Sommaire : Alimentation de l'enfant de 0 à 3 ans

Les premiers mois de votre bébé : du lait uniquement

Le lait constitue l’aliment essentiel et unique du bébé de sa naissance à l’âge de 6 mois. Il contient tous les nutriments nécessaires à sa croissance et à la prévention des infections. Que ce soit au sein ou au biberon, la tétée est un moment d'échange privilégié avec votre enfant.

L'allaitement maternel

Nourrir son bébé au sein est le mode d'alimentation le plus adapté à ses besoins jusqu'à l'âge de 6 mois. Au-delà, l'allaitement maternel peut être poursuivi à condition d'être complété par la diversification alimentaire.

La composition du lait maternel varie selon les moments de la tétée et dans le temps, selon l'âge de l'enfant.

Lors de l'allaitement, ne buvez aucune boisson alcoolisée car l'alcool passe dans le lait et est néfaste pour le bébé. Faites attention aux médicaments que vous prenez, même en automédication. Beaucoup sont contre-indiqués.

Le rythme et la durée des tétées varient selon les besoins de votre bébé. Au début, donnez-lui le sein à la demande, puis espacez progressivement les tétées.

L'allaitement maternel couvre, à lui seul, tous les besoins du nourrisson jusqu'à l'âge de 6 mois, à l'exception des besoins en vitamines D et K. L'ajout de vitamine D et de vitamine K (solutions buvables) est donc nécessaire chez l'enfant nourri au sein. Votre médecin traitant ou votre pédiatre vous expliqueront quand et comment donner ces vitamines.

L'allaitement peut être exclusif ou mixte, c'est à dire complété par la prise de biberons.

Allaitement ou pas ? N'hésitez pas à poser vos questions à votre médecin traitant ou pédiatre au cours de la consultation de suivi de votre bébé.

Ces articles de Mpedia vous permettent d’en savoir plus sur les bons gestes pour allaiter :

L’allaitement en chiffres

    En 2016 :

    • 52 % des nouveaux-nés bénéficient d'un allaitement exclusif à la maternité (contre 60 % en 2010),
    • 68 % ont un allaitement exclusif ou mixte durant leur séjour à la maternité.

      Les bénéfices de l'allaitement maternel pour le bébé

      Outre le lien relationnel mère-enfant, l'allaitement apporte au nourrisson tout ce dont il a besoin pour se développer.

      Même si l'allaitement ne dure que quelques semaines, il est bénéfique à votre enfant. En effet, le lait maternel est facile à digérer et il est vite assimilé. Le lait maternel est riche en anticorps, vitamines, sels minéraux, oligo-éléments, sucres, graisses, protéines... Tout ce dont votre bébé a besoin pour bien démarrer dans la vie.

      Si l'allaitement maternel dure au moins 3 mois, il protège le nourrisson des infections ORL(otite), digestives (gastro-entérite) et respiratoires (bronchiolite).

      Si l'allaitement maternel exclusif est prolongé au moins 4 mois chez les nourrissons à risque d'allergie (père, mère, frère ou sœur allergique), il réduit ce risque allergique et la survenue de maladies en lien avec l'allergie : eczéma atopique du nourrisson, asthme du nourrisson. Il prévient également le risque d'obésité pendant l'enfance et l'adolescence.

      Les bénéfices de l'allaitement maternel pour la maman

      L'allaitement maternel est également bénéfique pour la maman car il :

      • permet une perte de poids plus rapide dans les 6 premiers mois après l'accouchement,
      • diminue le risque de survenue ultérieure d'un diabète de type 2,
      • réduit à long terme le risque de cancer du sein ou de l'ovaire avant la ménopause,
      • aurait également un rôle dans la prévention de l'ostéoporose après la ménopause.

      Nourrir son bébé au sein : quelles difficultés ?

      L'allaitement est mis en place lors de votre séjour à la maternité et poursuivi chez vous. Vous pouvez être confrontée à quelques difficultés.

      L'insuffisance de lait

      Elle est en général due à des tétées inefficaces ou insuffisantes qui diminuent la production de lait.  Mettez plus souvent votre bébé au sein et stimulez-le.

      Les douleurs et crevasses des mamelons

      Elles sont dues à des frottements anormaux entre le mamelon et la bouche du nourrisson. Pour les éviter, apprenez à bien positionner votre bébé lors de la tétée.

      L'engorgement des seins

      Il se traduit par une tension douloureuse des seins, due à une importante montée de lait. Pour être soulagée, apprenez à presser vos seins ou à utiliser un tire-mait qui réduiront l'engorgement, puis faites téter votre bébé.

      La du sein

      Cette inflammation du sein ( rougeur, chaleur et douleur d'une partie d'un sein) peut évoluer vers une infection. Demandez conseil à votre médecin ou sage femme.

