Comprendre l’angine de poitrine

03 avril 2017
L'angine de poitrine, ou angor, désigne une douleur thoracique qui apparaît généralement pendant un effort ou un stress. Elle survient le plus souvent chez des patients qui présentent une insuffisance coronarienne. Son apparition est favorisée par les facteurs de risque cardiovasculaire.

Qu’est-ce que l’angine de poitrine ?

L'angine de poitrine, ou angor, désigne une douleur thoracique survenant derrière le . Il s'agit d'une douleur constrictive, c'est-à-dire que le patient a l'impression que son thorax est pris dans un étau. Parfois la douleur est ressentie au niveau de l'estomac. Cette douleur survient le plus souvent pendant un effort ou lors d'un stress et cède en cinq minutes environ au repos ou après la prise de .

Les signes sont généralement évidents mais le diagnostic d'angor doit être confirmé par des examens complémentaires. L'angine de poitrine est un symptôme, témoin d'une maladie du cœur ou maladie cardiovasculaire, première cause de mortalité chez l'homme.

La de l’angine de poitrine augmente avec l’âge. Elle touche 10 à 12 % des femmes et 12 à 14 % des hommes âgés de 65 à 84 ans.

Les causes de l’angine de poitrine

L’angine de poitrine résulte d’une inadéquation entre les apports et les besoins en oxygène du muscle cardiaque, apport qui se font par le sang.

Dans 90 % des cas, elle est due à l'athérosclérose qui diminue le calibre des artères coronaires. Le cœur n'est plus suffisamment irrigué : on parle alors d'insuffisance coronarienne. Les manifestations d'angor apparaissent lorsque le diamètre artériel est réduit d'au moins 50 %.

L'athérosclérose se caractérise par l'apparition de plaques essentiellement composées de lipides qui se déposent sur la paroi des artères. La première étape de la formation de ces plaques consiste en l'accumulation de cholestérol dans la paroi artérielle. L'évolution des plaques est longue : elle peut mener vers l'obstruction complète du vaisseau.

Au 31 décembre 2012, un million de personnes avaient une affection de longue durée (ALD) pour « maladie coronarienne » (maladie des coronaires). C’est la troisième ALD la plus fréquente après le diabète et les cancers.

Plus rarement, d'autres maladies peuvent provoquer une angine de poitrine : les lésions des , une myocardiopathie, le retentissement sur le cœur d'une hypertension artérielle sévère.

Plaque d’athérome

Schéma : plaque d'athérome
Les

Les irriguent le cœur. Les coronaires droite et gauche et l'inter-ventriculaire antérieure sont les vaisseaux principaux. Lorsqu'une zone du cœur n'est pas suffisamment irriguée, l'angine de poitrine apparaît.

Les facteurs de risque de l’angine de poitrine

Ils correspondent aux facteurs de risque cardiovasculaire.

Il existe des facteurs de risques de l’angine de poitrine sur lesquels il ne vous est pas possible d’agir.

  • L'âge : la probabilité d'avoir un accident cardiovasculaire augmente après 50 ans chez l'homme et après 60 ans chez la femme.
  • Les antécédents familiaux : si le père, la mère, le frère ou la sœur a présenté une maladie cardiovasculaire à un âge précoce (infarctus du myocarde ou mort subite du père ou d'un frère avant 55 ans, de la mère ou de la sœur avant 65 ans, un accident vasculaire cérébral (AVC) avant 45 ans).

Pour limiter les risques d’angine de poitrine, vous pouvez éviter certains facteurs.

  • Le tabagisme : à court terme, le tabac favorise le rétrécissement des artères, la formation de caillots et l'apparition de troubles du rythme cardiaque. Sur le long terme, le tabac abîme peu à peu les artères.
  • Le diabète : on parle de diabète lorsque la glycémie (taux de sucre ou glucose dans le sang) est au moins sur deux mesures supérieures à 1.26 g/l à jeun. Lors de diabète mal contrôlé, l'excès de glucose dans le sang endommage les parois des artères. Il existe de types de diabètes ; le diabète de type 1 et le diabète de type 2.
  • L'hypertension artérielle : la tension artérielle correspond à la pression exercée par le sang sur les parois des artères ; elle s'exprime par deux chiffres. On parle d'hypertension artérielle (HTA) si le chiffre supérieur (pression systolique) est supérieur à 140 mmHg ou 14 cmHg et/ou si le chiffre inférieur (pression diastolique) est supérieur à 90 mmHg ou 9 cmHg.
  • Un taux élevé de cholestérol : si le cholestérol est essentiel au bon fonctionnement de l'organisme, son excès est néfaste pour la santé. On distingue le mauvais cholestérol (LDL cholestérol) du bon cholestérol (ou HDL cholestérol). Une prise de sang, réalisée à jeun, permet de déceler un excès de mauvais cholestérol. En cas d'alimentation trop grasse, de surpoids et d'obésité ou de manque d'activité physique, le mauvais cholestérol augmente et s'accumule sur les parois des artères sous forme de dépôts graisseux : c'est l'athérosclérose.
  • Le surpoids : on parle de surpoids si l'indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 25 et d'obésité s'il est supérieur à 30.
    Pour le calculer, utilisez le calculateur ci-dessous.
    La présence de graisse au niveau abdominal est un facteur de risque. On parle d'obésité abdominale lorsque le tour de taille dépasse 88 cm chez la femme et 102 cm chez l'homme.
  • La sédentarité : c'est-à-dire moins de 30 minutes d'exercice physique par jour.
  • L'alcool : il est conseillé de ne pas consommer, par jour, plus de trois verres de vin pour les hommes et deux verres de vin pour les femmes.
Sources
  • Collège des enseignants de cardiologie et maladies vasculaires. Angine de poitrine et infarctus myocardique. Site internet : Campus de cardiologie et maladies cardiovasculaires de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011-2012 [consulté le 8 janvier 2013]
  • Wagner A, Ruidavets JB, Montaye M, Bingham A, Ferrières J, Amouyel P et al. Évolution de la maladie coronaire en France de 2000 à 2007. Bull Epidémiol Hebd. 2011;(40-41):415-19.
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide affection de longue durée : maladie coronarienne. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 8 janvier 2013]
  • Institut de veille sanitaire (InVS). Maladies cardiovasculaires : les cardiopathies ischémiques. Site internet : InVS. Saint-Maurice (France) ; 2012 [consulté le 8 janvier 2013]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide parcours de soins. Maladie coronarienne stable. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 10 décembre 2014]