Les symptômes et le diagnostic de l'anémie

07 juin 2017
L'anémie entraîne des symptômes différents en fonction de sa gravité. Le dosage de l’hémoglobine dans le sang permet d'en faire le diagnostic. D’autres analyses sanguines sont utiles pour comprendre ses causes.

Les symptômes de l’anémie

Les signes de l’anémie varient en fonction de sa sévérité. Par exemple, une anémie légère, avec un taux d’hémoglobine peu diminué, donne peu ou pas de symptômes. C’est particulièrement le cas si elle s’est installée lentement, car le corps a eu le temps de s’y habituer.

Si l’anémie s'aggrave, des symptômes apparaissent :

  • pâleur, bien visible à l’intérieur des paupières, au niveau des ongles et des lèvres ;
  • essoufflement à l'effort puis au repos ;
  • fatigue persistante ;
  • palpitations ;
  • étourdissements, vertiges, faiblesse en se levant d’une chaise, sensation de tête qui tourne ;
  • maux de tête ;
  • difficultés à se concentrer, à se souvenir, à lire ;
  • manque de motivation, d’entrain ;
  • baisse du désir sexuel (baisse de la ) ;
  • difficultés à mener ses activités habituelles ;
  • épuisement physique, émotionnel ou psychologique.

Devant un ou plusieurs de ces symptômes, il est nécessaire de consulter un médecin.

Si l’anémie est sévère, qu’elle s’est installée rapidement ou qu’elle dure longtemps, elle peut avoir des conséquences :

Établir le diagnostic : quelles analyses ?

Le premier examen prescrit par le médecin devant des symptômes d’anémie s’appelle la numération formule sanguine (NFS), ou hémogramme. Cette analyse de sang permet de poser le diagnostic d’anémie, lorsque le taux d’hémoglobine est inférieur aux valeurs normales :

  • 13 grammes par décilitre (g/dl) chez l’homme ;
  • 12 g/dl chez la femme ;
  • 10,5 g/dl chez la femme enceinte à partir du 2ème trimestre de grossesse.

D’autres éléments de la NFS permettent au médecin de comprendre l’origine de l’anémie. En particulier, le volume globulaire moyen (ou VGM) est un indicateur de la taille des globules rouges :

  • quand le VGM est faible (<80 femtolitres, ou fl), l’anémie peut avoir pour origine une carence en fer, une inflammation ou une maladie génétique ;
  • quand le VGM est élevé (>100 fl), l’anémie peut être liée à une carence en vitamine B12 ou vitamine B9.

Le taux de réticulocytes est, quant à lui, un indice du fonctionnement de la moelle osseuse. En effet, ces cellules sanguines sont les jeunes globules rouges nouvellement produits par la moelle osseuse.

  • Lorsque le taux est élevé (>150 000 par millilitre, ou ml), l’anémie est dite régénérative. C’est le cas des anémies périphériques.
  • Dans le cas contraire (<150 000/ml), on parle d’anémie arégénérative.

En fonction du contexte et des orientations données par la NFS, le médecin prescrit également d’autres examens sanguins (ferritine, vitamine B12, analyse de l'hémoglobine par électrophorèse...)

Dans le cas de la (anomalie héréditaire de l’hémoglobine), le diagnostic se fait par l’observation des globules rouges. En effet, ils ont une forme caractéristique de faucille (d’où son nom d’anémie falciforme).

Le médecin peut être amené à prescrire un examen de la moelle osseuse, appelé myélogramme. Ce dernier est réalisé en milieu hospitalier et nécessite le recours à un médecin spécialiste.

D’autres examens à la recherche d’un saignement (digestif, gynécologique…) ou d’une maladie (pathologie inflammatoire, ou maladie rénale chronique, anomalie génétique…) pouvant être à l’origine de l’anémie sont nécessaires.

Certaines formes d’anémies graves et chroniques sont prises en charge à 100 % pour les soins en rapport avec l’affection. Parlez-en à votre médecin traitant.

Dépister la chez le nouveau-né

En France, un dépistage est réalisé à la maternité chez les enfants "à risque", c'est-à-dire appartenant aux populations concernées par la maladie (originaires des Antilles, de la Guyane, de l’Afrique noire surtout). Il est réalisé au 3ème jour de vie du nouveau-né. Une goutte de sang est prélevée par une simple piqûre au talon. Elle est examinée pour rechercher la présence de l’hémoglobine S, une forme anormale caractéristique de la maladie.

Les causes les plus fréquentes d'anémie

Les résultats des divers examens biologiques permettent d’identifier l’origine de l’anémie. Le plus souvent, elle est liée à une carence.

La carence en fer peut être due à :

  • des pertes sanguines non visibles (saignements gastro-intestinaux minimes et répétés comme dans l'ulcère gastro-duodénal, etc.) ou visibles (règles très abondantes, etc.) ;
  • un apport insuffisant dans l’alimentation (régime végétarien mal équilibré, par exemple) ;
  • une mauvaise absorption du fer au niveau du tube digestif comme dans la maladie cœliaque par exemple.
La carence en fer du nourrisson

La carence en fer est très fréquente chez le nourrisson de 6 à 18 mois et peut retentir sur son développement psychomoteur et ses défenses immunitaires. L’anémie ferriprive du nourrisson est affirmée sur Hb inférieure à 10-11 g/l et VGM<70.

La carence en fer est prévenue par l’utilisation de laits enrichis en fer et par la diversification du régime. Si malgré cette prévention, il existe une carence, un traitement par du fer doit être poursuivi pendant plusieurs mois.

Il est le plus souvent lié une anémie dite « de Biermer ». Cette maladie touche les personnes âgées, surtout les femmes. Elle est due à un défaut d’absorption de la vitamine B12 au niveau du tube digestif.

Parfois, le déficit peut être causé par une alimentation végétarienne ou végétalienne stricte et prolongée (sans œufs ni produits laitiers).

Des carences en vitamine B12 sont observées également dans les maladies inflammatoires intestinales (maladie de Crohn par exemple), la maladie cœliaque ou après gastrectomie (chirurgie de l'estomac).

Ce dernier provient le plus souvent d’une alimentation déséquilibrée, pauvre en légumes verts.

Des carences sont possibles en fin de grossesse en raison de l'augmentation des besoins.

Des carences en vitamine B 9 sont observées également dans les maladies inflammatoires intestinales (maladie de Crohn par exemple) et la maladie cœliaque.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide affection de longue durée. Syndromes thalassémiques majeurs et intermédiaires. Site internet : HAS. Saint-Denis La plaine (France) ; 2008 [consulté le 23 mai 2017]
  • Société française d'hématologie. Orientation diagnostique devant une anémie. Site internet : Campus d'hématologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010 [consulté le 23 mai 2017]
  • Orphanet, ed. La drépanocytose. In : Encyclopédie Orphanet grand public. Site internet : orphanet. Paris ; 2009 [consulté le 23 mai 2017]
  • Institut national du cancer. L'anémie. Site internet : Inca. Boulogne Billancourt (France) ; 2017 [consulté le 23 mai 2017]