      Je fume : puis-je allaiter ?

      Fumer pendant l'allaitement n'est pas recommandé. Le mieux est d'arrêter de fumer ou, si cela vous est impossible, de limiter au maximum votre consommation de tabac. En effet le tabac modifie le goût du lait, sa composition (présence de nicotine dans le lait) et en diminue la production. Par ailleurs, si vous fumez à proximité de votre nourrisson, vous l'exposez au tabagisme passif.

      Vidéo : La production du lait maternel

      [Cette animation 3D explique la production du lait maternel chez la femme allaitante. Elle est réalisée par Blausen Medical.]

      La partie extérieure du sein est constituée du mamelon et de l'aréole. L'extrémité du mamelon contient une multitude de petites ouvertures permettant au lait de s'écouler au cours de l'allaitement. L'aréole est la zone pigmentée autour du mamelon. Elle est recouverte par les glandes de Montgomery qui sécrètent une substance qui lubrifie le mamelon et l'aréole.

      La fonction principale du sein chez la femme est de produire du lait afin de nourrir son nourrisson au cours d'un processus appelé lactation.

      Le sein, composé principalement de tissus adipeux, contient également des glandes appelées lobules qui produisent le lait.

      Les lobules sont reliés aux mamelons par l'intermédiaire d'un réseau de petits canaux appelés galactophores. Le sein produit du lait à partir de l'eau et des qu'il récupère dans la circulation sanguine. Le lait est ensuite stocké dans les lobules jusqu'à ce qu'une hormone appelée ocytocine ordonne aux minuscules muscles des lobules de se contracter et de libérer le lait par l'intermédiaire des canaux. Ce processus est appelé réflexe d'éjection du lait. Bien que les nourrissons naissent avec un réflexe de succion inné, ils doivent apprendre à téter le sein.

      Au cours de l'allaitement, il est important que le jeune enfant assure un positionnement bouche-mamelon correct afin d'être sûr de recevoir la quantité adéquate de lait et que l'allaitement se passe bien pour la mère. La prise du sein approprié consiste à introduire profondément le mamelon dans la bouche du nourrisson, approximativement là où le palais dur rencontre le voile du palais. Si un enfant ne fait que sucer l'extrémité du mamelon ou s'il ne prend pas suffisamment le sein avec sa bouche, il est possible que la mère souffre de douleurs ou de gerçures.

      © Blausen Medical

      L'alimentation au biberon

      Un lait adapté aux besoins de votre bébé

      Si vous avez choisi de nourrir votre bébé au biberon, utilisez les laits infantiles "1er âge" bien adaptés à ses besoins de la naissance à ses 4 à 6 mois. Demandez conseil à votre médecin traitant ou à votre pédiatre pour savoir quel lait acheter, quelle quantité lui donner, comment le préparer, quel type de tétine choisir, etc.

      Un ajout en vitamine D est nécessaire, mais pas en vitamine K car les laits infantiles en contiennent.

      Les préparations lactées spécifiques ne sont prescrites pas le pédiatre qu'en cas de problèmes de santé du bébé :

      • laits hypo-allergéniques : leur place dans la prévention des manifestations allergiques chez les nourrissons à risque d'allergie est conttroversée,
      • laits antirégurgitations : ces préparations épaissies et plus visqueuses sont utilisées en cas de régurgitations,
      • laits sans lactose : utilisés pendant une courte période après une gastro-entérite ou en cas d'intolérance exceptionnelle au lactose,
      • préparations spécifiques en cas d'allergie aux protéines de lait de vache.

      Ne donnez pas de miel à votre enfant jusqu'à l'âge d'un an, car il existe un risque de botulisme (maladie infectieuse grave affectant le système nerveux, provoquée par les spores d’une bactérie contenues dans les poussières, dans certains sols, mais aussi dans le miel).

      Quelle quantité de lait donner à son bébé ?

      Votre médecin ou votre pédiatre vous donnera les quantités approximatives à donner à votre nourrisson. Il est important de s'adapter à ses besoins et de reconnaître les comportements en faveur :

      • du rassasiement : votre bébé s’endort sur le biberon, ralentit le rythme de tétée, s’arrête de téter, recrache la tétine,
      • de la faim : votre bébé pleure, agite ses bras et jambes, ouvre la bouche quand le biberon approche.

      La "carie du biberon" : une menace pour la santé des bébés

      L'utilisation du biberon lors de l'endormissement de l'enfant (ou son utilisation entre les tétées dans la journée) peut provoquer le développement de multiples caries très précoces dès l'apparition des premières dents. Quand l’enfant s’endort avec son biberon, le lait, le jus de fruit ou la boisson sucrée demeure dans la bouche, laissant les dents de lait en contact avec le liquide sucré. La salive, dont la production diminue pendant le sommeil, ne peut pas faire son travail de nettoyage des dents. Le processus carieux se développe rapidement : débutant par les incisives supérieures, il s'étend ensuite aux autres dents de lait. Les dents noircissent. Elles sont fragilisées et se fracturent. Leur perte précoce a un retentissement sur la capacité de l'enfant à manger et des conséquences sur l'évolution des dents définitives.

