Les soins prescrits pour traiter l’anémie par carence en fer

02 juin 2017
Le traitement de l'anémie par carence en fer nécessite un apport médicamenteux prolongé en fer. Parallèlement, il est indispensable de traiter la cause du manque de fer. Un suivi biologique permet de contrôler la normalisation de la numération formule sanguine et de la ferritine.

Le traitement de l’anémie par carence en fer

Corriger l'anémie par carence en fer

Le fer par voie orale

Le traitement de l’anémie par carence en fer repose d’abord sur un apport de fer par la prise de comprimés (ou de sirop pour les enfants). Celui-ci doit être poursuivi pendant au moins trois mois et pris en dehors des repas, pour favoriser une bonne absorption du fer.

Ce traitement provoque une coloration noire des selles et peut causer douleurs abdominales.

Ces effets secondaires peuvent être diminués et l’efficacité du traitement améliorée en appliquant quelques conseils de base :

  • Prenez le fer accompagné d’un jus d’orange, car le fer est mieux absorbé dans un milieu acide. La vitamine C améliore l’absorption du fer.
  • Prenez le traitement en dehors des repas, car l’absorption est diminuée par les phytates (avoine, blé, son), les polyphenols (thé, kakis, raisins, sojas, fruits rouges) et le calcium.
  • Diminuez, après accord de votre médecin, les doses quotidiennes de fer pour mieux supporter le traitement.

Il est important de savoir qu’une consommation importante de thé gêne l’absorption du fer.

Par ailleurs, les compléments en fer sont susceptibles d’interactions avec d’autres médicaments (ex. : traitement contre l’ostéoporose, traitement anti-acidité gastrique). Pour connaître les précautions à prendre si vous suivez déjà un autre traitement, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Un traitement à conserver hors de portée des enfants

Une prise unique très importante de fer pourrait être toxique pour votre enfant en bas âge. Rangez soigneusement vos comprimés pour qu’il ne puisse pas y accéder.

Le fer en perfusion

Une perfusion de fer est parfois indiquée lorsque :

  • le traitement par voie orale n’a pas permis de corriger l’anémie ;
  • la perte sanguine et de fer est supérieure à la capacité d’absorption de fer par le tube digestif ;
  • il existe une maladie inflammatoire intestinale qui diminue l'absorption du fer et majore les effets secondaires lors de la prise de fer par voie orale.

La transfusion sanguine

Très exceptionnellement, une transfusion sanguine peut être envisagée en début de traitement :

  • si l'anémie est importante en raison d’un important saignement survenu brutalement ;
  • si elle engendre des symptômes mal supportés.

Le traitement de la cause de l'anémie

Par ailleurs, parallèlement à l’apport de fer, il faut toujours traiter la cause de l’anémie : traitement d'un ulcère gastro-duodénal, d'un fibrome utérin, d'un du colon, d'une rectocolite hémorragique...

Le suivi médical pendant le traitement

Le patient doit présenter une amélioration des symptômes après quelques jours de traitement.

Pour vérifier l’efficacité du traitement, le médecin prescrit des examens sanguins de surveillance prenant en compte deux critères :

  • la numération formule sanguine : elle doit se normaliser rapidement. Le taux de réticulocytes augmente pour un atteindre un taux maximal après 7-10 jours, l’hémoglobine commence à augmenter après 1-2 semaines de traitement et retrouve un taux normal après 6-8 semaines.
  • le taux de ferritine. Lors d’un traitement per os, la ferritine est contrôlée après 3 mois, après avoir préalablement interrompu le traitement par fer pendant au moins deux semaines. Lors d’un traitement par perfusion, le contrôle de la ferritine a lieu au moins 2 à 3 mois après la dernière injection. Lorsque le taux est normal, on envisage l'arrêt du traitement.
Sources
  • Hôpitaux Universitaires de Genève. Anémie. Site internet : HUG. Genève (Suisse) ; 2013 [consulté le 24 mai 2017].
  • Société française d'hématologie. anémie par carence en fer. Site internet : Campus d'hématologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010 [consulté le 24 mai 2017]