Allergie alimentaire : les bons réflexes et la consultation

07 mars 2017
Le diagnostic d’allergie alimentaire est établi après un bilan allergologique comprenant un interrogatoire et des examens. En cas de réaction allergique, supprimez l’aliment en cause et suivez les conseils de votre médecin. Vous pouvez aussi vous informer auprès des associations de patients.

Quand faut-il consulter en cas de signes d’allergie alimentaire ?

Si vous pensez être allergique à un aliment, consultez votre médecin traitant. Il vous orientera si nécessaire vers un allergologue (spécialiste des allergies). En effet, l’expertise de ce praticien est indispensable pour préciser le diagnostic d’allergie alimentaire. Le diagnostic, parfois délicat à confirmer, est établi au cours d’un bilan allergologique en plusieurs étapes.

  1. Le médecin vous interroge en détail sur :
    • vos antécédents personnels et familiaux d’allergie ;
    • les circonstances de survenue des symptômes (aliments consommés et leur composition) ;
    • vos traitements en cours.
  2. Selon vos réponses, certains examens peuvent être réalisés pour identifier une éventuelle allergie :
    • tests cutanés (consistant à mettre des allergènes en contact avec la peau) : prick-tests à lecture immédiate ou patch-tests à lecture retardée ;
    • dosage sanguin des immunoglobulines E spécifiques à un (produites par le corps lors d’une réaction allergique) ;
    • tests de provocation orale (il s’agit d’ingérer de très petites quantités de l’allergène suspecté, pour observer comment le corps réagit).
  3. Le diagnostic est confirmé :
    • par la disparition des symptômes après suppression de l’allergène suspecté dans l’alimentation ;
    • par la réapparition des signes après une nouvelle ingestion de l’aliment concerné (effectuée sous surveillance médicale).
  4. Un traitement adapté vous est proposé par l’allergologue. Celui-ci répond également à vos questions éventuelles (ex. : possibilité de faire vacciner votre enfant malgré une allergie aux œufs).

Que faire à votre niveau si vous êtes allergique à un aliment ?

Si vous souffrez d’une allergie alimentaire, vous vous posez peut-être certaines questions sur votre affection. Si vous avez besoin de conseils pour adapter vos habitudes au quotidien, pensez à demander des explications détaillées à votre médecin traitant (généraliste ou pédiatre) ou à votre allergologue.

Par ailleurs, si vos symptômes allergiques réapparaissent ou s’il existe un risque de récidive, appliquez les mesures préventives suivantes :

  • suivez le régime alimentaire et le traitement préconisés après le bilan de l'allergologue ;
  • pensez à noter quels aliments ou substances semblent déclencher de nouveau les symptômes, le cas échéant ;
  • étudiez attentivement l'étiquetage des produits industriels. La présence d’ingrédients ou additifs scientifiquement identifiés comme allergènes y est obligatoirement précisée. Sachez toutefois que les indications de l’étiquette ne sont pas forcément exhaustives. En effet :
    • certaines substances allergisantes peuvent être présentes en très petites quantités sans que cela soit signalé dans la liste des ingrédients,
    • cette dernière se limite aux substances à déclaration obligatoire et peut être formulée de manière imprécise.

Rapprochez-vous des associations de patients ou des structures d’éducation thérapeutique proches de chez vous.

La conduite à tenir devant une urgence liée à une allergie alimentaire

Si vous présentez une allergie marquée à un aliment, votre médecin vous a peut-être prescrit un kit de soins d’urgence. Cette trousse contient une dose auto-injectable d'adrénaline (substance augmentant le rythme cardiaque et la pression artérielle, et dilatant les bronches). Elle s’utilise en cas de , sans attendre les secours. Si vous possédez ce type de trousse :

  • conservez-la toujours sur vous ;
  • apprenez à reconnaître les premiers signes d’un choc et à manipuler le matériel de soins par vous-même (à l’aide du stylo d’entraînement fourni). Le bon geste consiste à positionner le stylo sur le bord extérieur de votre cuisse. Maintenez ensuite une pression sur le bouton déclencheur pendant dix secondes ;
  • informez aussi votre entourage sur le mode d’emploi du matériel.

Une surveillance médicale s'impose après toute injection d’adrénaline. Une prise en charge hospitalière est donc nécessaire si vous avez utilisé votre trousse d’urgence. Ce suivi permet en outre d’étudier l’évolution de votre allergie pour adapter si nécessaire votre traitement.

Votre enfant allergique scolarisé peut bénéficier de modalités d’accueil spécifiques

Dans le cadre d’un projet d’accueil personnalisé (PAI) dédié à votre enfant, vous pouvez confier une trousse d’urgence à son établissement. Elle sera accompagnée d’un protocole de soins prédéfini, en cas de . Par ailleurs, le PAI peut mentionner les aliments à éviter dans les repas consommés par votre enfant. Renseignez-vous auprès du responsable de l’établissement accueillant votre fils ou votre fille.

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
Sources
  • Nancey S. L’allergie alimentaire et digestive chez l’adulte. Gastroenterol Clin Biol. 2005;(29):255-265.
  • Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA). Programme national Nutrition Santé–Allergies alimentaires : connaissances, clinique et prévention. Site internet : mangerbouger.fr. Paris ; 2004 [consulté le 20 juin 2016]
  • Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes. Allergènes alimentaires. Site internet : economie.gouv.fr. Paris ; 2015 [consulté le 20 juin 2016]
  • Dutau G. Allergies alimentaires chez l'enfant. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2015;10(4):1-10 [Article 8-0319]
  • Jarlot S, Hosotte M, Dano D, Kanny G. Allergie alimentaire. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2013;8(4):1-6 [Article 2-0040]
  • European Food Information Council. Le point sur les allergènes alimentaires. Site internet : eufic.org. Bruxelles ; 2008 [consulté le 20 juin 2016]