Anorexie mentale : définition et causes

01 avril 2019
L’anorexie mentale se caractérise par une perte de poids intentionnelle. C'est un trouble du comportement alimentaire dont l'origine est multifactorielle.

Qu’est-ce que l'anorexie mentale ?

L'anorexie mentale fait partie avec la boulimie et l'hyperphagie boulimique des troubles du comportement alimentaire.

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont des conduites alimentaires différentes de celles habituellement adoptées par les personnes vivant dans le même environnement. Ces troubles sont importants et durables et ont des répercussions psychologiques et physiques.

L'anorexie mentale se caractérise par une restriction des apports alimentaires conduisant à une perte importante de poids associée à une peur intense de prendre du poids. La personne souffrant d'anorexie mentale a le sentiment d'être toujours en surpoids et cherche à maigrir par tous les moyens. Cela passe notamment par le contrôle des calories de tous les aliments consommés. La personne a une perception perturbée de l'image de son corps et ne reconnaît pas la gravité de sa maigreur.

L'anorexie mentale peut être associée à des conduites boulimiques.

Cette obsession de la perte de poids sous l’influence de facteurs psycho–comportementaux fait de l'anorexie mentale une pathologie psychiatrique relevant d’une prise en charge spécifique.

Ne pas confondre anorexie mentale et perte d'appétit

L'anorexie mentale est à distinguer de l’anorexie qui est une simple perte de l’appétit, plus ou moins temporaire, pouvant être consécutive à une maladie ou un état anxiogène.

 

Quelle est la fréquence de l'anorexie ?

L'anorexie mentale est une maladie relativement rare (entre 0,9 et 1,5 % des femmes et 0,2 à 0,3 % des hommes).

Elle touche en majorité les filles (au moins 80 % des cas). Les pics d'apparition de la maladie se situent entre 13–14 ans et 16–17 ans. Toutefois, l'anorexie mentale peut apparaître dans l'enfance ou à l'âge adulte. Des troubles du comportement alimentaire sont parfois observés chez les nourrissons.

Au moins 20 % des anorexiques présenteraient des conduites boulimiques associées avec des comportements compensatoires sous forme de vomissements.

Populations à risque d'anorexie mentale

Il existe des personnes plus susceptibles de souffrir d’anorexie mentale :

  • les adolescentes au moment de l'apparition des modifications corporelles de la puberté ;
  • les jeunes femmes après un régime restrictif suivi en raison d'un surpoids ;
  • les mannequins ;
  • les danseurs et sportifs, notamment de compétition ;
  • les personnes qui présentent des maladies, impliquant un régime alimentaire pouvant être un facteur déclencahant (diabète de type I, hypercholestérolémie familiale...)

Quels sont les facteurs favorisant l'anorexie ?

Le comportement alimentaire dépend de facteurs génétiques et psychologiques individuels, mais il est également influencé par des facteurs environnementaux, familiaux et socioculturels.

Les troubles des conduites alimentaires conduisant à l'anorexie sont donc la résultante de facteurs multiples :

  • Facteurs génétiques : la fréquence de l'anorexie mentale est plus élevée chez les apparentés au premier degré de femmes anorexiques (parents, fratrie, enfants).
  • Facteurs psychologiques et traits de personnalité : épisodes dépressifs, troubles de la personnalité, baisse de l’estime de soi, perfectionnisme sont plus souvent présents chez les personnes présentant des troubles du comportement alimentaire.
  • Facteurs familiaux : les familles ont longtemps été accusées d'être responsables de l'anorexie de leur adolescent. Toutefois, dans les années 1980, des études ont montré qu'il n'en était rien. En revanche, la vie familiale est profondément perturbée par la présence d’une personne ayant des troubles du comportement alimentaire. La façon dont la famille va réagir et se mobiliser, avec l'aide de l'équipe médicale, est très importante. L'accompagnement familial est une nécessité.
  • Facteurs biologiques : les modifications neurologiques et métaboliques (facteurs endocriniens) des systèmes de régulation de l’appétit peuvent influer sur les troubles du comportement alimentaire et leur chronicité.
  • Facteurs socioculturels : leur rôle est difficile à mettre en évidence. Plusieurs études ont montré que les pathologies alimentaires étaient plus fréquentes dans certains milieux où le corps idéalisé est au centre de l’activité professionnelle (danseurs, mannequins, sportifs de haut niveau…)

Des événements de vie vécus difficilement (séparation, deuil, changement du corps à la puberté…) sont fréquemment retrouvés avant le déclenchement des troubles alimentaires et pourraient marquer le point de départ de l’anorexie mentale chez certain(e)s patient(e)s.

  • Haute Autorité de Santé (HAS). Anorexie mentale : prise en charge. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine ; 2010 [consulté le 28 mars 2019]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) Anorexie mentale. Site internet : Inserm. Paris ; 2014 [consulté le 28 mars 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Boulimie et hyperphagie boulimique Repérage et éléments généraux de prise en charge : HAS. Saint-Denis La Plaine ; 2015 [consulté le 28 mars 2019]
  • Collège national universitaire des enseignants d'addictologie. Troubles des conduites alimentaires chez l'adolescent et l'adulte. Site internet : Cunea. CHU Nancy. Vandoeuvre lès Nancy (France) ; 2019 [consulté le 28 mars 2019]