      Vitamine D : la bonne dose et pas plus

      Chez l’enfant la vitamine D est indispensable à la croissance des os. Pour assurer cette croissance, la vitamine D est prescrite en France dès les premiers jours de la vie.

      Administrer à son enfant trop de vitamine D peut être aussi dangereux (perturbation de la fonction des reins) que de ne pas en administrer assez.

      Il est donc nécessaire de :

      • bien contrôler les doses données à votre enfant et de ne pas multiplier les produits contenant de la vitamine D pour éviter des surdosages ;
      • privilégier l’utilisation du médicament contenant de la vitamine D prescrit par votre médecin, plutôt que celle d’un complément alimentaire enrichi en vitamine D, particulièrement chez le jeune enfant ;
      • ne pas donner quotidiennement à votre enfant un produit dont la provenance et la composition ne sont pas garantis et qui peut conduire à une intoxication irréversible par apport excessif en vitamine D. En tout état de cause, l’achat de compléments alimentaires sur Internet est déconseillé, car ils peuvent être non-conformes à la réglementation.

      Vidéo : Donner le biberon

      © Association française de pédiatrie ambulatoire

      Hoquet, régurgitations et pleurs du bébé

      Le hoquet du bébé

      Les bébés sont davantage sujets au hoquet que les adultes. Le hoquet survient souvent après la tétée ou la prise du  biberon, surtout si l'enfant a bu rapidement "en avalant de l'air". 

      Sans gravité et indolore, il disparaît au bout de quelques minutes, souvent après le rot.

      Si le hoquet survient pendant la tétée, changez votre enfant de position, tachez de lui permettre de faire le rot, de se détendre.

      Attendez que le hoquet passe avant de reprendre l’alimentation, quitte à attendre quelques minutes, ou au contraire, faites lui boire quelques gorgées complémentaires qui dans certains cas le soulageront.

      Si votre bébé a le hoquet très souvent, essayez de le nourrir quand il est calme et faites des pauses pendant la prise du biberon.

      Le rot du nourrisson pour supprimer l'air présent dans l'estomac

      Pour faciliter l'émission d'un rot, tenez votre bébé verticalement contre vous après les repas, marchez avec votre bébé tenu verticalement et tapotez-lui légèrement le dos.

      Les régurgitations

      Votre bébé régurgite beaucoup : rassurez-vous. Les régurgitations s’atténuent puis disparaissent lors de l’acquisition de la station assise puis debout et grâce à la diversification de l’alimentation qui devient plus solide.

      Consultez l'article « Régurgitations du nourrisson : que faire ? »

      Les pleurs de bébé : quand faut-il s'inquiéter ?

      Même bien nourri, un bébé en bonne santé peut pleurer 2 à 3 heures par jour pour diverses raisons : coliques, reflux gastro-œsophagien, faim, couche humide, position inconfortable, besoin d'un câlin, ennui, fatigue, etc.

      Gardez votre calme malgré la fatigue, apprenez les gestes qui peuvent aider votre bébé à s'apaiser et surtout ne le secouez pas même si vous êtes à bout, c'est dangereux pour son cerveau !

      Demandez conseil à votre pédiatre si les pleurs se répètent.

      • Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques. Deux nouveaux-nés sur trois sont allaités à la naissance. Études et Résultats. Avril 2016  n° 0958
      • Comité de nutrition de la Société française de pédiatrie. Allaitement maternel : les bénéfices pour la santé de l'enfant et de sa mère. Archives de Pédiatrie 2013;20:S29-S48
      • Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail. Pas de miel pour les enfants de moins de un an. Site internet : Anses. Maison-Alfort (France) ; 2016 [consulté le 9 novembre 2021]
      • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Vitamine D chez l’enfant : recourir aux médicaments et non aux compléments alimentaires pour prévenir le risque de surdosage. Point d'information du 27 janvier 2021. Site internet : Ansm. Saint Denis La Plaine (France) ; 2021 [consulté le 9 novembre 2021]
      • Collège national des pédiatres universitaires. Collège national hospitalier et universitaire de chirurgie pédiatrique. Alimentation et besoins nutritionnels. ECN 2021. 8ème édition Elsevier Masson
      • Collège national des pédiatres universitaires. Collège national hospitalier et universitaire de chirurgie pédiatrique. Prise en charge du nouveau-né. ECN 2021. 8ème édition Elsevier Masson
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