Comprendre l’angine de poitrine

20 septembre 2017
L'angine de poitrine, ou angor, désigne une douleur thoracique qui apparaît généralement pendant un effort ou un stress. Elle survient le plus souvent chez des patients qui présentent une insuffisance coronarienne. Son apparition est favorisée par les facteurs de risque cardiovasculaire.

Qu’est-ce que l’angine de poitrine ?

L'angine de poitrine, ou angor, désigne une douleur thoracique survenant derrière le . Il s'agit d'une douleur constrictive, c'est-à-dire que le patient a l'impression que son thorax est pris dans un étau. Parfois la douleur est ressentie au niveau de l'estomac. Cette douleur survient le plus souvent pendant un effort ou lors d'un stress et cède en cinq minutes environ au repos ou après la prise de .

Les symptômes sont généralement évidents mais le diagnostic d'angor doit être confirmé par des examens complémentaires. L'angine de poitrine est un symptôme, témoin d'une maladie du cœur ou maladie cardiovasculaire.

Les causes de l’angine de poitrine

L’angine de poitrine résulte d’une inadéquation entre les apports et les besoins en oxygène du muscle cardiaque, apport qui se fait par le sang présent dans les . Les droite et gauche et l'inter-ventriculaire antérieure sont les vaisseaux principaux irriguant le cœur.

Athérosclérose et insuffisance coronarienne le plus souvent en cause

Dans 90 % des cas, l'angine de poitrine est dû à l'athérosclérose qui diminue le calibre des artères coronaires. Le cœur n'est plus suffisamment irrigué  et les apports en oxygène sont diminués : on parle alors de maladie coronarienne. Les manifestations d'angor apparaissent lorsque le diamètre artériel est réduit d'au moins 50 %.

L'athérosclérose se caractérise par l'apparition de plaques essentiellement composées de lipides (cholestérol) qui se déposent sur la paroi des artères. L'évolution des plaques est longue, mais elle peut mener vers l'obstruction complète du vaisseau.

Plaque d’athérome

Schéma : plaque d'athérome

 

La des cardiopathies ischémiques est globalement égale à 3,9 % pour les hommes et de 1,9% pour les femmes (tout âge confondu). Au 31 décembre 2012, un million de personnes avaient une affection de longue durée (ALD) pour « maladie coronarienne » (maladie des coronaires). C’est la troisième ALD la plus fréquente après le diabète et les cancers.

Autres causes d'angine de poitrine

Plus rarement, d'autres maladies peuvent provoquer une angine de poitrine : les lésions des , une myocardiopathie, le retentissement sur le cœur d'une hypertension artérielle sévère.

 

Les facteurs de risque de la maladie coronarienne

Les facteurs de risque de la maladie coronarienne correspondent aux facteurs de risque cardiovasculaire. Il est possible d'agir sur certains d'entre eux pour prévenir la maladie ou éviter son aggravation.

Il existe des facteurs de risque de la maladie coronarienne sur lesquels il n'est pas possible d’agir.

  • L'âge : la probabilité d'avoir un accident cardiovasculaire augmente après 50 ans chez l'homme et après 60 ans chez la femme.
  • Les antécédents familiaux : si le père, la mère, le frère ou la sœur a présenté une maladie cardiovasculaire à un âge précoce (infarctus du myocarde ou mort subite du père ou d'un frère avant 55 ans, de la mère ou de la sœur avant 65 ans, un accident vasculaire cérébral (AVC) avant 45 ans).

Pour limiter les risques de maladie coronarienne, certains facteurs peuvent être évités.

  • Le tabagisme : à court terme, le tabac favorise le rétrécissement des artères, la formation de caillots et l'apparition de troubles du rythme cardiaque. Sur le long terme, le tabac abîme peu à peu les artères.
  • Le diabète : on parle de diabète lorsque la glycémie (taux de sucre ou glucose dans le sang) est au moins sur deux mesures supérieures à 1.26 g/l à jeun. Lors de diabète mal contrôlé, l'excès de glucose dans le sang endommage les parois des artères. Il existe deux types de diabètes ; le diabète de type 1 et le diabète de type 2.
  • L'hypertension artérielle : la tension artérielle correspond à la pression exercée par le sang sur les parois des artères ; elle s'exprime par deux chiffres. On parle d'hypertension artérielle (HTA) si le chiffre supérieur (pression systolique) est supérieur à 140 mmHg ou 14 cmHg et/ou si le chiffre inférieur (pression diastolique) est supérieur à 90 mmHg ou 9 cmHg.
  • Un taux élevé de cholestérol : si le cholestérol est essentiel au bon fonctionnement de l'organisme, son excès est néfaste pour la santé. On distingue le mauvais cholestérol (LDL cholestérol) du bon cholestérol (ou HDL cholestérol). Le cholestérol s'accumule sur les parois des artères sous forme de dépôts graisseux : c'est l'athérosclérose. Une prise de sang, réalisée à jeun, permet de déceler un excès de mauvais cholestérol.
  • Le surpoids : on parle de surpoids si l'indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 25 et d'obésité s'il est supérieur à 30.

     formule de calcul de l'indice de masse corporelle (IMC)

    La présence de graisse au niveau abdominal est un facteur de risque. On parle d'obésité abdominale lorsque le tour de taille dépasse 88 cm chez la femme et 102 cm chez l'homme.

  • La sédentarité : c'est-à-dire moins de 30 minutes d'exercice physique par jour.
  • L'alcool : il est conseillé de ne pas consommer, par jour, plus de trois verres de vin pour les hommes et deux verres de vin pour les femmes.
Sources
  • Collège des enseignants de cardiologie et maladies vasculaires. Angine de poitrine et infarctus myocardique. Site internet : Campus de cardiologie et maladies cardiovasculaires de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011-2012 [consulté le 20 septembre 2017]
  • De Peretti C et al. Prévalences et statut fonctionnel des cardiopathies ischémiques et de l’insuffisance cardiaque dans la population adulte en France : apports des enquêtes déclaratives « Handicap-Santé ». Bull Epidemio Hebd 2014;9-10
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations. Affection de longue durée : maladie coronaire stable. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 20 septembre 2017]
  • Santé publique France-InVS. Maladies cardioneurovasculaires : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2016 [consulté le 20 septembre 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide parcours de soins. Maladie coronarienne stable. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 20 septembre 2017]