer l'estime d'elle-même et lui permettre de se sentir plus en confiance et en sécurité ;
  • améliorer ses relations sociales et familiales ;
  • traiter les éventuels conflits ou souffrances psychiques.

Pour apprendre au patient à renouer avec son corps, différentes approches sont possibles :

  • une individuelle (, thérapie d'inspiration psychanalytique, de soutien...),
  • une thérapie familiale ,
  • une thérapie de groupe ou la participation à des groupes de parole...

La famille et l’entourage (parents, frères et sœurs, compagnons…) doivent être également aidés dans leur fonction de soutien : ils peuvent bénéficier d’entretiens familiaux réguliers, d’une familiale ou de la participation à des groupes de parents ou de familles.

La prise en charge de l'anorexie peut également comporter en association d’autres approches : l’art-thérapie, la musicothérapie, etc.

Anorexie : la rééducation nutritionnelle

Une prise en charge diététique (apports nutritifs renforcés, éducation aux principes de l’équilibre alimentaire…) est utile.

La rééducation nutritionnelle et diététique permet la réintroduction progressive d'une alimentation normale et insiste sur le caractère sociable et agréable de la prise des repas.

Des compléments nutritionnels (vitamines, oligoéléments) peuvent être prescrits pour compenser les pertes liées à la dénutrition.

Des traitements ambulatoires mais une hospitalisation parfois nécessaire dans le traitement de l'anorexie

Selon les moments et la gravité de l'anorexie, les prises en charge peuvent se dérouler au travers de soins ambulatoires plus ou moins intensifs. Cette prise en charge en ambulatoire est privilégiée.

Cependant, une hospitalisation de jour ou à temps plein devient incontournable lorsque le malade ne modifie pas son comportement, n'adhère pas au projet thérapeutique et encourt un danger vital (nécessité par exemple d'une prise en charge nutritionnelle progressive et spécifique, souffrance psychologique importante...)

De nombreux services hospitaliers ont développé une prise en charge de qualité, construite avec la personne et sa famille. Cette hospitalisation constitue un temps de "pause" à chacun et offre des programmes multiples : programme nutritionnel adapté, entretiens thérapeutiques quotidiens, groupes de parole, art-thérapie, sport, activités culturelles et culinaires...

  • Haute Autorité de santé (HAS). Recommandations de bonne pratique. Anorexie mentale : prise en charge. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine ; 2010 [consulté le 28 mars 2019]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Anorexie mentale. Site internet : Inserm. Paris ; 2014 [consulté le 28 mars 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actualités et Pratiques. Anorexie mentale : un repérage précoce et un suivi pluridisciplinaire Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine ; 2011 [consulté le 28 mars 2019]
  • Collège national universitaire des enseignants d'addictologie. Troubles des conduites alimentaires chez l'adolescent et l'adulte. Site internet : Cunea. CHU Nancy. Vandoeuvre lès Nancy (France) ; 2019 [consulté le 28 mars 2019]